‹ Le mal qu'on a dit des médecins (volume 3)Chapitre 90 sur 106 · CLÉNARD · texte numérisé non relu

CLÉNARD

Ce philologue flamand traite, dans un passage de ses ouvrages, les médecins de sanicides.

PALINGENIUS MARCELLUS (Manzolli) (xvr siècle) (2)

Zodiacus viia. — Léo, lib. V.

Consulte item, si opus est, medicunij vel clinicus ille, Vel sit cbirurgus; cbirurgi certior est ars; Nam quid agat certum est, et aperta luce videtur : Clinicus ipse autem, qui nunc pbysicus quoque fertur, Dum lotium infelix spectans, inde omina captât, Dum tentât pulsum vena, dum stercora versât,

(i) Le victorieux, de vixv), victoire.

(2] Suivant plusieurs lexicographes, ce poète fut quelque temps médecin du duc de Ferrare, Hercule d'Esté, troisième du nom.

Fallitur et fallit : sed non discriminis aqua Conditio : ilU miser moritur, causamque canendi Linigeris calvis prabet, calvisque cucullis : Hic aliuSf contra sceleris mercede recepta, Causatur Superos, ac fatis imputât ipsis Si quis ohitf latusque implet multo are crumenam. Heu mibi, pêne omnes casu, non arte medentur: Quippe aliquam quicunque ariem bene novit, agenda Aut nunquam, aut saîtem raro peccabit : at isti, De quitus est sermo, de centum vix erit unus Quem sanare queant, quem non fartasse trucident. Unde istud? nisi quod pars borum maxima nescit Quid faciatj quid sit prorsiis medicina : sed ipsi Dum tantum incomhunt Sophia, et dialectica discunt Vincla, quitus valeant indoctum nectere vulgus, Vix elementa artis medica et primordia litant. Sic îabyrentheis amtagitus ad sua tecta Instructi redeunt, atque entbymemata vitrant; Hinc tumidi incedunt, bine putlica pramia poscunt : Id saiis esse putant (nec decipiuntur) ad boc, ut Carnijices bominum sut bonesto nomine fiant, O misera Leges l qua talia crimina fertis :

O caci reges, qui rem non cernitis istami Vos quitus imperium est, qui mundifrana tenetis, Ne tantum tolerate nefas, banc tollite pestem, Consulite bumano generi, quod nocte dieque Horum carnificum culpa mittuntur ad arcum, Vel perfecte artem discant, vel non medeantur, Nam si alia peccant artes, toleratile certe est : Hac vera nisi sit perjecta est plena pericli. Et scpvit, tanquam occulta atque domestica pestis . Non multum est igitur tututn bis committere se se. Quorum doctrina est, pretiosa in veste videri, Gemmataque aura digitos ornare cynœdos.

G)iisultez donc, s'il le faut, rhomme de Tart, médecin (i) Ou chirurgien : la science du chirurgien est plus sûre. Ce qu'il fait est certain et se voit au grand jour,

(x) Traduction de M. A. Bonneau

Tandis que le médecin, qu'on appelle aussi physicien. Tout en regardant, le malheureux, les urines, et en

[tirant des pronostics.

En tâtant le pouls, en retournant les déjections, Se trompe et nous abuse, mais dans de bien inégales Conditions de danger : le pauvre malade meurt et

[donne un prétexte De psalmodier aux lévites chauves et aux chauves

[cagoules :

Lui, au contraire, palpant le salaire de son crime. Accuse les Dieux, s*en prend aux Destins mêmes Si l'homme est mort, et, joyeux, remplit sa bourse d*or. Hélas I pour moi, s'ils guérissent, c'est hasard, et non

[science. Tout autre métier, chacun l'apprend en l'exerçant Et ne se trompe que peu ou point, mais de ceux-là Dont il s'agit, à peine un sur cent N'assassinera pas celui qu'il croit guérir.

D'où vient cela, sinon de ce que la plupart ne savent Ce qu'ils font et ce qu'est la médecine? Pour eux. S'ils étudient la philosophie, la dialectique. Chaînes qui leur servent à lier l'ignorant vulgaire, A peine savent-ils les premiers éléments de l'art médical. Munis de tortueux arguments^ ils reviennent Dans leurs foyers et profèrent des enthymêmes. Ils marchent la tête haute, demandent de publiques

[récompenses Et pensent avoir assez fait (ils* ne se trompent point),

[si bien Q.ue sous un nom honnête ils deviennent les bour-

[reaux des humains.

O faibles Lois, qui tolérez de pareils attentats I O rois aveugles qui n'y voyez rien !

Vous qui tenez 1 empire et gouvernez le monde. Ne le supportez pas plus longtemps, délivrez-nous de

[ce fléau.

Ayez pitié du genre humain que, jour et nuit, L ignorance de ces bourreaux envoie au trépas. Qu ils apprennent à fond leur métier, ou ne soient plus

[médecins I

Si en d'autres professions on se trompe, c'est tolérable, Mais celle-là, si Ton n'y est parfait, est pleine de péril. Et ravage comme une occulte et domestique peste. Rien donc de moins sûr que de se confier à ces gens Dont la science consiste à se montrer en vêtements

[luxueux, Et à charger leurs doigts impurs de bagues ornées de

[pierreries.

♦ JEAN SECOND (Everaerts) (iSii-1536)

ÉPIGRAMME

Es stmul medicus, simul et chirurgns, Cur? Mittis siygium viros ad orcuin Et manu simul, simul et veneno.

Tu es médecin et chirurgien à la fois : pourquoi? Pour égorger les hommes et les empoisonner.

HADRIANUS JUNIUS (i) (i5i2-iS75)

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