APOPHTEGMES DES LACÉDÉMONIENS
IL Apoph. d’Agésilas. — Le médecin luy avoit ordonné en quelque sienne maladie une manière de médecine pour recouvrer sa santé, qui n’estoit point simple ne facile, mais fort laborieuse et difficile : « Par les dieux jumeaux, dit-il, si ma destinée ne porte que je vive, je ne vivray pas quand je prendray toutes les médecines du monde. »
Le médecin Ménécrates avoit esté heureux en la cure de quelques maladies désespérées, au moyen dequoy, quelques-uns l’avoient surnommé Jupiter : et lui, par trop arrogamment, usurpoit ce surnom-là, de sorte qu’il eut bien la présumption de mettre en la superscription d’une lettre qu’il luy escrivoit, « Ménécrates le Jupiter au roy Agésilaus (2), salut. » Agésilaus luy rescrivit, « Agésilaus à Ménécrates, santé », voulant dire, qu’il estoit malade du cerveau.
(1) Traduction d’Arayot.
(2) Athénée dit que la lettre était écrite à Philippe. Voir page 20.
XX. Apûph. d'Archidame. — Periaiider estoit un médecin suffisant en son art, et bien estimé entre les plus excellents, mais qui escrivoit de mauvais vers : il luy dit un jour, « Je mesbahis de toi, Periander, comment tu aimes mieux estre appellé mauvais poëte, que bon médeân. » LIX Apoph. de Paiisanias. — Un médecin le regardoit et consideroit, et après lavoir bien regardé, luy dit : « Tu n’as point de mal. » — « C’est, dit-il, pource que je n’use point de toy. » Ses amis le reprenoient de ce qu’il disoit mal d’un médecin, duquel il n avolt jamais faict preuve aucune et n’en avoit jamais receu desplaisir ; « Si j'en avois fait preuve, dit-il, je ne serois pas ores vivant (i). Et comme le rrtédecin lui dist ; « Tu es devenu vieil ». — « Oui, dit-il, pour ce que je ne me suis pas servy de toy pour médecin. » Il souloit aussi dire, « que le meilleur
(i) Ou retrouve la même saillie dans ce dialogue: