LE THÉÂTRE D'APRÈS BARBEY
Unjour^ M. Armand de Pontmartin, cet honorable commentateur de toutes les rengaines rapiécées, a sévèrement reproché à M. Barbey d'Aurevilly d'avoir écrit, lui royaliste, dans un journal dirigé par M. de Cassagnac, d'avoir collaboré, lui catholique fervent, à Gil BlaSy gazette des péchés capiteux. Où aurait donc voulu Thonnête M. Charbonneau qu'écrivît le pauvre M. Barbey?
Par sa terrible brutalité et sa dangereuse franchise, l'auteur des Diaboliques s'était fermé toutes les maisons amies. Il s'était condamné lui-môme à clamer dans la solitude. Je me représente cet esprit vigoureux, aussi
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loyal que féroce, se retirant pour combattre, comme en une philosophique citadelle, dans le tonneau d'un Diogène catholique. II lui fallait l'indépendance de Tanachorète et Tin- \i0\dJ3\e cheZ'Soi du pamphlétaire... Malheureusement- pour M. Barbey, il paraît — et je n'en doute pas — que ce tonneaade Diogène est défoncé ou pourri, car je cherche en vain qui diantre s'aviserait de le louer en ce moment. ••
Cette force qui est en Barbey s'est donc dépensée dans le vide.^ Cette voix puissante n'a trouvé ni tribune ni chaire. Ce tempérament sans frein a épouvanté ceux qu'il voulait mortiOer de sa haire, flageller de sa discipline. Il y a eu une débandade, un sauvequi-peut devant ce don Quichotte qui chaurgeait à fond les moulins à vent des convictions fragiles, ce Bridaine qui dénonpait publiquement les lâchetés humaines et les souffletait de leurs propres remords.