‹ Le mal qu'on a dit des femmesChapitre 29 sur 31 · OPINION DE MON AMI JACQUES SUR LES FEMMES · texte numérisé non relu

OPINION DE MON AMI JACQUES SUR LES FEMMES

J'ai connu un galant homme qui avait déclar la guerre aux femmes. J'aurais pu ajouter qu était vaillant. Il s'annonçait partout et tout h? comme leur ennemi acbarné, et ne manquait i une occasion de montrer que la baine qu'il a* contre elles était implacable.

Quand on lui demandait les raisons de « étrange fureur et comment il se pouvait faire c homme de bon sens et d'esprit comme lui.

/oarné dViUeurs et jeune encore, délestât, au où il le faisait, un sexe doi\l \V ivft \i^T^\^^"f probable qu'il eût à se plaindre : <^ Ç2eç>V

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ment, répondail-il, parce que je n'ai point de mal à dire des femmes, n'ayant jamais pu venir à bout d'en penser; c'est précisément parce que je suis d'avis, avec je ne sais plus quel philosophe, que, si Dieu pouvait avoir une mesure dans son amour, il devrait aimer la femme plus que l'homme, et que, quant à nous, nous ne pouvons nous dispenser de la cliérir et de l'estimer plus que nousmêmes ; c'est précisément parce qu'on peut dire des femmes, sans hyperbole, qu'on soit catholique, païen ou musulman, qu'elles sont des anges, des déesses ou des houris ; — c'est parce qu'une jolie femme est à la fois plus jolie que le plus joli des animaux, y compris les oiseaux, et plus élégante, plus plaisante à l'œil, plus charmante que la plus charmante fleur; — parce que rien de ce qui est bien n'est aussi bien que la femme qui plaît; parce qu'on peut la comparer à tout et lui donner sur tout l'avantage; parce qu'il est devenu un lieu commun, c'est-à-dire une vérité banale, de dire des femmes qu'elles sont plus blanches que les lis, plus roses que les roses, etc. ; — c'est enfin parce que ne pas les aimer, et, dès qu'on les aime, ne pas leur tout sacrifier, est impossible; —c'est parce qu'on peut passer, fût-on un héros, sa vie à leurs pieds, et, si vous voulez le savoir, i^at^yî. 05?^^^'^^ passe, — que je les toîivjlôà^, f3^\s,<6\tV&^'î:feK^^-.'^'^

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je prétends qu'on les fuie à régal de la peste, qu'on les redoute comme ce qu'il y a de plus terrible au monde, qu'on les tienne, en un mot, pour le plus dangereux et peut-être pour le seul ennemi de l'homme !

Et, sachez-le bien, ce n'est pas leur fiel et leur vinaigre, leur poison ou leur venin, si quelquesunes en ont, c'est leur miel et leur parfum même, au contraire; c'est ia bonne odeur de leurs plus exquises qualités, c'est la jolie couleur de leurs grâces les plus naïves, c'est la tendresse Involon* taire de leurs plus chastes regards, c'est le charme invincible dont elles sont environnées, qui m'autorisent à considérer ces adorables créatures comme autant de fléaux.

Croyez-vous, par hasard, que, si toutes les femmes étaient des drôlesses et des harpies, des monstres de méchanceté et des monstres de laideur, croyez-vous que je m'efforcerais de lever contre elles des légions? Non. Il y a des hyènes dans le monde, on les encage ou on les refoule dans leurs forêts, et tout est dit. Il y a des animaux hideux dans ia création, on s'en détourne, ou on détruit leurs races, et tout est encore dit. L'homme sera toujours le plus fort contre ce qui est mauvais. Mais une femme, une femme bien élevée, bonne, honnête, spirituelle et jolie, c'est-à-dire un être

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irrésistible, une sirène moins la qaeue de poisson, une sirène avec des pieds de sylphe, ne m'en parlez pas ; ne loi parlez pas surtout, ne i'écoutez pas, ne la regardez pas; fuyez, fermez les yeux, bouchez-vous les oreilles ; dites-vous en fuyant que la meilleure est la pire, que la plus belle est la plus à craindre! et n'allez pas vous croire à jamais ou guéri on invincible, car vienne à passer devant vos résolutions, devant votre forteresse, dans votre solitude, une fille de quinze ans au regard d'ange, et devant ce regard ingénu qui ne vous cherche pas, qui ne vous connaît pas, qui ne pense pas à vous, qui n'y peut pas penser encore, vos murailles tomberont et vos résolutions avec elles.

Quittant alors votre solitude ou vos travaux, ou votre gloire ou votre devoir, vous suivrez, les mains suppliantes, à deux genoux, le cœur bondissant déjà, ce péril nouveau, ce danger toujours attrayant, le désir qui naît, l'espérance à son aurore, la beauté inconnue.

Le genre humain ne trébuche, le monde ne tourne si souvent de travers que parce que dans sa roue se trouve cette poussière de diamant, ce grain de sable, cet écueil qu'on appelle une jolie femme.

Ce que je reproche à la femme^ ce ii'e&^ ^k^v. d'être ce qu'elle esl, mm àfe ^ \^vc^^ ^^ 'èR.\^^ssK!t

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