‹ Le mal qu'on adit des medecinsChapitre 43 sur 219 · COMMENT LE MÉDECIN ASCLÉPIADE DISCRÉDITA LA MÉDECINE ANCIENNE · texte numérisé non relu

COMMENT LE MÉDECIN ASCLÉPIADE DISCRÉDITA LA MÉDECINE ANCIENNE

Liv. XXVI, C. 111.

Cependant, l’ancienne méthode se maintenait dans toute sa vigueur, et elle avait en sa faveur de grands témoignages à revendiquer, lorsque, du temps du grand Pompée, le rhéteur Asclépiade, qui ne tirait pas de l’art de l’éloquence assez de profit à son gré, mais que la sagacité de son esprit rendait propre à toute autre chose qu’aux déclamations du barreau, se tourna tout à coup à la médecine. Le seul parti qu’il y eût pour un homme qui ne l’avait pas pratiquée, et à qui surtout il manquait la connaissance des

remèdes, qu’on ne peut se procurer que par les yeux et l’usage, il le prit ; ce fut de renoncer à toutes les méthodes reçues (i); de discourir beaucoup pour flatter les malades, et de ne parler jamais sans préparation; de rappeler toute la médecine à la recherche des causes de chaque maladie, et de la rendre toute conjecturale. Sa méthode roulait principalement sur cinq moyens de curation généraux, qu’il nommait aies secours communs». Ces moyens étaient l’abstinence des aliments et quelquefois celle du vin, les fréquentes frictions du corps, et l’exercice soit à pied, soit en litière. Or, comme évidemment chacun pouvait se procurer soi-même ces sortes de secours (2), tout le monde s’intéressant

(1) « Asclépiade, dit Galien, n’a laissé passer aucun dogme des anciens sans y trouver quelque chose à redire ; il n’a épargné aucun des médecins qui l’avaient précédé, pas même Hippocrate, et il a été assez hardi pour appeler la médecine des anciens une méditation sur la mort. » Sans doute parce qu’ils faisaient surtout de la médecine expectante .

Il n’avait pas plus de ménagement pour ses confrères contemporains : « Lors, dit Ccelius Aurelianus, qu’on appelait Asclépiade pour voir un malade qui avait eu un autre médecin, il affectait de rejeter tous les remèdes que ce confrère avait proposés et d’approuver tous ceux dont il n’avait pas parlé, comme si les remèdes qui auraient été nuisibles, étant administrés par un autre, devenaient utiles quand lui-même les avait ordonnés. »

(a) Se souvenant de l’exemple d’Archagatus, qui s’était attiré l’inimitié des Romains par l’usage trop fréquent du fer et du feu dans sa pratique chirurgicale, il se fit bien venir de

au succès de remèdes si faciles et si simples, il tourna sur lui les yeux de presque tout le genre humain, et se fit regarder comme un homme envoyé du ciel.

IRONIE SUR LA MORT D’ASCLÉPIADE Liv. VIT, c. XXXVII.

Le médecin Asclépiade, de Pruse, parvint au comble de la renommée par une nouvelle secte qu’il forma; par le mépris qu’il fit des ambassades et des promesses du roi Mithridate; par un moyen qu’il trouva de guérir ses malades avec l’usage du vin; par la vie qu’il sauva à un homme que l’on conduisait à la sépulture, et sur- ' tout par les engagements qu’il avait pris avec la fortune, en consentant à être déshonoré dans sa profession, si jamais il éprouvait la moindre maladie. Ses engagements furent remplis; il mourut, dans une extrême vieillesse,... d’une chute qu’il fit dans un escalier.

ses contemporains en inaugurant une pratique tout opposée ; il supprima, par exemple, les vomitifs et les purgatifs comme étant nuisibles à l’estomac. Il disait que le devoir d’un médecin est de guérir d’une manière prompte, sûre et agréable (tulà, celeriter et jucundè). « Les nôtres, dit Guy Patin en rapportant ces paroles, vous envoient en l’autre monde sûrement et promptement. Quelle différence entre les médecins ! »

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