‹ Le mal du siècle. Scènes de la vie comtemporaineChapitre 12 sur 30 · L'ORGIE. W · texte numérisé non relu

L'ORGIE. W

-- Reste au moins qaelgaes s^nainest dit Daniel d*nne voix suppliante.

— Jusqu'à ce que les biens soient vendus; pas plus longtemps.

— Jusqu'à ce que les biens soient vendus I répéta le jeune homme en soupirant, comme si ce souvenir d'une décision antérieure TefCrayàt. Mais il chassa cette idée de son esprit et dit :

— Allons, Gombert, je t'en conjure, donne-moi cette preuve d'amitié.

L'autre haussa les épaules, et répondit : —Daniel, Daniel, j'ai pitié de l'égarement de ta raison. L'air n'est pas bon ici pour toi ; pour m'acquitter de mon devoir, je devrais, dès aujourd'hui, t'arrasher, Qiéme par la force, de ce lieu fatal.

— Ainsi, tu refuses mon offre? Tu rejettes ma prière? demandalejeune homme avec une profonde tristesse dans la voix. Tu restes inexorable?

— InexKHrable, ouil

Danid baissa les yeux et secoua la tète, douloureuse^ ment préoccupé.

*- Je perdrais l'ami éprouvé que j'espérais voir à côté de moi jusqu'à la fin de ma vie ! murmura-t-il. Combien m'effraye la pensée, de cette séparation. Quel noQveaa vide dans mon cœur... Quel péniMe sacrifiée !

Qmbert regardait, moet et chagrin^ le jeune homme

rêveur; mais, lorsqu'il remarqua qu'il commençait à se tordre les bras, et que de légers frissonnements nerveux parcouraient ses membres, un sourire réprimé parut sur son visage, et dans ses yeux brillèrent une étincelle d'espoir triomphant. r

Daniel se leva tout à coup; ses lèvres tremblaient, son visage montrait une expression de terreur^ comme s'il avait pris une résolution dont la nécessité lui navrait le cœur.

— Gombert, tu le veux? Tu me refuses la faveur que j'implore de ta bonté? s'écria-t-il. Eh bien , tu peux rester avec moi au Wulfhof, ou tu peux partir, tu es libre!

Et| comme si toute l'énergie de son âme lui échappait avec ces motà, il se Isdssa retomber sur sa chaise, tandis qu'il disait en soupirant :

— Il pèse une malédiction sur moi. Ouoi que je fasse ou ne fasse pas, je dois être le malheur de ceux qui m'aiment. Implacable fatalité I quand me donneras-tu le repos ? Dans la tombe, dans les bras de la mort, dans l'éternelle. ••

La parole mourut sur sa bouche, et, bien que ses lèvres remuassent encore, elles ne formaient plus de sons.

Gombert avait frémi de dépit et de rage, lorsque son ami lui avait dit d'un ton si décidé : -^ Tu es libre. Et

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