Bull, et Mëm. de la Soc, de chir., 18o8, p
filages intervertébraux, ou par la formation de sacs ou kystes contenant une matière mi-purulente, misanieuse, et sous lesquels, même restant entiers, on trouve les os altérés, dépouillés de leur périoste et disposés à se carier. Ces amas de matière peuvent corroder leur enveloppe et fuser vers l’aine ou le grand trochanter. Chacun de ces états peut s’accompagner d’une courbure de l’épine sans maladie apparente des vertèbres ou avec érosion et carie d’un ou de plusieurs corps vertébraux. Les cautères sont aptes à guérir tous les cas, même quand la carie est prononcée. Seuls les cas où la carie est trop avancée sont rebelles à ce traitement, et Polt termine en préconisant l'emploi préventif de cautères, sur le rachis, chez les enfants ayant une disposition scrofuleuse.
Sans avoir le caractère définitif qu’on leur a longtemps attribué, les mémoires de Pott ont eu le mérite de servir de point de départ aux recherches ultérieures. Pendant quelques années, les auteurs, Paletta1, Boyer, Richerand, Dupuytren ajoutent peu de choses aux opinions émises par Pott.
Nous entrons maintenant dans une période que nous pourrions qualifier d’anatomique, où les travaux français vont jouer le rôle ie plus important. A la suite des recherches de Bayle et de Laënnec sur les tubercules, paraissent d’importants travaux sur les tubercules osseux.
i. Paletta. Sulla cifosi paralitica, in Advers. chirurg. prima, im
En 1816 Delpech 1 admet une carie superficielle, et une carie profonde : il rapporte celte dernière forme aux tubercules. Plus lard, en 1831 2, dans un ouvrage fait en collaboration avec Trinquier, et qui ne parut qu'après sa mort, Delpech n’admet plus, comme cause du mal vertébral, que les tubercules, superficiels ou profonds. En 1836, Nélaton 3, dans sa thèse inaugurale, fait de la tuberculose osseuse une étude dont les conclusions, longtemps combattues, sont aujourd’hui unanimement adoptées.
Cependant, peu de temps auparavant, Nichel 4 5, tout en reconnaissant la nature tuberculeuse des lésions du mal vertébral, reprend une idée de Brodie et admet que la maladie débute par un travail phlegmasique développé au centre des libro-cartilages, amenant la destruction des disques intervertébraux, et partant, la dénudation des vertèbres qui s’usent ensuite par un frottement réciproque. Ce sont des idées analogues que soutiendra plus tard Kipoll B.
En 1830 s’ouvre une nouvelle période. Reinhard!, Virchow nient l’infiltration tuberculeuse de Laënnec dans le poumon, et en font une pneumonie caséeuse.
1. Delpech. Précis des malad. réputées chirurgicales, 1816, t. III, p. 645.
2. Delpech et Trinquier. Observ. clin, sur les difformités, 1831, p. 99, 101.