‹ Le mal qu'on adit des medecinsChapitre 113 sur 219 · BRANTOME · texte numérisé non relu

BRANTOME

VAKILLASIANA

Brantôme, ayant la goutte, un médecin fut le trouver pour lui offrir le secret qu’il avoit de la guérir. Arrivé chez le malade, il demanda à lui parler ; un laquais alla avertir son maître qu’une .personne qui guerissoit de la goutte le demandoit. Brantôme vint au-devant de cet homme aussi vîte qu’il lui fut possible; et dit à son laquais, en présence de ce médecin, faites entrer le carrosse de monsieur dans la cour. Le médecin répondit qu’il n’en avoit point, duoi, lui répliqua Brantôme, vous guérissez de la goutte et vous n’avez pas de carrosse? Je ne suis pas des vôtres, et il le quitta brusquement, comme voulant dire que son remede ne devoit pas être bien merveilleux, puisque la goutte étant un mal si cruel, et en même temps si commun, il n’avoit pas eu encore l’esprit de gagner de quoi avoir un carrosse.

RODOMONTADES ESPAIGNOLLES

Un médecin dict bien mieux : lequel estant allé voir un evesque qui estoit malade, mais fort gros et gras, et l’ayant laissé, ainsy que

aucuns de ses amys, en sortant de sa chambre, luy eussent demandé comment il se portoit, il ne dict autre chose, sinon : Pliiguiese a Dios que f liesse lui mi macho! (i)

Un médecin espaignol ayant receu quelque desplaisir d’une dame veufve, chargea un jour un maquignon, devant elle, de luy trouver una mula que fitesse viuda (2). Le carretier (3) luy respondit : Como, ciierpo de tall Os hurlais de mi, sei'ior doctor? Nunca fue mula viuda (4). Le médecin luy répliqua ; Digo yo que tenga très coudiciones de una viuda; que sea gorda, andadora y comedora (5).

Page 1