‹ Le Mal qu'on a dit des médecinsChapitre 18 sur 116 · CM · texte numérisé non relu

CM

Médecin paiihrdant avec U tillt d'un roy.

Nous Usons aussi en Ctésîas d'un médecin qui présuma tant de soy que de faire sa pail-

larde de la fille d'un roy des Perses, sous couleur de la penser malade. Pareillement nous lisons de quelques uns qui ont commis adultère avec des princesses Romaines sous ce mesme prétexte. Et je laisse penser aux lecteurs combien de bons personnages en nostre temps sont faicts cocus par ce moyen.

C7n médecin prend far force la femme d'un cous farter de Florence, et le cousturier luy rend la pareille.

Il est vray qu'un cousturier de Florence sçeust "bien avoir sa revenche d'un médecin qui luy avoit joué ce mauvais tour. Car ayant trouvé au retour sa femme pleurant et se desconfortant de l'outrage qui luy avoit esté faict par ce médecin qu'il avoit envoyé vers elle pour donner quelque remède à sa maladie, ne fit semblant au médecin d'en avoir rien sçeu : mais environ huict jours après ayant espié l'heure qu'il estoit absent de sa maison, prit une fort belle pièce de drap, et l'apporta à la femme d'iceluy, luy faisant àcroire qu'il avoit charge de luy prendre la mesure d'une cotte, (que nous appelons aussi un corset, à Paris.) Elle donc s'estant retirée avec ce cousturier pour se desvestir, receut par luy le mesme outrage qui avoit esté faict par son mary à la femme d'iceluy.

Sur r avarice des médecins.

Mais pour etourner à l'avarice, qui est l'une

des Jeux vertus par lesquelles j'ay commencé ce propos, n'est-ce pas grand cas qu'en nostre temps se soyem trouvez des médecins si transportez d'avarice, qu'ils n'ont point eu honte de soliciter ceux qu'ils pensoyeat (quand ils se portoyent encores assez bien), combien qu'ils ne leur attouchassent d'aucun degré de parenté, de les faire héritiers? Voire n'est-ce pas encore plus grand cas, qu'ils ayent sçeu si bien engcoler quelques malades qu'ils ayent gangné cela

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