Masse. Th. Pari
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Pendant longtemps, la pachyméningite a été considérée comme la cause à peu près exclusive de la compression médullaire, de la myélite de compression. Quelques auteurs ont essayé de repousser l’idée d’inflammation contenue dans le mot de myélite, et cru à des phénomènes de simple compression.
Plus récemment, on a admis une pathogénie plus complexe des troubles médullaires. La compression de la moelle peut être due non seulement à la pachyméningite, mais à des lésions osseuses, à la périostite, à un abcès intrarachidien. Les troubles peuvent tenir à la compression non plus de la moelle, mais de ses vaisseaux, amenant de l'anémie pour les artères, de l'œdème pour les veines. Enfin il peut y avoir une infection spécifique soit de la moelle, soit des tissus périvasculaires. Nous étudierons ces différents points.
A. Compression médullaire. — La moelle peut être comprimée :
1° D’après Strumpell, par de la périostite du corps vertébral.
2° Par un séquestre vertébral faisant saillie en arrière (Lannelongue, p. 108). De plus, la moelle peut être altérée, comme l’a vu Louis, si elle repose sur une vive arête formée par la paroi antérieure du canal. D’habitude, en pareil cas, la moelle est séparée de la vive arête par un matelas fongueux qui en atténue l’effet irritatif, mais peut devenir une cause de compression.
3° Par un abcès faisant saillie dans le canal (Charcot). Que cet abcès communique ou non avec un abcès extra-rachidien, le liquide qu’il contient possède une certaine tension que Lannelongue 1 estime en moyenne à 17 millimètres. Les fongosités qui doublent la paroi de cet abcès sont refoulées en arrière par cette tension et exercent une action compressive. En effet tous les symptômes décompression peuvent cesser à la suite d’une ponction. Jobert 2 a relevé un fait de cette nature. Les exemples de Tavignot 8, Hérard l, Leudet5, cités par Lannelongue (et dont je rétablis ici les indications bibliographiques exactes) me paraissent peu concluants.
Par la pachyméningite. C’est là, à coup sûr, la cause de compression la plus importante. Soit sous la forme fongueuse du début, ou sous la forme scléreuse, la pachyméningite, presque toujours antérieure, agit directement sur la moelle suspendue dans le canal qu’elle n’emplit pas, et maintenue près de la paroi antérieure par les racines antérieures des nerfs rachidiens.
Modifications macroscopiques de la moelle. — Quels que soient les agents de la compression, la moelle subit sous leur action des modifications qui, au
1. Lannelongue. Loc. cit., p. 109, etB. et. M. Soc. chir., 1886, 30 décembre.