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LE DROIT DU PUBLIC

Ce public auquel on fait payer si cher le droit de bailler à Taudition des pauvretés révoltantes qui encombrent la scène depuis plus de dix ans a laissé tous ses droits tomber en désuétude.

Il a le droit tout d'abord d'occuper un siège suffisant'pour s'y asseoir et placé dans un espace assez large pour qu'il puisse abandonner librement, aisément, la place qu'il occupe.

Il paie ce droit selon un tarif exagéré.

C'est une raison majeure pour qu'il n'en soit point dessaisi.

Il a le droit d'applaudir ou de siffler, à lifi' chute du rideau, (droit maintenu dans tocrt#

les villes de province). De la sorte, sans trou-

bler Tordre de la représentation, il exprime librement sa satisfaction ou son mécontentement.

Si le sifflet était interdit, il faudrait à' plus forte raison supprimer la claque.

L'incendie de TOpéra-Comique a fait tant de victimes que toute la France a protesté contre une catastrophe qui touche au scandale et qui a prouvé à quelles négligences coupables était exposée la sécurité des spectateurs.

La presse et le public ont un commun devoir: C'est de dresser une enquête toujours ouverte sur la police des théâtres, de façon qu'il soit interdit aux entrepreneurs de spectacle qui essaient d'assassiner le bon goût, la raison et l'esprit, de se livrer à la même tentative sur l'existence de ceux qui leur apportent bénévolement la fortune et le succès.

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