Scène VIII
Sganarelle. — Je vous donne le bon jour.
Géronte. — Attendez un peu, s’il vous plaît.
Sganarelle. — Que voulez-vous faire ?
Géronte. — Vous donner de l’argent, monsieur.
Sganarelle, tendant sa main par derrière, tandis que Géronte otivre sa bourse. — Je n’en prendroi pas, monsieur.
Géronte. — Monsieur...
Sganarelle. — Point du tout.
Géronte. — Un petit moment.
Sganarelle. — En aucune façon.
Géronte. — De grâce !
(i) Critique des médecins qui, alors, abusaient de la sai gnée et de la purgation ; ils s’en servaient non seulement pour le présent, mais aussi pour la maladie a venir. C est ainsi que Bouvard infligea à Louis XIII, en une seule année, deux cent quinze médecines, deux cent douze lavements et quarante-sept saignées, sans compter les drogues à l’usage interne.
Sganarelle. — Vous vous moquez.
Geronte. — Voilà qui est fait.
Sganarelle. — Je n’en feroi rien.
Géronte. — Hé !
Sganarelle. — Ce n’est fait agir.
pas l’argent qui me
Géronte. — Je le crois.
Sganarelle, après avoir pris Vargent. — Cela est-il de poids ?
Géronte. — Oui, monsieur.
Sganarelle. — Je ne suis pas un Médecin mercenaire.
Géronte. — Je le sais bien.
Sganarelle. L’intérêt ne me gouverne point.
Géronte. — Je n ai pas cette pensée.
Sganarelle, seul, regardant l’argent qu’il a reçu
-Ma foi, cela ne va pas mal (I)...