RONSARD
Et tout le gaiac estrsuger, User d'onguens ou de racine, lioire bolus ou d'air changer, Quand cela ne peut allonger
■ieu, embrasse-moi l'argemeuse st
Dont le sage Hippocras eut tant d'expérience, Grand honneur de son île (i) : encor que son métier Soit venu d'Apollon, il s'est fait héritier Des biens et des honneurs, et à la poésie Sa sœur n'a rien laissé qu'une lyre moisie.
Ne sois donc paresseux d'apprendre ce que peut La nature en nos corps, tout cela qu'elle veut, Tout cela qu'elle fuit : par si gentille adresse (2), En secourant autrui, on gagne la richesse.
LES AMOURS, Liv. II, chap. XLVII.
Sonnet (5).
Ha ! que ie porte et de haine et d'envie Au médecin qui vient soir et matin, Sans nul propos, tastonner le tetin, Le sein, le ventre et les flancs de m'amie 1
Las ! il n'est pas si soigneux de sa vie Comme elle pense ; il est meschant et fin :
Cent fois le iour ne la vient voir qu'afin De voir son sein, qui d'aimer le convie.
Vous qui avez de sa fièvre le soin,
le vous supply de me chasser bien loin
Ce médecin amoureux de Marie
Qui fait semblant de la venir panser.
Que pleust à Dieu, pour l'en recompenser, Qu'il eust mon mal et qu'elle fust guariel
(x) Né à Cos, l'une des Sporades.
(2) Art.
(3) Imité de la lettre qu'Acontius écrit à Cydippé, dans Ovide :
Me miserum quod von medicorum jussa minisiro, etc.