‹ Le mal français 1514Chapitre 6 sur 27 · V. note IV · texte numérisé non relu

V. note IV

2. Les lésions décrites ici sont évidemment ce que nous appelons aujourd’hui les gommes , les tumeurs gommeuses tertiaires, etc. — V. note V.

tibles de revêtir tous les aspects, de prendre toutes les physionomies, parce que leurs caractères s’harmonisaient en quelque sorte avec la complexion et le tempérament de chaque malade.

C’est qu’en effet les manifestations multiples de ce mal odieux varient d’une façon incroyable d’un sujet à un autre. A ce point qu’on voit figurer à son bilan ‘la plupart, j’oserai presque dire la totalité des maladies de cause antécédente1 décrites par les médecins tant anciens que modernes! Jugez-en. Pour les apostèmes2, en premier lieu, ne les rencontrons-nous pas dans le nul français sous toutes les variétés connues: apostèmes chauds, apostèmes avec mélange de matières froides, telles

1. C’est-à-dire de maladies dérivant de causes intérieures prédisposantes, « tels que vices constitutionnels ou humoraux, tempérament, pléthore, cacochymie, etc. »

2. Apostème. Dénomination générique très-mal définie, sous laquelle les anciens rangeaient des maladies d’espèces très-différentes. D’après la définition consacrée d’Haly-Abbas , l’apostème était « toute tumeur contre nature en laquelle matière est assemblée, faisant réplétion et distension ». On en distinguait plusieurs espèces et des variétés encore plus nombreuses. Les principaux types qui constituaient ce groupe morbide étaient , pour les apostèmes chauds, le phlegmon, les abcès, l’anthrax, l’érysipèle, le charbon, etc. ; pour les apostèmes froids, les engorgements ganglionnaires, les écrouelles, les polypes, etc., etc. Les hernies, le cancer, et nombre d’autres affections des plus diverses rentraient aussi dans la classe singulièrement artificielle des apostèmes.

que phlegme ou atrabile, apostème sanguin avec mélange de phlegme ou phlegmon undimiades1 , apostèmes enfin de tout genre et de toute forme ? N’observons-nous pas aussi dans ce même mal toutes les espèces possibles d’apostèmes froids et de tumeurs, comme engorgements glandulaires, écrouelles2, nodi , taupes ou topinaires 3 pouvant aboutir à la carie des os du crâne, séphiros chancreux ou non chancreux4, etc.? N’y voyons-nous pas figurer de même toutes les variétés de formica3, d’éruptions sanieuses, suppuratives, herpétiques, anthracoïdes, etc., sans parler encore de la gangrène et de l’esthiomène0 ? Quant aux ulcères qui

1. Phlegmon undimiades (de undimia, œdème) ou phlegmon pituiteux. Variété de phlegmon dans laquelle, suivant les anciens, le phlegme ou pituite « prédominait sur le sang » comme humeur génératrice de la maladie.

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