‹ Le mal du théatreChapitre 17 sur 47 · LA CENSUHE UT LA CRITIQUE IMPARTIALE · texte numérisé non relu

LA CENSUHE UT LA CRITIQUE IMPARTIALE

Vous retrouverez trèsparraitementrhomme qu'est Barbey dans son volume sur le Théâtre contemporain. Ces pages ne sont pas d'hier:

elles datent de 1868. Elles parurent dans le Nain jaune, et, en les lisant, elles font regretter cet esprit frondeur, révolutionnaire, des petits journaux littéraires qui semblaient des barricades d'où l'on tirait sur l'ennemi. Mais pour nous, qui avons pris en main la cause du renouveau du théâtre, qui voulons le délivrer des faiseurs pour le rendre aux artistes qui pensent et qui créent, ce volume est un jalon planté sur notre route et marque d'une lumière violente et crue le chemin de la vérité.

Barbey éprouve une haine violente du théâtre. C'est pour lui la forme littéraire, Texpression artistique la plus basse, la plus triviale, la plus abjecte, la plus corruptrice.

Et le malheur, c'est que le théâtre prend chaque jour plus d'importance et que la véritable littérature s'agenouille devant lui très humblement.

« Comme une foule d'êtres destinés à périr par leurs vices, aurait-elle donc (la littérature), l'amour de ce qui doit la tuer?... Que dis-je encore ? elle en a la bassesse. Ce que David faisait devant l'arche, elle le fait devant un tréteau. Elle supporte très bien de ne venir, dans l'opinion, qu'après la littérature théâtrale, et elle paye elle-même les violons et les trompettes des plus sottes gloires, nées sur les planches... Est-ce que le plus idiot vaudeville, pour peu qu'il soit représenté, ne trouve pas toujours à son service le compte rendu qu'un livre fort, réduit à sa seule force, ne trouverait jamais. Lisez les journaux et jugez ! »

C'est un art mendiant que le théâtre, art subalterne qui ne peut vivre de lui seul, qui.

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pour subsister, a besoin d'und armiSe d'artisans et de magasins d'accessoires et de friperies, qui réduit la pensée et dénature le style, et M. d'Aurevilly lui jette l'analhème s'il prétend sortir de rhumanUé, de la vie.

Il voue aux gémonies M« Alexandre Dumas

fils et sabre rageusement M. ^ctôrienSardou.

Il leur en veut de leur habileté, de leurs artifices, et il échangerait volontiers toute la science d'arrangeurs de ces deux dramaturges contre l'idée des Sceptiques de Mallefille. Ce que veut avant tout le critique, c'est l'idée puisée dans Tobservation, c'est la pensée qui, développant l'idée, la fécondant, la moralise. Et la théorie de la moralité au théâtre de M. Barbey est fort généreuse et fort soutenable. 11 ne condamne pas les audaces, les hardiesses de la scène. Il les réclame au contraire, il se grise de leur fracas, de même que les chevaux de bataille se grisent du bruit des sonneries ; mais il prétend que le public

sorte de ce spectacle, où Ton aura déchaîné sous ses yeux les passions les plus violentes, Tâme plus sensible aux nobles mouvements, Tesprit plus ouvert aux grandes vérités morales.

Quant à moi, je n'aurais pas le courage de railler ce système qui, dans ses conclusions logiques, condamnerait souvent M. Dennery pour approuver M. Zola.

Je n'ai pas besoin de le dire, ce système est soutenu par M. Barbey à coups de trique.

Dans ses emportements, il a des excès de sévérité. En matière théâtrale, il est d'une incomparable orthodoxie et se contente au théâtre de la peinture des caractères à l'aide des procédés de Molière et de Shakespeare.

Il défend le théâtre humain, philosophique et vrai, avec l'acharnement que des moitiés

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