‹ Le mal de PottChapitre 91 sur 103 · Townsend. Acad, de méd. de New-York (sect. d orthop · texte numérisé non relu

Townsend. Acad, de méd. de New-York (sect. d orthop

1894, 16 mars.

TRAITEMENT

que parfois la paralysie pouvait disparaître spontanément ou par le simple repos. Le cautère préconisé par l’ott est aujourd’hui abandonné. Au repos il convient d'adjoindre le traitement orthopédique, souvent efticace s’il est appliqué d’une façon complète et soutenue. Si les symptômes montrent que la compression est modérée, si la paralysie motrice est incomplète et ne s’accompagne d’aucun trouble intrinsèque de la sensibilité, s’il n’y a pas trop de douleurs, si les réflexes sont conservés, si la paralysie est flaccide et ne comporte ni crampes douloureuses ni contractures, si les fonctions vésicales et rectales ne sont pas altérées, on devra s’en tenir au traitement orthopédique. Souvent l’application d’un lit plâtré, parfois même d’un simple corset de Sayre, fera cesser toute parésie. Mais si la compression est forte, si elle se traduit par une paralysie motrice complète et compliquée de troubles sensitifs, s’il y a des contractures, si la vessie et le rectum fonctionnent mal, et que rien cependant au point de vue clinique n’indique du côté de la moelle la présence d’altérations irréparables, on peut être autorisé à tenter une intervention opératoire, à rechercher les causes de compression et à les traiter.

Nous avons dit combien ces causes était variées et montré le rôle que pouvaient jouer les abcès extra-rachidiens. L’évacuations d’un abcès peut faire cesser les signes de compression : on devra donc toujours tenter ce moyen.

Mais si la compression est due à la pachyméningite ou à un abcès intra-rachidien, il peut sembler naturel de réséquer les arcs vertébraux au niveau des points comprimés. En supprimant le point d’appui postérieur contre lequel la pachyméningite antérieure vient refouler la moelle, on supprimera un des éléments de la compression et on rendra à la moelle son fonctionnement normal. C’est ce qu’après Ollier, Jackson, MacEven ont fait de nombreux chirurgiens, Démons, Horsley, Kraske, etc. Chipault dans ses études de chirurgie médullaire rapporte 103 observations de lamnectomies (de Aapr(, lame, et EXTEU.VW, je coupe) pour paraplégies de mal de Pott. Je résume d'après Chipault la technique opératoire de la lamnectomie.

Elle comprend deux temps :

lu La mise à nu des arcs vertébraux par une incision soit longitudinale (Ollier), soit en H (Jones, Delorme), soit en I (Tillaux), soit en U (Démons), soit cruciale, arrivant jusqu’aux os et permettant de mettre à nu les apophyses épineuses, les lames, les apophyses articulaires et transverses.

2° L 'ouverture du canal rachidien , soit avec un trépan appliqué sur les lames après résection de l'apophyse épineuse, soit à la pince coupante. La gouge et le maillet ^Bazy, Reynier) exposent à la commotion spinale, la scie à la blessure de la dure-mère.

Chipault après Ollier recommande la résection sous-périostée qui permet d’espérer la reconstitu-

tion ultérieure d’une couche résistante ostéo-libreuse protégeant la moelle contre les pressions extérieures.

Malheureusement cette opération est grave par elle-même. En outre, Willard1 2 lui reproche non sans raison d’affaiblir la partie de la colonne qui seule peut supporter le poids des parties sous-jacentes, les corps vertébraux étant plus ou moins détruits. Kraske* ne la croit justifiée que lorsque, malgré toutes les autres méthodes de traitement, la paralysie, et surtout la paralysie de la vessie et du rectum, continue de s’accroître. Lloyd® étudiant une statistique de soixante-quinze lamnectomies admet comme indications : 1° le mal de Pott postérieur; 2° la probabilité d’un séquestre comme cause de compression; 3° l’accroissement continu des symptômes paralytiques malgré le traitement ; -i0 la crainte de lésions médullaires définitives par suite de compression trop prolongée. Des lésions tuberculeuses autres que celles du rachis constituent une contreindication.

Enfin la lamnectomie échoue souvent. Ce que nous avons dit des causes complexes de la paraplégie explique que la suppression des arcs vertébraux puisse n’amener aucune amélioration. Et les succès

1. Willard. Trans. of Coll, of physic. of Philad., 1889, 6 mars.

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