‹ Le mal qu'on adit des medecinsChapitre 116 sur 219 · PERRON IA N A · texte numérisé non relu

PERRON IA N A

C’est trop qu’il y ait en medecine trois professeurs; car les professeurs du Roy sont pour ceux qui sont déjà avancez, et non pour les élémentaires, car c’est une pitié d’entendre aux salles du Roy enseigner les elemens, Cecy est aussi bien pour la medecine que pour les mathématiques et autres; il dit cela aux professeurs de medecine, qui l’étoient venus voir. Il seroit à souhaiter que tous les autres Universitez en medecine, comme Caen et Rlieims, excepté Montpelier, fussent abolies, car elles ne servent que d’asile à l’ignorance.

BHROALDE DE VERVILLE (1558-1612)

LE MOYEN DE PARVENIR (l) Médecine ap éritiv e de Rabelais.

Le cardinal du Bellay étant au lit malade d’une humeur hypocondriaque, fit assembler les • médecins, pour consulter un remede à son mal. Il fut avisé par la docte conférence des docteurs, qu’il falloir faire à monsieur une décoction aperitive, qui, réduite en sirop, seroit accomodee à son usage ordinaire. Rabelais, ayant recueilli cette resolution, sort, et laisse messieurs achever de caqueter pour mieux employer l’argent; et fait le dit sieur mettre au milieu de la cour un trepied sur un grand feu, un chaudron dessus plein d’eau, où il mit le plus de clefs qu’il put trouver, et, en pourpoint comme ménager, remuoit ces clefs avec un bâton, pour les faire prendre cuisson. Les docteurs descendus, voyant cet appareil, et s’en enquêtant, il leur dit :

« Messieurs, j’accomplis votre ordonnance, d’autant qu’il n’y a rien tant apéritif que des clefs; et, si vous n’en êtes contents, j’enverroi à l’Ar-

(i) Selon le bibliophile Jacob, cet ouvrage a été composé originairement par Rabelais, et Béroalde n’a fait que le coniléter et en rajeunir le style.

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senal quérir quelques pièces de canon ; ce sera pour faire la dernière ouverture, après l’exhibition de ces apozèmes. »

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