DOCTEUR
Pourquoi traiter, comme vous faites,
D’empoisonneurs et d’assassins L’élite de nos médecins.
Vous qui n’avez jamais usé de leurs recettes?
PAUSAXIAS.
Si j’en avais use, je n’en parlerais pas.
Car rien ne rend muet à l’égal du trépas.
« Quelqu’un, dit Dernier dans ses Essais de médecine, s imagina avoir fait une belle réponse à un grand seigneur, aux cbaritez duquel on recommandoit un médecin de nôtre tems tombé dans la misère : car comme ce seigneur demandoit si ce pauvre médecin ne voyoit pas encore des malades? ce quelqu’un lui dit
médecin estoit celuy qui ne laissoit point pourrir ses patiens, ains les mettoit bien tost en terre. »
apophtegmes des romains
L. Apoph. de Manius Ciirins. — Fabricius ayant esté créé consul, le médecin (i) de Pyrrhus luy escrivit une lettre, en laquelle il luy promettoit de faire mourir son maistre par poison, s’il vouloir, Fabricius envoya incontinent la lettre mesme à Pyrrhus, luy mandant qu’il recogneust par là qu’il avoit mauvais jugement à discerner quels il devoir choisir pour ses amis, et quels pour ses ennemis. Pyrrhus ayant ainsi descouvert et avéré l’embusche que l’on dressoir à sa vie, feit pendre son médecin, et renvoya les prisonniers romains à Fabricius sans leur faire payer rençon.