‹ Le mal qu'on adit des medecinsChapitre 186 sur 219 · STANCES SUR SA MORT · texte numérisé non relu

STANCES SUR SA MORT

Dans le même temps que mourut Ce grand, cet illustre Molière,

On dit que la Parque voulut Lui donner un Apoticaire.

Un Médecin mourut aussi.

D’une science assez profonde :

Un Procureur en fit ainsi.

Allant plaider dans l’autre monde.

Voilà de bonnes gens ensemble.

Un Procureur, un Médecin,

Un Apoticaire; et me semble Que Molière est le passe-fin.

Le Médecin voyant Molière,

Lui dit d’un ton de goguenard :

Hé bien, Malade imaginaire,

Vous voilà pris comme un renard.

Survint aussi l’ Apoticaire,

Qui lui dit, mais d’un ton plus doux : Si vous aviez pris un clystère.

Vous ne seriez point avec nous.

Le Procureur prit la parole,

Et lui dit, parlant de tous deux Ils ont joué si bien leur rôle, Qja’ils m’ont fait venir avec eux.

Molière alors prenant parti.

Dit au Procureur : Je vous prie.

Faisons enrager ces gens-ci,

Et je feroi votre partie.

De peur d’oublier son métier.

Le Procureur dit à Molière :

Ne leur donnez point de quartier.

Et j’auroi soin de votre affaire.

Molière avec son Procureur Ayant commencé cette guerre.

Le Médecin, l’Apoticaire Se sont enfuis tous deux de peur.

Par tout se rendent eflroyables Et Molière et le Procureur, Puisque même parmi les diables Ils jettent d’horribles terreurs.

ÉPIGKAMME

Quoi! c’est donc le pauvre Molièr Qu’on porte dans le cimetière.

S’écrièrent quelques voisins 1 Non, dit certain Apoticaire,

C’est le malade imaginaire Qui veut railler les Médecins.

LES MÉDECINS VENGÉS ou

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