‹ Le mal du pays; ou, La batelière de Brienz, tableau. Par MM. Scribe et Mélesville. Représenté, pour la première fois, à Paris, sur le théatre de MadameChapitre 7 sur 9 · PIERRE, LISBETH · texte numérisé non relu

PIERRE, LISBETH

PIERRE

Ah ! çà, h qui en a-t-il ? et vous, Lislieth, qu est-ce que ça signifie ?... quel est cet e'tranger dont il parle ?

LISBETH

Un original... que je ne connais pas et qui m'a demandé à venir prendre du lait ici avez moi...

PIERRE

Et tu as consenti ?... mais , Lisbetli . c'est un rendez-vous-

LIBETII

Eh! non, c*est un déjeuner ! Tu sais bien que chez nous... on ne peut pas refuser aux e'trangers le déjeuner du chalet...

PIERRE

A la bonne heure... mais je veux être là...

LISBETH, souriant.

Encore de la jalousie !...

PIERRE

Non ! sans doute... mais c'est qu'il y a des dangers dont tu ne te doutes pas , et bien certainement je reste ici.

Eh ! mais, sans doute... liens... nous n attendrons pas longtems... car le voici qui arrive... le vois- tu qui descend la montagne ? ( Elle va au-devant de lui. )

PIERRE , levant les yeux vers lui.

Eh croirai-je mes yeux !... mon colonel !... c'est fait de moi... je suis perdu... où me cacher ? ( // aperçoit le bosquet qui est sur le devant du théâtre à droite , et s'y jette précipitamment. )

LISBETH, allant au devant de Stuhac.

Par ici , monsieur... par ici , suivez le petit sentier.

STUBAC, descendant la montagne.

Merci, mon pelle enfant.

Répertoire Dramatique.

PÏERRE, caché , STUBAC, dpscendnnt du rocher à gauche , LISBETH, qui a été au devant de lui.

STUBAC.

Mille pardons... mon pelle enfant de bas afoir été exact à ïa rendez-vous...

LISBETH

Il n'y a pas de mal... je ne m'en plains pas, ( à part. ) ni Pierre non plus. {Regardant autour d'elle. ) Eli bien ! où donc

€St-il ?

STUBAC.

C'est que , foyez-vous... che fiens t'ecrire l'ordre te poursuivre un soldat à moi... J'afre fait t'abord mon lettre en français... c'e'tait le tiaple... je l'entendais pas moi-nicrae... J'afre recommencé en allemand, c'e'tait encore bien bire... Il falloir que técite'ment j'afre une secrétaire toucbours avec moi.( Voyant que Lisbeth ne l'écoute pas. ) Eh bien! que afre- ▼ous ?...

LISBETH

Rien , monsieur , c'est... quelqu'un qui e'tait là tout à l'heure... et qui devait déjeuner avec nous...

STUBAC , d'un air galant.

S'il être parti, tant mieux!... nous commencerons sans lui... parce que la tête à tête li être pli choli...

LISBETH

Le tête à tête!...

STUBAC.

Air : Le beau Lycas aimait Thémire.

Si quelqu'un vous lisait , ma chère , Qu'il n'est heureux qu'en vous foyant » Loin de répondre avec colère Il faut le traiter doucement.

( Zmî ftrenant la main. )

Oui , quand je vois c'ie main charmante.

LISBETH, à part.

Vraiment je suis toute tremblante.

STUBAC.

Oui , Torsque je vois tant d'appas Je sens que mon ardeur augmente.

LISBETH, avec inqvXétvde.

Et Pierre qui ne revient pas !

STUBAC.

Je sens que mon ardeur aug^menle , Et mon cœur n'y résiste pas.

ENSEMBLE. \ y^ij^ q^g le dangrer augmente , Et pierre qui ne revient pas ! Pourquoi , pourquoi ne vient -il pas ?

( 34^ STur.Ac, à pari.

Ça fa picii... ça fa pien!... la petite s'apprifoise.^

2c corn.T.T.

T.'rtmcMr , qui pr< dtiil «ios miracles Dopjip du cœur aux plus Ironiblans , Bioulôt il n'oonnail j)luR d'obstacles , C'est comnrça chez les Allemands !..

Oui , loin de maîtriser mon trouble...

LISIETH.-

O ciel ! rien n'égrale mon trouble.

STBBiC.

Hélas ! je vous le lis tout bas.

Oui , oui je tous le tis pien bas , Je sens que mon ardeur redouble.

LISBETH

Et pierre qui ne revient pas !

EiNSEiMBLE.

STUBAC. IISBT-TH.

J« sMiâ qéc mon ardeur redoub'e , Voilà que le péril redouble , T't mon cœur n'y résiste pas. Et pierre qui ne revient pat !

STUBAC , vivement.

Oui, je contîensplus mon impatience respeetnease..* «t.»*

LiSBETH , seiifuyaait du côté du bosquet Monsieur, qu'est-ce que cela signifie ?

STUBAC.

Et il faut qu'un petit baiser....

Les précédens , PIERRE , sortant du hûsquet et se imt4mti entre Stubac et Lisbeth.

PIERRE

C'en est trop... et dusse'-je me perdre... arrêtez !

STUBAC , surpris.

Quel est l'insolent... que vois-ge ? c'e«t Pierre... c'est mon de'serteur...

Lui ! de'serteur!

Lui-même.

O ciel !...

^C^tte 17.

LES PRÉCÉDÉES, GRITLY et AUGUSTE, qui sont entrés sur les derniers mots.

Ci^TLY , à Auguste.

Là, nous sommes arriye's trop tard , tout est^d^couT^rt*

LISBETH

STUBAC.

LISVETH.

MusiQVErfe M. Adam.

STUB.\C.

De rag^e , de fureur Je sens battre mon coeur ; Mais de ton insolence , J'aurai bientôt venj^reancc, Redoute ma furetir.

PIERRE , 50Mf<?«a«f Liabeth.

D'amour et de l'ureur Je sens l)attre mon coeur.

Je n'ai plus d'espérance , El de votre vengeance ENSEMBLE. < J'ai prévu la rig,ueur.

HSBKTH F.T GRIÏLY.

De crainte et de douleur

Je sens battre mon cœur ,

Hélas 1 plus d'es périmée !

Je le vois , sa vengeance

Va combler mon malheur.

AUGUSTE , regardant Pierre.

Ah ! pour eux quel malheur !

C'était un déserteur. ( A Gritly. )

]Se perd piis l'espérance ;

Je puis encor, je pense ,

Vous rendre le bonheur. .

{ A la fin de ce morceau, Lisboth et Grit/y se tronvmt empros de Stuhac, dont elles cherchent à apaiser la colère , et qu'elles implorent en faveur de Fierre. )

STUBAC.

Non , non , rien ne peut m'e'moavoir.

GRITLY.

Mon Dieu ! qu allons-nous devenir? Ah! M. Aùg^uste !...

AUGUSTE

Soyez tranquille , je me charge d'arranger tout cela... liissez-moi un moment.

{JPierre , Lishethet Gritly se retirent dans le bosquet àdioits.) AUGUSTE, allant à Sttibac.

Allons, colonel...

STUBAC.

Non , je ne veux rien entendre... je vais donner ordre de le saisir et...

AUGUSTE , l'arrêtant.

Vous n'en ferez rien, vous ne le pouvez pas...

STUBAC.

Comment, je pourrai bas faire fusiller un de'serteur ?

AUGUSTE

C'est ce qui vous trompe... ce n'est pas un De'serteur.. ces un amoureux.

STUBAC.

Qu'est-ce que ra me fait P

AUGUSTE

Beaucoup... Il est amoureux de Lisbeth , de celle que vous aimez.

STUBAC.

Raison de plus ; ça se trouve pien.

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