‹ Le Mal qu'on a dit des médecinsChapitre 66 sur 116 · Acte H, Seine VI · texte numérisé non relu

Acte H, Seine VI

Argau. — N'est-ce pas votre intention, monsieur, de le pousser à la cour, et d'y ménager pour lui une charge de Médecin?

M. Diafoirus. — A vous en parler franchement, notre métier auprès des grands ne m'a jamais paru agréable, et j'ai toujours trouvé qu'il valoït mieux pour nous autre public. Le public est commode :

répondre de vos actions à personne ; et, pourvu que l'on suive le courant des règles de l'art, on ne se met point en peine de tout ce qui peut arriver. Mais ce qu'il y a de fâcheux auprès des

grands, c'est que, quand ils viennent à être naïades, ils veulent absolument que leurs Médecins les guérissent.

Todjette. — Cela est plaisant! et ils sont

en impertinents de vouloir que vous autres

messieurs vous les guérissiez ! Vous n'Êtes point

auprès d'eux pour cela : vous n'y êtes que pour

recevoir vos pensions, et leur ordonner des

remèdes; c'est à eux & guérir s'ils peuvent.

M. Diafoirus. — Cela est vrai. On n'est

iligé qu'a traiter les gens daus les formes...

Sehu /S.

Argan. — Je vous prie,

M. Diafoirus, niant le panh d'Argan. — Allons, Thomas, prenez l'autre bras de monsieur, pour voir si vous saurez porter un bon jugement de son pouls. Quid dicis?

Thomas Diafoirus. — Dico que le pouls de

onsieur est le pouls d'un homme qui ne se porte point bien. Qu'il est durïuscule, pour ne pas dire dur.

M. Dlu-oirus. — Fort bien.

Thomas Diafoirus. — Repoussant.

M. Diafoirus. — Btnè.

Thomas Diafoirus. — Et même nn peu capricant.

M. Diafoirus. — Optitt.

Thomas Diafoirus. — Ce qui marque u intempérie dans le parenchyme spUnique, c'est-àdire la rate.

M. Diafoirus. — Fort bien.

Argan. — Non ; moDsieur Purgon dit que ^^ c'est mon foie qui est malade.

M. Diafoirus. — Eh ! oui : qui dit parai :

chyme dit l'un et l'autre, à cause de l'étroite ^^* sympathie qu'ils ont ensemble par le moyeu du -»^-f

vas brève, du pylore, et souvent des méats choli- - '

doqucs. Il vous ordonne, sans doute, de manger - ^ : force rôti?

Argan. — Non, rien que du bouilli.

M. Diafoikus. — Eh! oui; rôti, bouilli, « ' même chose. Il vous ordonne fort prudemment, *- ^ et vous ne pouvez être en de meilleures mains. — s

Argav. — Monsieur, combien est-ce qu'il S ■ faut mettre de grains de sel dans un œuf?

M. Diafoirus. — Six, huit, dix, par les nom -*

bres pairs, comme dans les médicaments par les* nombres impairs.

Argan. — Jusqu'au rev

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