ABCÈS
comme dans la coxalgie par une lordose lombaire plus ou moins exagérée, et souvent, au contraire, si la lésion est lombaire, on trouvera dans la région les signes de la cyphose angulaire.
Si l'abcès s'étale dans la fosse iliaque, il y manifeste sa présence par un empâtement profond, une résistance à la pression que la palpation fera reconnaître. Mais bientôt il fait saillie sous la peau, en l'un des points que nous avons énumérés au chapitre de l’anatomie pathologique. Là il constitue une tumeur arrondie, fluctuante, indolente ; la peau qui recouvre cette tumeur conserve longtemps ses caractères normaux. L’abcès siège-t-il en un point de la paroi abdominale antérieure, on peut, avec Albert, constater que les mouvements respiratoires de la paroi s’étendent jusqu’à la limite supérieure de l'abcès, tandis que la peau recouvrant l’abcès reste immobile. Assez souvent cette tumeur est réductible à la pression. On peut, en appuyant d’une main au point culminant de la tumeur, faire rentrer le liquide dans la cavité intra-abdominale, tandis que l'autre main appliquée sur la partie principale de la tumeur sent celle-ci augmenter de volume et se tendre. En général il n’y a jusque-là aucune douleur. Puis les téguments s’altèrent : la peau s’amincit, prend une coloration violacée ou cuivrée, s’ulcère, se perfore et donne passage à une quantité de liquide puriforme plus ou moins abondante.
L’abcès peut également s’ouvrir dans une cavité
viscérale, dans le pharynx ou l’œsophage, dans les bronches* dans l’estomac ou l’intestin, dans la vessie, elc.
Si 1 orifice est extérieur, s’il donne librement passage aux liquides, les parois de l’abcès reviennent sur elles-mêmes, et la lésion osseuse communique avec l’extérieur par un canal plus ou moins étroit, mais qui n’a aucune tendance à la cicatrisation, vu la nature tuberculeuse de ses parois. Sinon, l’écoulement des liquides étant entravé, il y a stagnation ; les produits stagnants s’infectent, subissent une transformation putride et peuvent entraîner des accidents septiques aigus. De nouveaux trajets peuvent se former et amener l'ouverture d’autres orifices fistuleux.
En dehors des accidents septiques aigus, même si les liquides ont un écoulement facile, on voit survenir tous les signes qui accompagnent les suppurations abondantes et prolongées : pâleur des téguments, teint cachectique, amaigrissement, anorexie, diarrhées profuses, accès fébriles erratiques, etc. — Cet état de septicémie chronique peut, en un temps plus ou moins long, entraîner la mort.
Troubles spinaux. — Les phénomènes nombreux et variés qui reconnaissent pour origine la compression ou les altérations soit de la moelle, soit des racines rachidiennes, ont une grande importance. Chez les adultes leur rôle séméiologique est souvent
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prépondérant; d’ailleurs, quand ils existent, ils aggravent le pronostic. Mais ils sont loin d’être constants, surtout quand le mal siège dans les régions inférieures du rachis (Bouvier, Gibney).
Avec Charcot1, on peut diviser les signes spinaux en signes intrinsèques ou médullaires, et en signes extrinsèques.
Signesextrinsèques. — Les signes extrinsèques sont dus à la compression ou à l’altération des nerfs vertébraux, des lilets nerveux qui, dans la couche celluleuse périméningée, accompagnent les sinus vertébraux, des méninges (la dure-mère et la pie-mère, dont Flourens a démontré la sensibilité à l’état pathologique), et surtout, enlin, des racines rachidiennes antérieures et postérieures qui traversent les méninges et se réunissent pour former les troncs originels des nerfs mixtes. Ceux-ci enfin cheminent dans les canaux de conjugaison avant de s’épanouir au dehors; ils peuvent là être comprimés ou altérés. Or toutes ces parties sont sensibles, les racines antérieures exceptées. Les troubles de la sensibilité constituent les plus importants de ces signes extrinsèques.
La compression et l’irritation des filets nerveux, osseux ou extra-méningés et méningés donnent lieu aux douleurs locales, profondes, que nous avons étudiées avec les symptômes de début. L’ir-