‹ Le mal du pays; ou, La batelière de Brienz, tableau. Par MM. Scribe et Mélesville. Représenté, pour la première fois, à Paris, sur le théatre de MadameChapitre 8 sur 9 · GUSTAVE · texte numérisé non relu

GUSTAVE

Au contraire... ça se trouve très-mal; car, si tous faites condamner ce brave jeune homme, on dira que vous avez abuse' de votre position et de votre pouvoir pour vous débarrasser d'un rival.

Mein Gott !... on pourrait supposer !

AUGUSTE

C'estfâcbeux pour vous... mais c'est ainsi... et,dèsquevou& tenez à Paris, des que vous voulez y retourner, il faut que vous en connaissez les lois et les usages... Oui, monsieur . •dès qu'on aime une femme, son mari ou son amant devient sacre' à nos yeux... on doit le prote'ger... c'est une des lois fondamentales du pacte social.

STUBAC.

Mais che être pas l'amant de la betite...

AUGUSTE

C'est e'gal , on le croit... c'est là même chose,., et vou« ne pourriez plus vous montrer nulle part... moi-même je n'oserais pas vous pre'senter.

STUBAC.

Ver Teufell... che beux bourtant bas faire qu'il n'afre pas de'serle'...

AUGUSTE

Non... mais vous pouvez lai avoir donne un congé' pour passer quelques jours au pays... pour épouser celle qu'il aime.

STUBAC.

Ver Teuftl !... il faudrait encore...

AUGUSTE

Il y va de votre honneur etde vos succès futurs,.. Partout, h Paris, je publierai votre héroïsme... on vous conipnrera à Stanislas de Michel et Christine... { Grilly parait à l'entrée du b&squet et écoute. Auguste lui fait de tcms en tcms signe d'espérer. ) Dans deux mois , quaud vous rentrerez dans la capitale, vous vous trouverez, auprès des dames, une réputation romantique toute faite.

8TUBAC.

Vraiment !

AUGUSTE

Ce qui est fort utile... rien ne rapporte plus qu'un amour malheureux... on y gagne cent pour cent, à cause du chapitre des consolations... Il est attendri... il cède... il ne résiste plus. ( Gritly , Lisbeh et pierre s'approchent, )

STUBAC.

Yaju. ya , je comprendre... Eh bien! qu'il trouve au moins un remplaçant... et on verra.

AUGUSTE , à Gritly , Pierre et Lisbeth , qui se sont approchés peu à peu.

A merveille... Êtes-vous contens?

GRITLY.

Mais pas du tout... il n'y a pas de remplaçant.. c on ne peut pas en trouver , k aucun prix.

AUGUSTE

Il serait possible*.

GRITLY.

Ah! mon Dieu... qu'est-ce que je vois là ?... c'est Natz.

^ccnc i8jetbcrnUre.

LES PRÉcÉDENS, NATZ, avecle chapeau et le havre sac , Villageois et Villageoises.

NATZ , tristement.

Oui, mademoiselle «. un coupable repentant iqui vient réparer sa faute.

Que dLs-tu ?

NATZ.

J'ai fait mes réflexions... je me suis dit que c'était affreux de manquer à sa parole , et à un marché conclu , surtout quand on avait reçu des avances.

GRITLY.

C'est bon... c'est bon... ne parlons pas deçà.

NATZ.

Si, mademoiselle... j'en parlerai toujours, parce que ces deux baisers me tourmentent... ça a réveillé mon amour et mes remords... et décidément le sacrifice en est fait... Je vous prierai seulement, pendant que j'achèverai l'engagement de votre frère... de tâcher de tenir le vôtre.

pierre.

Quoi ! tu veux partir pour moi ?

NATZ. , ■•)

Oui , beau frère... je retourne à Paris. . .. f;, ,, S

AUGUSTE, Vivement.

A Paris !... il retourne à Paris... Dieu ! mon moyen înge'-

GRITLY.

Que dite s- vous ?

AUGUSTE

Que ce nest pas lui... c'est moi qui partirai.

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