‹ Le Mal qu'on a dit des medecins (volume 2)Chapitre 78 sur 88 · PARADOXE SUR L'HONNEUR DES MÉDECINS · texte numérisé non relu

PARADOXE SUR L'HONNEUR DES MÉDECINS

Vendre plutôt que soigner, voilà la médecine; ce n'est plus qu'un commerce.

LATOMUS JOANNUS (mort en 1378)

DISTIQUE SUR JEAN MANARDI (l)

In fovea qui te periturum dixit Arusptx Non est mentitus : amjugis ilîa fuit.

Le Devin qai a prédit que ta périrais dans une fosse ne t'a pas trompé : c'était celle de ta femme.

(i) Célèbre médecin de Ferrare, mort en 1537, ^ l'âge de 74 ans. « Ce Manardi, raconte Bayle, s'éunt marié fort vieux avec une jeune fille, fit des excès qui le tuèrent. Les poètes ne manquèrent pas de plaisanter là-dessus, et principalement ceux qui tçurent qu'un astrologue lui avoit prédit qu'il periroit dans un fotté. Ce fut le sujet du distique de Latomus. On a tant brodé la pensée de ce distique, que l'on est venu jusques à dire que Manard, pour éviter la prédiction, s'éloignoit de tous les fottez. Il ne songeoit qu'au sens littéral et ne se défioit point de l'allégorique ; mais il reconnut par expérience que ce n'est pas toujours la lettre qui tue, et que l'allégorie est quelquefois le coup mortel. »

V^AVASSEUR (I) (160S-1681)

ÉPIGRAMME (2

Vavassor Burdeloto ardelioni (3).

Fama est ignaro quondam Jove, nomitta multa.

Et sumsisse sioi munera multa Deos, Se trino imbrimis jactàbat stemmate Pbcebus,

Nam Medicus, vates, et citharœdus erat.

« Ah/ nimium est, inquit Superum Pater : eligat ttnum

De tribus f una um sufficit ara Deo, »

(i) Voir i'Épigramme imitée de Nicarque, page 37.

(2) « Dans le temps, dit Ménage, qu'on travaillait, enHolande, & l'édition in-folio de toutes les œuvres du P. Vavasseur, l'envoyai & l'imprimeur cette épigramme attribuée & ce Père contre l'abbé Bourdelot, avec la réponse que j'y avais faite autrefois sous le nom et & la prière de l'abbé. »

()) Le docteur Pierre Bourdelot pinçait fort bien de la guitare. « Christine de Suède, raconte un de ses biographes, étant tombée malade, Saumaise, qui se trouvait auprès d'elle, le recommanda k cette reine, qui le fit venir en Suède vers 16$ i. Son premier soin fut de faire renoncer la reine & toute espèce d'étude, et pour ridiculiser & ses yeux la manie de l'érudition, il l'engagea k faire chanter et danser devant elle ses confrères Meibomius et Kaudé, qui avaient écrit, l'un sur la musique, et

0>(' .trt wtfoi: sid nid retmtrtt Apotto

D%du.fa MÊÎmi ptmums h^sUf et bttrei ad btu.

BxrdetcU, iodem sors tst tua, mom laèor idem Sempt, tri»m supertst optio umUa tihi.

W^Li^tris Maiicus, vatts amtemntris; ergo Vel mxHms postbac, vel citbanuius eris.

l 'inasjrur à Bourdtiot, komum çui se méU de tout.

On ncoate qu'à finsa de Jupiter, les Dieux avaient pris antrefois des noms et des privil^es en abondance. Phœbus, en particulier, portait i la fois trois couronnes : celles de Médecin, de devin et de joueor Je dtharc. « Ah! c'est trop, dit le Père des Dieux; qu'il choisisse une des trois : an Dieu doit se contenter d*un seul autel. » La médisance est impie ; mais Apollon hésita longtemps sur le choix à Êdre et il hésite encore. Bourdelot, ton sort est le même, mais tu n*is pas la même peine, il ne te reste plus le choix : médecin, on t'abandonne; devin, on te méprise; donc, désormais, tu ne seras rien ou tu ne seras qu'un joueur de cythare.

Tautre, sur U danse des «ndens. Le moyen réussit ; la reine se livra au conseil de son mgriabU ignormm, comme elle le disait cUe-mème. » A la suite d'intrigues de cour, Bourdelot fut obligé de revenir en France où il obtint l'abbaye de Massay; il prit Alors le titre d'abbé, sous lequel il est généralement connu . « C^" • -.t lui, d'après Touchard-Lafossc, qui favorisa le liberti" naj^c vie la princesse Christine en lui enseignant le secret d'en prévenir les suites. Elle lui donna plus de cent mille écus et lui obtint un bénéfice en France. Plus les services rendus aux grands sont hontcu.x, plus ils se croient forcés d'en élever U récompense. «

Page 1