‹ Le mal qu'on a dit des femmesChapitre 20 sur 31 · LE MAL QU'OIV ▲ DIT · texte numérisé non relu

LE MAL QU'OIV ▲ DIT

Octave Feuillet :

c Une jolie femme, c'est bon pendant un an, pendant deux ans; mais, dès la troisième année, que vous Tait la coupe gracieuse de ce visage? que vous importent cette taille, et ce pied, et cette main adorés, admirés et commentés durant une si longue série de lunes? SI vous aimez désormais quelque chose en cette femme, c'est votre femme, et non la Jolie femme. La jolie femme n'est plus qu'un luxe importun, un apanage inquiétant, une enseigne périlleuse qui a son beau côté tourné vers la rue, et dont vous n'avez que le revers; ce n'est plus qu'un engin à attirer la foudre. »

« La plupart des femmes, à ce que je crois, passent leur vie à dépouiller de ses fruits, mûrs ou verts, le vieil arbre dont Eve eut la primeur; et tel est l'attrait du fruit maudit, que les honnêtes femmes mêmes ne peuvent se résigner à mourir sans y avoir donné un coup de dent. »

DES FËMME8. 187

a II arrive un jour où la meilleure est saisie d'une impalience Tébrile, d'une avidité de savoir désespérée. L'épouse alors devient maussade, la mère négligente : elle ne se rend compte ni de l'objet de son trouble, ni du but de son anxiété ; mais son liumeur, son langage s'allèrent, ses préoccupations confuses se trahissent malgré elle : tantôt elle se fait petite ûlle, comme pour supplier qu'on veuille bien tout lui dire; tantôt elle se vieillit et voudrait paraître corrompue, afin qu'on n'eût plus de raisons de lui rien cacher. »

u S'il arrive un âge où les honnêtes femmes sont tentées par le mal, en revanche les autres ont leurs crises de vertu ; mais se perdre est plus facile que se sauver, et ces caprices d'honnêteté ne sont guère que des comédies qu'on se joue à soi-même pour se divertir un moment. On se met sur le visage un masque de vertu pour savoir quelle mine cela vous fait, et on s'en tient là. »

Dans ces derniers temps, Gavarni, Cham, Bertall, Daumîer et le Charivari ont crayonné de charmantes esquisses dont je voudrais pouvoir orner ce texte ; elles corrigeraient, par leur légèreté gracieuse et leur gaieté sans amertume, l'âpre ironie de plusieurs satires composant cette galerie que nous venons de parcourir.

Voici du moins, pour clore et couronner la série française, ce que publiait Louis Huart dans un numéro du Charivari :

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