‹ Le Mal qu'on a dit des médecinsChapitre 4 sur 116 · LAZARILLE · texte numérisé non relu

LAZARILLE

Ce ne sont que des os, Et je crois que bientôt plus secs que vieux squelettes, On s'en pourra servir au lieu de castagnettes.

Plus loin, n'est-ce pas le vrai portrait du phtisique ?

J'ai souffert plus de maux qu'un damné n'en endure ; Et, sans exagérer, je vous puis dire aussi Qu'homme n'a plus que moi de peine et de souci. Vous en voyez l'effet de cette peine extrême, En ces yeux enfoncés, en ce visage blême ; En ce corps qui n'a plus presque .rien de vivant, Et qui n'est presque plus qu'un squelette mourant.

C'est en raison de sa maigreur extrême, qu'il s'était réservé, dans sa Psyché, le rôle de Zéphyre.

D'autres symptômes ne sont pas moins caractéristiques : la faiblesse de la voix, qu'il ménageait en gardant le silence dans le monde, et l'épuisement graduel de ses forces. C'est lui-même qui, par la bouche de Béralde, dit dans Le Malade imaginaire : Il ne leur (aux médecins) demandera point de secours... Il a ses raisons pour n'en point vouloir, et il soutient que cela n'est permis qu'aux gens vigoureux et robustes, et qui ont assez de forces de reste pour porter les remèdes avec la maladie ; mais que, pour lui, il n'a justement la force que pour porter son mal. »

Notons, en dernier lieu, sa complexion amoureuse, si fréquente chez les poitrinaires, et dont ses ennemis lui font un crime, en lui conseillant, dans l'intérêt de sa santé, de s'abstenir

D'abord de comédie et de comédienne.

Rappelons enfin que, sur les trois enfants que Molière eut d'Armande Béjart, deux moururent peu après leur naissance, et qu'il perdit sa mère de bonne heure ; il n'avait alors que dix ans.

Ces divers renseignements nous semblent tous confirmer notre diagnostic de phtisie pulmonaire.

A vous, cher Maître, la parole pour résoudre ce problème médical.

Votre respectueux élève,

D r WlTKOWSKI.

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