‹ Le mal français 1514Chapitre 24 sur 27 · SUR LA CONTAGIOSITÉ DU MAL FRANÇAIS A SES DIVERSES PÉRIODES V · texte numérisé non relu

SUR LA CONTAGIOSITÉ DU MAL FRANÇAIS A SES DIVERSES PÉRIODES V

Le mal français est contagieux, ainsi que nous l’avons dit précédemment , et c’est par l’acte du coït qu’il se transmet en général. Toutefois (et cela est digne de remarque), ce mal n’est contagieux qu’à une période voisine de son début, c’està-dire à l’époque où il se manifeste sous forme d’exanthèmes scabieux (in forma scabiei )'. Plus tard, lorsqu’il a vieilli , c’est-à-dire lorsqu’il s’accuse par des douleurs, des tubercules indurés, des

i. Ce chapitre et les suivants sont empruntés, çà et là, à la chirurgie de J. de Vigo. Comme ils complètent sur certains points la doctrine de notre auteur, j’ai cru indispensable de les reproduire ici.

ulcérations profondes et destructives, il ri est plus contagieux . C’est là un fait que l’observation m’a cent fois confirmé1.

[Ce passage est assez remarquable pour que je n’aie pas besoin de le signaler à l’attention. Il est incontestable, comme le dit ici Vigo, que la syphilis semble perdre de son pouvoir contagieux à mesure qu’elle vieillit. Mais il ne faudrait pas prendre le change et se laisser abuser par une apparence. Il est bien possible, en effet, que la syphilis fournisse en vieillissant un nombre de contagions de moins en moins considérable, sans que pour cela son pouvoir contagieux réel soit atténué. La raison en est simple. L’accident primitif et les accidents secondaires de la maladie sont généralement distribués sur des régions (telles que la verge, la vulve ou la bouche) essentiellement propres à transmettre la contagion. Les symptômes secondaires, de plus, sont habituellement multiples , sujets à de fréquentes récidives, -assez bénins pour passer inaperçus ou n’imposer aucune réserve , toutes conditions qui ne les rendent que plus dangereux au point de vue spécial de la transmission. Tout autres au contraire se présentent les accidents de la vérole vieillie ( antiquata ). Ceux-ci, d’abord, sont fort souvent des lésions internes, profondes, viscérales, non susceptibles en conséquence de servir d’origine à une contagion. Les lésions extérieures de la période tertiaire, ulcéreuses et suppuratives, se prêtent seules à la possibilité d’une transmission. Mais ces dernières, d’une part, sont assez rares, surtout si on les met en parallèle avec les symptômes secondaires dont la fréquence est prodigieuse; d’autre part, elles sont assez importantes pour ne pouvoir être ignorées non plus que dissimulées; enfin elles ne résident qu’assez exceptionnellement sur les régions sexuelles. Seraient-elles donc

i .' Pt action chirurgien secunda pars, lib. V.

contagieuses au plus haut degré, qu’elles n’auraient guère la possibilité de transmettre la contagion. C’est pour cette raison que la vérole vieillie, la vérole tertiaire, perd ou semble perdre sa puissance contagieuse initiale. Mais la perd-elle en réalité, ou semble-t-elle seulement la perdre parce quelle n’a plus la faculté ou l’occasion de l’exercer, c’est là ce que, dans l’état actuel de nos connaissances, nous ne saurions encore déterminer.]

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