Lister. Bull, et Mém. Soc. Chir ., 1878, 26 juin. p
TR A ITEM EN T
'pus avoir de fièvre, d’obtenir un écoulement séreux qui devient en quelques jours peu abondant, et si à ce pansement on ajoute la précaution de faire garder la position horizontale, on peut guérir complètement et radicalement les malades. »
Cette méthode ne donne des succès qu’à deux conditions. 11 faut que l’abcès soit stationnaire et la lésion rachidienne en voie de rétrocession. De plus, il faut que l'antisepsie soit parfaite.
L'évacuation aspiratrice simple ou suivie d'un lavage antiseptique (M. Schede) est rapidement suivie de la reproduction du pus, en raison même de l'état des parois.
Aussi a-t-on essayé de modifier cet état des parois en injectant dans la cavité, après l’évacuation, une solution modificatrice. Velpeau et Boinet employaient la teinture d’iode. Mikulicz et Billroth ont substitué à l’iode l’iodoforme, en suspension dans la glycérine, au dixième. Brun emploie l’huile iodoformée au dixième. Verneuil préférait une solution d’iodoforme (de -1 à 10 p. 100) dans de l’éther. L’éther injecté dans la cavité se vaporise sous l’influence de la température du corps, et l’iodoforme se dépose en mince couche sur toute la paroi interne de l’abcès. On injecte donc quelques grammes de la solution; la poche se distend par suite du développement des vapeurs d’éther; aussi doit-on en laisser échapper une partie par l’aiguille à ponction laissée en place. Cotte précaution suffit on général pour atténuer
la douleur, souvent très violente, qui provient en grande partie de la distension. Pour éviter l’intoxication iodoformée, il faut n’employer qu’une quantité modérée de solution.
Si l’abcès est tistuleux, j’emploie l’iodoforme en pâte molle juste assez fluide pour qu’on puisse l'injecter. La formule suivante m’a donné de bons résultats :
Iodoforme
Huile d’amandes douces. . .
Lanoline.
5 à 10 grammes, àâ 50 grammes.
Si la cavité fistuleuse a un volume restreint, on peut employer avantageusement le naphtol camphré. Courtin1 a montré les dangers d’intoxication qu’offrent ces injections si la cavité est trop grande et la quantité du liquide injecté, excessive.
Le résultat de ces injections est assez variable. Il est surtout satisfaisant pour les abcès non ouverts. On peut, avec Lannelongue, dire de la méthode qu’elle est utile puisqu’elle peut guérir les abcès ou tout au moins enrayer leur marche et modifier leur caractère infectieux, donnant ainsi le temps d’appliquer aux désordres osseux le traitement orthopédique.
Enfin on a tenté d’appliquer aux abcès du mal de Potl la méthode généralement employée contre les