‹ Le mal de PottChapitre 62 sur 103 · Cfr. Marie. Mai de la moelle, p. ÜO · texte numérisé non relu

Cfr. Marie. Mai de la moelle, p. ÜO

P RONOSTIC.

modique, de la paresthésie et des douleurs des membres inférieurs avec exagération des réflexes et troubles vésico-rectaux. Les douleurs sont peu intenses et courtes, et l'absence de signes vertébraux mettra sur la voie du diagnostic.

La sclérose latérale amyotrophique, le tabes dorsal spasmodique et sa forme congénitale la maladie de Liltle , malgré une légère déviation cypholique d’ailleurs réductible à volonté, ne peuvent guère induire en erreur.

Une hémiplégie cérébrale peut amener ultérieurement une paraplégie spasmodique, que l’on distinguera grâce aux commémoratifs, à la présence des signes hémiplégiques coexistant avec la paraplégie et à la faiblesse mentale presque constante.

Pronostic. — Envisagé d’une façon générale, \e pronostic du mal de Polt est grave. La mortalité est élevée. La guérison, quand elle survient, ne s’obtient en général qu’après une maladie très longue, un traitement très prolongé, et encore laisse-t-elle souvent après elle des difformités accentuées et des paralysies étendues. En outre, durant toute l’évolution du mal de Pott, le malade reste exposé à toutes les complications que nous avons énumérées.

On comprend donc que les circonstances puissent faire varier le pronostic. Tout d’abord, dans quelques cas, la guérison survient assez vite et spontanément, sans que la maladie ait dépassé sa période de début, sans qu'il se soit produit ni gibbosité, ni

abcès, ni paralysies. C’esl surtout chez les enfants jeunes et à la campagne que ce fait, en somme rare, peut s’observer. Mais ce qui est plus fréquent, c’est la guérison survenant dans les mêmes conditions, toujours chez des sujets jeunes, après un traitement approprié, lorsque la maladie a été diagnostiquée assez tôt. On voit alors disparaître les symptômes, la douleur il la pression, la rigidité d'un segment rachidien. Les enfants récupèrent la facilité des mouvements, ne ressentent plus le besoin de soutenir, d’appuyer leur tète et leur tronc.

Même lorsque chez un sujet jeune il s’est produit une gibbosité peu étendue, la guérison peut survenir de même. La rigidité rachidienne ne disparait pas aussi complètement en raison de la gibbosité. La durée est plus longue, le pronostic doit être plus réservé vu la tendance ordinaire de la gibbosité à s’aggraver, mais la guérison est possible assez rapidement.

Le pronostic prend une gravité plus grande chez l’adulte, et Lorenz [toc. cit., p. 635) a pu dire qu’une fois la maladie établie, après trente ans, la guérison est des plus rares.

Dans tous les cas, quand la gibbosité est étendue et saillante soit dès le début, soit progressivement, le pronostic est beaucoup plus grave. La maladie est plus longue; la difformité est beaucoup plus accentuée, les complications et les récidives sont plus à redouter.

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La tendance de la gibbosité à s'accroître progressivement est plus marquée aux régions dorsales moyenne et inférieure que dans le rachis cervical ou lombaire.

Le pronostic s’aggrave quand surviennent les phénomènes paraplégiques. Et cependant ces paraplégies, même confirmées et existant depuis longtemps, peuvent disparaître (Charcot, Schaw, Taylor) définitivement ou pour un temps. Les troubles de la sensibilité très marqués, les troubles vésico-rectaux diminuent beaucoup les chances de guérison, de même que le passage de la paralysie à l’état spasmodique.

L’ouverture des abcès tuberculeux constituait autrefois un danger de mort à peu près inévitable. Aussi les abcès aggravaient-ils fort le pronostic. Avec les méthodes antiseptiques les abcès peuvent être guéris et n’entravent pas la guérison. Néanmoins une fistule suppurant abondamment constitue la complication la plus grave. En effet la suppuration profuse et prolongée épuise le malade, l’orifice (istuleux est une porte ouverte à toutes les infections, enfin la dégénérescence amyloïde des divers viscères survient au bout d’un certain temps. Pourtant un traitement approprié peut encore venir à bout de ces abcès fistuleux.

Guérison. — Dans tous les cas la guérison complète demande un temps fort long, de trois à cinq ans ^Lannelongue). Elle peut être incomplète, et chez

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tel malado qu’on croyait guéri, on voit survenir un retour offensif de la tuberculose restée à l’état latenl.

Enfin, môme absolue au point de vue tuberculeux, la guérison peut laisser après elle une paralysie plus ou moins complète, avec des contractures plus ou moins prononcées et une gibbosité avec ses diverses conséquences. La gibbosité dorsale entraîne la défor- 1 mation du thorax, et compromet ainsi la respiration et les fonctions du cœur. De là des palpitations, de l’essoufflement, une tendance fâcheuse aux affections bronchiques graves, etc.

Mort. — La mort survient tantôt par la généralisation de la tuberculose, tantôt par suite de l’une des complications. — A la suite de la gibbosité la déformation thoracique peut entraîner des troubles cardiaques ou pulmonaires. Lannelongue insiste sur le rétrécissement de l’aorte et Neidert ', sur l’hypertrophie du cœur. Les abcès peuvent amener un empoisonnement hectique, la dégénérescence amyloïde des viscères; ils peuvent s’ouvrir dans le pharynx, l’œsophage, la plèvre, le péritoine, etc. Enfin les accidents médullaires peuvent conduire au marasme et à la mort.

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