‹ Le mal français 1514Chapitre 4 sur 27 · DU MAL FRANÇAIS · texte numérisé non relu

DU MAL FRANÇAIS

(Extrait de la Chirurgie de J. de Vigo, Practica in arte chirurgica copiosa , lib. V).

Au mois de décembre de l’année 1494 (année où le roi Charles VIH passa les Alpes avec l’armée française pour reconquérir le royaume de Naples), il se développa dans l’Italie presque tout entière une maladie de nature jusqu’alors inconnue. Cette maladie reçut des divers peuples qu’elle affligea des dénominations différentes. Elle fut appelée mal de Naples par les Français, qui prétendirent l’avoir contractée à Naples et l’avoir rapportée de là dans leur pays Les Napolitains, de leur côté, lui donnèrent le nom de mal français , parce qu’elle s’était manifestée et répandue pour la première fois

en Italie à l’époque de l’expédition française. Les Génois l’appelèrent encore lo male de le tavelle , les Toscans lo male de le bulle, les Lombards lo male de le brosule , les Espagnols las buas. Chaque peuple, en un mot, lui assigna une dénomination à sa convenance. Peu importe du reste tel ou tel nom; l’essentiel pour nous, c’est de savoir traiter et guérir cette maladie.

C’était et c’est encore une maladie contagieuse.

La contagion dont elle dérive s’exerce surtout par le coït , c’est-à-dire par le commerce sexuel d’un homme sain avec une femme malade, ou inversement d’un homme malade avec une femme saine.

Les premiers symptômes de cette maladie se portaient presque invariablement sur les organes génitaux, c’est-à-dire sur la verge ou la vulve '. Ils consistaient en de petits boutons ulcérés, d’une coloration tantôt brunâtre et livide, quelquefois même noire, tantôt légèrement blanchâtre1 2 * * 5. Ces

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