‹ Le mal de PottChapitre 64 sur 103 · S V 31 P TOME S · texte numérisé non relu

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des mouvements douloureux permeltraitde localiser assez exactement les lésions. « Que le chirurgien essaye d’imprimer à la tête des mouvements de ilexion et d’extension alternatifs, s’ils ne sont ni difliciles ni douloureux, les articulations occipito-alloïdiennes sont indemnes ; dans le cas contraire, si la moindre tentative de ces mouvements amène une douleur vive et une contraction spasmodique des muscles, on peut affirmer que les lésions siègent dans ces articulations. Si la rotation de la tête est gênée et douloureuse, l’articulation atlo-axoïdienne est intéressée. »

L attitude qui résulte de ces diverses causes est assez particulière. Rust l’a bien dépeinte dans son Arthrocacologie. Tandis que les mouvements de flexion latérale, qui peuvent s’exécuter dans toute la hauteur de la colonne cervicale, sont possibles, les mouvements de flexion et d’extension de la tète et surtout les mouvements de rotation sont abolis. En général la tète est immobilisée dans la Ilexion, et cette règle souffre si peu d’exceptions qu’Albert ', chez un enfant qui offrait tous les signes d’une laryngite diphtérique, mais qui, au lieu de tenir la tète étendue en arrière comme dans le croup, la tenait penchée en avant sans la mouvoir le moins du monde, diagnostiqua un mal sous-occipital et un abcès rétro-pharyngien. Il l’ouvrit au lieu de faire la trachéo-

1. Albert. Diag. des malad. chirurg., trad. Thiriar et Laurent, 1890, p. 18.

lomie, et l;i dyspnée disparut immédiatement.

D’autre part, en raison de l’impossibilité de la rotation, si le malade veut regarder de côté, il laisse la tète immobile, dévie ses yeux, et, si l’amplitude de leur excursion est insuffisante, tourne son corps tout d’une pièce. Un peu plus lard, les mouvements

deviennent si douloureux que le malade marche avec précaution, les genoux et les hanches un peu fléchis pour éviter toute secousse. Ou bien il s’accroupit et, appuyant ses bras sur ses genoux, immobilise sa tête entre ses mains (%• 6).

Plus tard on trouve les abcès , les luxations pathologiques remplaçant ici la gibbosité, et enfin les signes nerveux.

Les abcès . ossi/luents , assez rares, se dirigent en avant, ^soulèvent la paroi rétro-pharyngienne et forment une tumeur plus ou moins saillante, fluctuante, appréciable par le toucher buccal. Cette tumeur peut devenir plus volumineuse et repousser en avant la langue et le maxillaire inférieur qui déborde le maxillaire supérieur (P. Denucé). Ces abcès rétro-

mal SOCS-OCCIPITAL. — SYMPTÔMES. 1*7

pharyngiens causent des troubles notables de la respiration (dyspnée), de la déglutition (dysphagie), de la phonation (voix rauque ou sourde). Ils peuvent s’ouvrir dans le pharynx, et causer par la pénétration du pus dans le larynx un accès de suffocation. Le trajet fistuleux qui résulte- de cette ouverture peut s’infecter, d'où des accidents inflammatoires aigus autour du siège de l’abcès tuberculeux. D’au-' très fois, le pus fuse en bas, dans le tissu cellulaire rétro-œsophagien, et peut envahir jusqu’au médiastin postérieur. Plus rarement, il s’étend sur les côtés, s’accompagne d’empâtement profond et de rougeur sur les parties latérales du cou, descend et vient faire saillie dans le creux sus-claviculaire, en arrière sous le bord du trapèze, ou plus bas dans le creux axillaire. On peut le confondre quelque temps avec une adénopathie primitive.

L'abcès dans le mal sous-occipital est assez fréquemment postérieur. L’empâtement de la fossette sous-occipitale augmente, et l’abcès vient faire saillie, directement en arrière, à ce niveau.

Luxations pathologiques. — Nous avons étudié ces déplacements au point de vue anatomique et montré leur fréquence et leur variété. Avant qu’elles se produisent, on reconnaît l'usure des os et des cartilages à ces sensations de crépitation qui se produisent dans les mouvements naturels ou communiqués de la tête. Quand le déplacement a eu lieu, il se manifeste : I" par la présence de saillies osseuses ano-

males, appréciables au toucher, surtout en arrière au-dessous de la bosse occipitale et dans la fossette sous-occipitale, et en avant par le toucher buccal sur la paroi profonde du pharynx; 2° par la position vicieuse que prend la tôle, qui est le plus souvent en llexion forcée, le menton venant loucher le sternum, quelquefois renversée en arrière, l'une et l’autre position pouvant se combiner avec un certain degré d’inclinaison et de rotation de la tête à droite ou à gauche. Bien entendu ces déviations diffèrent de celles que nous avons attribuées au spasme musculaire. Elles peuvent même se faire en sens inverse de celles-ci. L’attitude de la tête indique en général le sens dans lequel l’atlas est déplacé par rapport à l’axis. Une llexion forcée est en rapport avec une luxation de l’allas en avant. Si l’inclinaison est oblique à gauche, la luxation est plus marquée a gauche. Ce qui caractérise ces attitudes, c’est d’être absolument irréductibles; contrairement à ce qui se passe dans les déviations d’origine musculaire, tout mouvement passif est impossible. Par suite de ces positions vicieuses, la tète paraît abaissée entre les épaules, et la peau du cou présente, surtout dans le sens de l’inclinaison, des plis saillants et épais.

Un mouvement brusque peut, en complétant une luxation, exagérer brusquement la compression bulbaire et amener la mort subite. Les examens devront donc être pratiqués avec la plus grande modération. Le malade lui-même semble redouter cette éven-

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