A UN MEDECIN IGNORANT
Oronte est bien malade, il t’a desobligé; Fauste, va le traiter, tu seras bien vangé.
EPIGRAMMES
Tel me dit que notre art est fort à desirer.
Tel me dit qu’il est fort à craindre.
Notre art en fait bien murmurer,
Notre art empeche aussi bien des gens de se plaindre.
Renault sembloit toujours avoir la mort au sein, J’avois compassion de voir sa triste mine;
Et le voila qui boit, qui rit, et qui chemine; Par quel médicament est-il devenu sain?
Gillot, sa seule medecine,
Fut de quitter son médecin.
Votre predeuse personne A quatre médecins aujourd’hui s’abandonne,
Et suit aveuglement leur sentiment vénal ; Gillet, mon amitié veut que je vous le die. Quatre médecins sont un mal Plus grand que votre maladie.
CHARLES COYPEAU, sieur d’Assoucy (1605-1679)
aventures burlesques C/ia/>. XIII.
... Aussi la voyant tombée malade, autant par la trop grande application qu’elle avoit aux affaires de son Estât que pour le peu d’exercice qu’elle faisoit, et connoissant que l’abondance qui feroit vivre les pauvres est celle qui tuë les riches, et à combien de périls la vie des Grands est exposee quand elle est attaquée par l’ignorance des Médecins, j’en composay une Piece, non contre la Medecine, mais contre l’ignorance des Médecins.
RENSÉES
... On dit que l’Astrologue et la Medecine portent en eux les monstrueuses semences de cette pitoyable erreur (i). Il en pourroit bien estre
( I ) L’athéisme.
quelque chose, parce que la pluspart de ceux qui en font profession donnent beaucoup à la Nature.
... Chacun nous parle de l’enfance du Monde; et si nous devons juger du passé par le présent’ en croire nos Philosophes et nos Médecins, nous ne douterons point de son enfance par sa caducité; parce que, si les histoires ne nous mentent, nous^ ne voyons point que cette mere Nature, qui dans les premiers siècles composoit des hommes si grands, si forts, et d’un si robuste temperamment, employé aujourd’huv si bien cette niatiere, puisqu’auprés de ces gens" du temps passé, nous ne voyons quasi aujourd’hui que des Pygmees. Les Médecins disent la mesme chose; et quand ils ont tué un malade par les réglés de Galien et d’Hippocrate, ils s’excusent de cette caducité du monde, et accusent la débilité de la Nature, qui, dans les' simples et les minéraux, n’inspire plus aujourd’huy la mesme vigueur qu’on y remarquoit du temps de leurs Maistres.
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SCARRON (1610-1660) (i)
LES H\POCRITES. — Nouvelles.
Fay-toy porter à l’hospital, et puisque tu t’es
(1) Scarron n’ét.'iit pas cul-de-jatte, comme on le répète generalement après lui-même :
Je suis un cul-de-jatte, à qui membres tortiis ront grand mal à toute heure.
Il était atteint de rliumatisme chronique généralisé, avec
touiours bien trouvé des conseils que ie t’ay donnez, ne mesprise pas le dernier que ie te donne. C’est, mon pauvre Montafar, de ne faire point venir de Médecin, qui ne manquera pas de te defendre le vin, ne sçachant pas que cela seul sans la fievre, est capable de te faire mourir en vingt-quatre heures.
l’adultere innocent ... Elle appella ceux de ses domestiques qui avoient soin de Dom Garcias, et sortit de sa chambre dans le temps que ses chirurgiens y entrèrent. La satisfaction de l’esprit est le souverain remede du corps malade. Dom Garcias espera des paroles d’Eugenie un si heureux succez pour son amour, que son ame, de chagrine qu’elle avoit esté, comme celle d’un amant sans esperance, s’abandonna à la ioye, et cette ioye servit plus à le guérir que tous les remedes de la chirurgie.