‹ Le mal qu'on a dit des femmesChapitre 22 sur 31 · CALIXTE · texte numérisé non relu

CALIXTE

Écoute, plus tu m'en dis et plus tu me démontres d'inconvénients, plus je sens que je l'aime; je ne sais ce que c'est. »

496 LE MAL QU'oif A DIT

En Espagne encore, que de traits piquants ne pourrions-nous pas rencontrer soit dans la Mogitana, de Moratin, soit dans Michel Cervantes, soit dans Tirso de Molina î

Chez les Anglais, Shakspeare, à lui tout seul, nous fournirait une anople provision de médisances.

 la fln du deuxième acte de Cymbeline, Posthumus s'écrie, comme par un souvenir d'Euripide :

« Les hommes ne peuvent-ils donc être reproduits sans que les femmes y soient de moitié?... Oh ! si je pouvais découvrir en moi ce que je tiens de la femme ! Car l'homme n'a point un mouvement vicieux qui, je l'alBrme, ne lui vienne de la femme. C'est d'elle qu'il tient le mensonge, l'adulation, la fraude, i'impudicité, les pensées obscènes : tout cela lui vient d'elle, d'elle seule, aussi bien que la vengeance, l'ambition, la convoitise, les caprices, la médisance, l'inconstance. Tous les défauts qu'on pourrait nommer et que l'enfer connaît; tous ou la plupart proviennent

de la femme : que dis-je? ils en proviennent tous, car elle porte l'inconstance jusque dans le vice; eile change un vice qui date d'une minute contre un encore pins nouveau. Je veux écrire contre les remmes, ies détester, les maudire. Mais la plus forte preuve de baine que je puisse leur donner, c^est de souhaiter que toutes leurs volontés soient faites. Les démons eux-mêmes ne sauraient leur trouver un supplice plus grand.

Au troisième acte de Comme il vous plaira, Rosalinde, déguisée en homme, dit à Orlando :

« J'tivais un vieil oncle dévot, qui, dans sa jeunesse, avait vécu dans le monde, et qui se connaissait en galanterie, car il avait été amoureux. Je l'ai souvent entendu moraliser contre l'amour : et je remercie Dieu de ne pas être femme, et de ne pas être atteint de tous les défauts qu'il reprochait au sexe en général.

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