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Si la Maçonnerie a réellement l'influence et la puissance qu'on lui suppose dans le monde actuel.
Après avoir affirmé l'existence de la Maçonnerie contre ceux qui, sous un prétexte quelconque, s'efforcent de faire passer pour un mythe fantastique cette ténébreuse conspiration contre Dieu, le Pape en vient à formuler sur le même sujet deux autres affirmations très importantes : premièrement, sa formidable influence sociale actuelle; secondement, le caractère pernicieux et absolument antichrétien de cette influence sociale.
Ce sont là deux vérités que s'obstinent a obscurcir et à voiler les partisans de la secte infernale, maintenant qu'il ne leur est plus possible de nier son existence matérielle.
«Dans l'espace d'un siècle et demi, dit le Pape, la secte maçonnique a fait d'incroyables progrès. Employant en môme temps l'audace et la ruse, elle a envahi tous les degrés de la hiérarchie sociale, et elle commence à jouir, au sein des États modernes, d'un pouvoir qui équivaut presque à la souveraineté. De cette rapide et formidable extension, il est résulté nécessairement pour l'Église,
pour l'autorité des princes et le salut public, des maux que nos prédécesseurs ont prévus longtemps à l'avance. Aussitôt, on s'est trouvé en présence de très graves motifs de crainte pour l'avenir, non point assurément pour l'Église, dont les fondements sont à l'abri de toutes les attaques des hommes* mais pour les États au sein desquels ont acquis une influence considérable et cette secte des Francs-Maçons et les autres associations semblables qui concourent à son œuvre de destruction ou lui servent de satellites » .
Nous avons traduit ici ce paragraphe dans son intégrité, parce que, dans son austère laconisme, il compte parmi les plus graves de ce document si important. Nous savons officiellement par lui que la Franc-Maçonnerie n'est pas une association quelconque, une ligue de malfaiteurs vulgaires, un repaire de gens sans aveu, comme on dit communément, mais une association qui a envahi tous les degrés de la hiérarchie sociale. Assurément, nous le savions déjà; mais aujourd'hui, nous sommes avertis officiellement. Ainsi tous les degrés de la hiérarchie sociale sont infectés de cette lèpre : non pas précisément tels ou tels milieux sociaux, dans lesquels on trouve plus ordinairement, en apparence du moins, une disposition plus grande à toute espèce de forfaits ; non pas les groupes les plus avancés de la déma-
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gogie moderne, ceux qui forment son avant-garde et ses éclaireurs; ceux qui, sans déguisement aucun, annoncent leur horrible désir de bannir de la terre le nom de Dieu, et d'abolir sous les coups de leur haine égalitaire toute distinction hiérarchique, toute idée d'autorité. Non : la Maçonnerie, et bien plus encore le Maçonnisme, est une maladie, un certain phylloxéra, qui a atteint tous les degrés de la hiérarchie sociale, comme le dit textuellement le Souverain Pontife; et cela, non point à la façon d'une affection sans gravité, d'un mal chronique peu dangereux, mais comme un mal qui com . mence à prendre, au sein des Etats modernes, une influence tellement prépondérante, qu'elle équivaut en quelque sorte, selon la parole formelle du Vicaire de Jésus-Christ, à une vraie souveraineté. Juste ciel ! et nous qui, si souvent, nous sommes vus couverts de confusion, presque excommuniés, lorsque, avec des réserves plus ou moins expresses, nous nous risquions jusqu'à exprimer cette même pensée, qui a déchaîné contre nous tous les efforts combinés de la société actuelle ! nous, exagérés et fanatiques, qui avons toujours cru qu'à tous les points de vue, c'étaient la Maçonnerie pure, l'hétérodoxie pure, l'hérésie formelle contre Dieu, son Christ, son Église et ses fils les plus dévoués, qui étaient les principaux éléments constitutifs de cette organisation mo-
derne, qui attire vers la terre et est patronnée ouvertement et sciemment par tous les enfants de Bélial, pour faire la guerre à Jésus-Christ Notre- Seigneur! Il est vrai que nous nous sommes inclinés respectueusement devant la suprême affirmation du Vicaire de Jésus-Christ, qui nous assure que cette peste a déjà infecté toutes les sphères de l'ordre social existant. Gravons ces enseignements dans notre mémoire, et ne permettons pas qu'ils en sortent jamais. Sachons dans quel milieu nous vivons, avec qui nous marchons ; pensons aux ennemis contre lesquels nous avons à combattre à toute heure. Nous sommes aux prises avec une contagion qui a envahi toutes les sphères de l'ordre social, avec un ennemi qui nous coudoie partout, avec une atmosphère qui nous pénètre, nous attaque, et répand partout le poison. Elle nous combat ouvertement sur la place publique, et même dans les emplois officiels, où son pouvoir va sur le pied de la souveraineté. Elle se cache astucieusement et pénètre jusqu'à notre foyer domestique, si nous ne veillons pas avec un zèle constant et actif; elle nous épie encore, à la mode de l'aspic caché sous les fleurs, jusque dans les œuvres de piété; elle conspire contre nous au moyen de mille pièges très habilement tendus, et que ceux-là seuls peuvent prévoir et éviter, qui sont saintement intransigeants.
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Ces paroles sont solennelles et renferment un grand principe de conduite, une importante règle pratique pour la vie du catholique de notre époque. Elles érigent comme principale règle de prudence,dans notre mode actuel de vie et de combat, principalement à l'endroit des pouvoirs publics, ce que nous nous permettrons d'appeler un critère de défiance. Oui, nous nous décidons à écrire ce mot sans hésiter, non point à la légère, mais après mûre réflexion. Aux vertus fondamentales qu'en tout temps le vaillant champion de la vérité a dû considérer comme propres à sa condition, il faut ajouter aujourd'hui celle-ci, qui est la caractéristique de l'époque : une sage et prudente défiance de tout ce qui l'entoure. Cela est évident, puisque tout ce qui l'entoure est infecté, a subi la contagion, l'atteinte de ce virus maçonnique qui a empoisonné tous les degrés ou sphères de l'ordre social.
Il y a quelque temps, ce conseil franc et loyal eût été taxé de manque de charité par quelques malheureux qui ignorent peut-être que ce même mot « charité » est celui que nous avons l'habitude de regarder depuis quelques années comme celui qui doit le plus inspirer de défiance. On ne le dira plus à l'heure actuelle, parce que ce critère de défiance et de pessimisme que nous proclamons ici, n'est pas fondé sur notre appré-
dation, mais sur la parole formelle du Pape ; d'autant plus que cette même secte diabolique n'a pas trouvé de masque plus convenable pour se cacher, que celui de la sainte pratique de la charité, affectant de ne se foire passer pour rien moins qu'une pure association de bientaisance.
Mais ne dit-on pas par ici, parmi ceux qui peuvent être bien renseignés, que la Maçonnerie est une pure association de bienfaisance '.
Naturellement: ce que désire par -dessus tout la secte maçonnique, là où elle peut l'obtenir, c'est, comme nous l'avons dit, qu'on nie ou qu'on mette en doute son existence. En cela, elle agit conformément à ses instincts de secte secrète. Là, au contraire, où elle désespère dy réussir, elle se contente de n'être pas connue, au moins telle qu'elle est en réalité.
Dans ce but, ce qu'elle cherche avant tout, c'est un masque commode et sympathique dont elle s'enveloppe ; et il n'en est pas qui se prête mieux à ce jeu que celui de la charité. Masque commode, avons-nous dit, car il n'y a rien de
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plus facile pour une association que de se donner le nom et les apparences d'une association de chanté : nous allons le voir à l'instant. Masque sympathique, avons-nous ajouté, comme sont toujours sympathiques la générosité et la libéralité, quels qu'en soient le principe et la source, comme nous allons le voir également. D'où il résulte que le but de la Maçonnerie est de se montrer bienfaisante et philanthropique. Elle obtient par là deux résultats : premièrement, elle cache aux simples son véritable caractère ; secondement, elle attire à elle, à la faveur de cet aspect extérieur de bonne oeuvre, ceux qui ne regardent pas le fond des choses et qui ne considèrent que leur côté extérieur et apparent. Le Pape, dans son encyclique, fait pareillement justice de cette ruse satanique. En conséquence, la Maçonnerie est-elle, oui ou non, une association de bienfaisance ?
Oui et non : nous allons donner l'explication de cette réponse singulière, et en apparence contradictoire.
Oui, d'une certaine façon, la Maçonnerie est une association de bienfaisance, puisque, pour recruter des adeptes en grand nombre et pour les conserver unis au moyen d'une certaine solidarité, à travers les différences de nationalité et de race, elle n'a pas trouvé de meilleur moyen
qu'une protection mutuelle universelle, en vertu de laquelle un affilié, en quelque endroit qu'il se trouve, est assisté par ses coassociés dans ses besoins, dans ses relations, dans l'obtention d'un emploi, etc. Ainsi, dans diverses circonstances et dans certaines branches d'administrations ou de services publics, le titre de Maçon est la meilleure des recommandations pour arriver à être avantageusement placé. On a cité récemment le cas d'un jeune homme très rangé, qui aspirait à un certain emploi, auquel il pouvait prétendre à bon droit. Celui à qui il manifestait son désir, lui répondit simplement : « Il vous suffit, mon cher ami, de passer chez M. X..., et de donner votre nom à la Loge ». Le jeune homme, qui était un fervent catholique, déclara qu'il ne recourrait pas à un moyen que réprouvait sa conscience. « Allez donc ! ne faites pas l'enfant, répliqua l'impertinent interlocuteur : vous trouverez inscrits sur les registres de la Loge une longue liste de personnages qui sont aussi catholiques que vous, et qui n'ont pas été arrêtés par un tel scrupule. Aujourd'hui, on ne parvient guère à la fortune que par ce chemin. » En effet, il doit en être ainsi dans la plupart des cas, sauf quelques rares et très honorables exceptions. Et Ton comprend aisément qu'il ne peut guère en être autrement. L'État moderne est constitué d'une façon essen-
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tiellement maçonnique, ses principaux représentants sont Maçons, et aujourd'hui la chose publique est organisée et établie de telle sorte que presque tout y dépend de l'influence de l'Etat, qui est le plus haut degré d'absolutisme qui se puisse imaginer : il en résulte comme conséquence rigoureuse que tout ou à peu près tout est subordonné aujourd'hui, dans les carrières publiques, à l'influence directe ou indirecte de la Maçonnerie. Et la Maçonnerie serait bien insensée, si elle ne faisait pas tourner à son avantage cette puissance colossale dont elle jouit dans les États modernes. Or la Maçonnerie est scélérate, mais elle ne manque pas d'habileté: de même que Lucifer, son inspirateur occulte, n'est pas insensé, mais au contraire extrêmement habile, tout pervers qu'il est.
De là vient que, dans la distribution des emplois et des charges ou fonctions publiques, on voit souvent la main puissante de la Maçonnerie élever qui elle veut, et arrêter pareillement à son gré tel ou tel avancement. C'est ce qui explique pleinement le phénomène de certaines élévations et de certaines disgrâces. Dans les grades de l'armée, la Maçonnerie aide le mérite personnel ; elle peut aussi le suppléer, si elle le désire. Dans les concours littéraires et dans la confection des listes de ces concours, il n'est pas invraisemblable
qu'elle fasse plus ou moins incliner la balance et fléchir la conscience. Dans le commerce et la navigation, elle ménage les relations qui sont d'une importance capitale pour le succès. Dans les guerres, elle ouvre les places, elle facilite la communication des plans et les confidences, et parfois, employer d'autres projectiles que l'or, elle remporte des victoires étonnantes. Dans les lettres, elle procure à Timproviste un succès fabuleux à des drames, à des romans, à des ouvrages scientifiques qui, sans elle, seraient restés dans l'obscurité, comme elle étouffe sous la criminelle conspiration du silence l'œuvre du plus sublime génie, qui ne consent pas à accepter l'odieuse estampille de la secte.
A la faveur des immenccs ressources qu'offrent aujourd'hui le journalisme et l'association, la Maçonnerie peut arriver, sur certains points donnés, à monopoliser de telle façon les fonctions sociales et l'opinion publique elle-même, qu'elle arrive à mettre quiconque ne se soumet pas à sa domination, dans l'impossibilité de se faire une place quelconque dans la vie sociale. C'est ainsi que l'on voit s'accomplir à la lettre ce quel'Apocalypse a prophétisé du règne de cette bête symbolique qui désigne, d'après tous les interprètes, le pouvoir antichrétien des derniers temps. « Elle obtiendra, est-il dit, que personne ne puisse
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acheter ou vendre, sinon celui qui porte sur son front la marque ou le sceau de la bête ou le chiffre de son nom ». C'est à la réalisation de ce but que, dans la vie moderne, tend sans cesse la Maçonnerie ; et qui doute qu'elle ne l'ait déjà réalisé en grande partie ?
Ainsi, dans un but d'union ou d'association d'intérêts individuels, convergeant tous vers l'intérêt général de la secte, elle se convertit en société de secours mutuels pour ses affiliés. Et en même temps que ce piège l'aide à gagner et à conserver ces affiliés, il lui sert aussi à couvrir d'un manteau d'honneur la contrebande de sa propagande. C'est là que se trouve la raison de notre demande, ou mieux de notre réponse affirmative et négative. La Maçonnerie est une association pernicieusement bienfaisante, en tant qu'elle travaille, à l'aide du secours que se prêtent mutuellement ses membres, à s'étendre et à exercer sa désastreuse influence sur la machine sociale, dont elle est aujourd'hui le ressort le plus puissant. Elle n'est pas une association de bienfaisance, si on entend par là, comme on doit le faire, une association consacrée à l'exercice de la charité, pour des fins purement et proprement charitables, tant en faveur du corps qu'en faveur de l'âme de celui qui en est l'objet, et sans limiter son assistance au cercle de ceux qui sont déjà affiliés ou que l'on veut gagner à l'association.
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Confirmation, à l'aide d'une observation fort bien appropriée à la circonstance, de ce qui a été dit dans le paragraphe précédent.
Que la Maçonnerie ne soit pas une association de bienfaisance et de chanté, comme l'affirment ses affiliés et ses patrons, c'est un point dont on acquiert la démonstration et la conviction à l'aide d'un seul argument, devant lequel tous les autres deviennent inutiles, et auquel il est impossible de faire une réponse satisfaisante et raisonnable.
Voici cet argument :
La Maçonnerie jouit, pour nos péchés, d'une prépondérance et d'une influence considérables dans le inonde moderne officiel et extra-officiel. En beaucoup de points, le Pape l'a dit, son pouvoir occulte équivaut en quelque sorte à la souveraineté. Nous exprimerons la même pensée en termes moins voilés. Très fréquemment, la Maçonnerie en est venue à se substituer complètement à l'antique influence sociale dont jouissait le catholicisme dans des temps meilleurs. Oui, il en est ainsi ; et que les Maçons ne se vantent point d'un pareil triomphe. Dans un grand nombre de
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sphères de notre société, le maçonnisme possède pleinement aujourd'hui toute l'influence et toute l'action dont jouissait, à d'autres époques, l'Église catholique.
Mais c'est ici que nous entrons en plein dans notre argumentation.
Lorsque, aux siècles de sa prépondérance sociale, l'influence catholique dominait le monde, elle laissait partout des monuments insignes de son esprit véritablement humanitaire et charitable. Que nos adversaires ne viennent point ici nous jeter à la face leurs banales accusations de ténèbres et d'obscurantisme. Cela est écrit dans l'histoire, et toute leur rhétorique sera impuissante à l'en effacer. Lorsque l'Eglise exerçait dans le monde sa prépondérance pour le bien de ce même monde, il n'y avait pas un besoin auquel elle ne s'intéressât, une larme qu'elle n'essuyât, une amertume qu'elle n'adoucit, une souffrance physique ou morale sur laquelle elle n'étendit sa main maternelle. Les grandioses aqueducs, les confortables stations thermales, les vastes cirques, les superbes arcs de triomphe, inventés par le paganisme, peuvent être plus splendides, encore qu'ils soient fréquemment arrosés de sang ; les hôpitaux, les orphelinats, les asiles de pèlerinage, les instituts pour le rachat des captifs, n'ont été fondés, soutenus et desservis que par le catholicisme et dans le catholicisme.
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Il n'y a pas un coin de terre où le christianisme ait dominé, sans que l'on y voie des preuves claires et irréfutables de cette vérité. Les mille associations qu'il a inspirées dans ce bat, les ordres religieux qu'il a établis à cette fin, les grâces spirituelles au moyen desquelles il a vivifié et encouragé tout cela, les héros de bienfaisance publique qu'il a canonisés : tout cela est connu et remplit nos glorieuses annales. Aujourd'hui même, pauvre, méprisée, persécutée, dépouillée dans le monde entier, la sainte Église de Dieu trouve dans le fond inépuisable de son immense charité mille ressources et moyens pour secourir et consoler le genre humain. Ses institutions anciennes se maintiennent dans toute leur vigueur ; chaque jour en voit éclore de nouvelles sous l'action de la foi généreuse qui vit en elle. Il n'y a pas encore un demi-siècle qu'elle a fondé les Petites Sœurs des Pauvres ; et ces anges terrestres ont déjà ouvert des asiles de vieillards dans le monde entier. Il y a moins de temps encore, un homme de Dieu, dom Bosco, fondait ses Ateliers Salésiens, où déjà plus de cent mille jeunes ouvriers sont occupés et arrachés ainsi à la propagande socialiste par le zèle de l'infatigable fondateur. On annonçait, il y a quelques jours, la fondation à Grenoble des « Petites Sœurs de l'Ouvrier, qui ouvriront incessamment leurs maisons au milieu de la fumée du
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charbon de terre de nos usines, pour les désinfecter de cette autre fumée infernale qui asphyxie si souvent l'âme du pauvre travailleur. Voilà les merveilles qu'a enfantées, qu'enfante et que produira encore, en faveur de ses ennemis et de ses persécuteurs, cette Église de Dieu, vilipendée, appauvrie et attaquée de toutes parts !
Que fait, de son côté, en faveur des pauvres et des délaissés, la Franc-Maçonnerie toute-puissante et triomphante ? Où sont les œuvres qu'elle a fondées, les institutions qu'elle a créées, les Frères et les Sœurs qu'elle a envoyés à la mort aux jours lugubres des épidémies, les délaissés qu'elle entretient, les enfants qu'elle recueille,, les femmes perdues qu'elle réhabilite, les vieillards qu'elle console, les infirmes qu'elle assiste, les morts qu'elle ensevelit ? Où sont ses vastes hospices, ses spacieux asiles, ses orphelinats et ses léproseries, ses écoles d'arts et métiers, ses refuges? En vain les cherchons-nous dans les statistiques contemporaines : les cadres officiels dressés par les gouvernements n'en font mention nulle part.
La Maçonnerie n'a-t-elle donc rien fait? Oh! si : elle a fait, ou mieux défait, beaucoup de choses. Elle s'est employée avec une fureur extrême, pendant des années et des années, à démolir toutes nos institutions, à détruire toutes nos œu-
vres. Au moyen des lois de désamortisation, qui sont ses lois, elle a ravi à l'Église tout ce que la piété des fidèles avait accumulé dans ses mains en faveur des pauvres. Au moyen des lois hostiles aux congrégations, qui sont aussi ses lois, elle a éloigné, en France, du lit du moribond la sœur de charité elle-même. Au moyen de mille autres ruses et procédés, qui sont également son oeuvre, elle a réussi à paralyser partout notre action, à diminuer notre influence, à éloigner le pauvre du prêtre, à l'arracher, au moyen des solidaires, qui sont pareillement une de ses inventions, aux mains de la miséricorde divine à l'heure suprême de la mort, et à le priver des honneurs de la sépulture chrétienne après son décès ! ! 1
Ah ! oui, c'est à ce point qu'elle est bienfaisante, philanthropique et humanitaire, la Maçonnerie ! Demandons-le aux luxueux monuments qu'elle a élevés sur l'emplacement des antiques monastères, pour le plaisir de ses seigneurs d'emprunt; demandons-le à ce superbe carrosse traîné par des coursiers vigoureux, et sur lequel étale sa respectable personne ce Maçon philantrope qui s'est enrichi avec les biens des établissements de bienfaisance; demandons-le à ces démagogues convertis en opulents propriétaires, avec les biens des hôpitaux vendus aux enchères. Qu'on mette
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encore en doute, après cela, la question de savoir si la Maçonnerie est, oui ou non, une association de bienfaisance, qui a su si bien tirer pron>, pour elle-même et pour ses adeptes, des biens des pauvres et de l'Église !
De la Maçonnerie considérée au point de vue doctrinal, ou du Maçonnisme, principal objet de cet opuscule.
Après les courts articles consacrés à donner une faible idée de la secte maçonnique au point de vue matériel, le moment nous semble venu d'en parler au point de vue doctrinal ou formel, qui est le véritable objet du travail actuel, dont ce qui précède n'est que le prélimaire ou le prologue. 11 est évident, en effet, comme nous l'avons dit au début, que, pour nous et pour tout catholique qui voit clairement les choses, comme les voit le Pape, ce qui constitue la véritable gravité de ce sujet, ce n'est pas le groupement d'un nombre plus ou moins considérable d'hommes, armés de tabliers, d'écharpes et d'équerres, se
plaisant à faire, à certains jours donnés, une mascarade plus ou moins esthétique et bouffonne. Quel est le nombre de ces hommes ? quelle est leur organisation ? quels sont leurs grades, leurs fêtes et leurs cérémonies ? C'est là une étude qui demanderait plus de cent volumes, et qui a perdu aujourd'hui une grande partie de son intérêt, depuis que la Maçonnerie a cessé de tenir ses mystères enveloppés dans l'ombre ou dans le demijour. Nos lecteurs peuvent donc sur ce point recourir à quelqu'un des auteurs qui ont écrit sur cette matière.
Le sujet qui sollicite actuellement notre attention est moins connu. Le Maçonnisme est quelque chose de plus que la Maçonnerie : c'est un mot, comme on dirait dans le langage deTécole. qui a une signification plus étendue; c'est un concept plus général, plus large, d'une plus vaste compréhension. Le Maçonnisme, c'est la doctrine de la Maçonnerie, c'est son esprit, son influence ; c'est cette atmosphère qui s'étend dans tous les sens et parvient à infecter de son poison le monde entier et à faire de nombreuses victimes même parmi ceux qui ne sont pas Maçons. Le Maçonnisme est un ensemble de principes, de maximes, de théories, de procédés, d'applications, qui ont réussi à former un courant qui entraîne le monde moderne, après l'avoir fait sortir compiè-
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tement, au moins dans sa partie officielle, de la voie antique que lui avaient tracée Dieu et l'Eglise. Le Maçonnisme est cette chose qui fait qu'un chrétien ferme, et qui voudra persévérer dans sa fermeté, semble aujourd'hui un prodige, un phénomène, une singularité exotique qui contraste avec tout ce qui l'entoure. Le Maçonnisme enfin, c'est, à peu de chose près, ce que trouveront naturel et acceptable les hommes du monde à l'heure actuelle, et même, hélas! de nombreux catholiques obligés en conscience à raisonner selon d'autres principes. Et ils le jugent naturel et acceptable, parce qu'ils se sont formé, souvent sans y penser, un critère maçonnique à la place d'un critère catholique: ils voient, apprécient, jugent, décident, agissent selon les principes maçonniques ; et ils font tout cela sans être Maçons, et persuadés peut-être qu'ils abhorrent très cordialement la Maçonnerie. C'est là le plus horrible caractère de l'époque actuelle : l'ignorance complète de leur véritable situation, dans laquelle vivent un grand nombre d'hommes catholiques à leur façon, en qui la Révolution trouve ses auxiliaires les plus actifs et les plus puissants.
Tel est le triomphe véritablement satanique que se propose d'obtenir la Maçonnerie, et que, disons-le franchement, elle a déjà obtenu en grande partie. Après avoir exclu du monde so-
cial l'image du Christ que la prédication chrétienne y avait imprimée, et l'avoir remplacée par l'image de Satan, sans que le monde semble s'être aperçu de ce changement, elle a remplacé le catholicisme, qui est Pâme de la société, par le Maçonnisme, sans que l'imprévoyance des hommes leur ait permis de constater aussitôt la différence qui existe entre l'esprit qui anime aujourd'hui le corps socialet celui qui l'animait en d'autres temps. Voilà pourquoi nous donnons au Maçonnisme une si grande importance au-dessus de la Maçonnerie. Cette dernière a été l'instrument dont on s'est servi pour démolir l'antique édifice dont la croix était le couronnement, et pour édifier le nouvel édifice, qui ne veut pas afficher de signes chrétiens. L'instrument perd son importance, lorsque cet édifice est construit. Aussi bien, la Maçonnerie ayant déjà atteint son but social, commence à mettre de côté ce cérémonieux apparat dont elle s'était entourée jusqu'ici, et dont elle n'a plus besoin désormais pour accomplir son infernale mission. C'est au point que nous ne serions pas étonnés, si les choses continuent à aller de l'avant, de la voir un jour déclarer la fermeture de toutes les loges. A quoi serviront-elles, en effet, lorsque tout le monde officiel ne sera plus qu'une immense loge? Aussi a-t-on raison, jusqu'à un certain point, de dire que la Maçonnerie
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a aujourd'hui moins d'importance qu'il y a un siècle. Cela est naturel, le Maçonnisme régnant partout en souverain, la Maçonnerie doit renoncer à sa propagande, qui a perdu sa principale raison d'être.
Le Maçonnisme domine tout aujourd'hui. En face de lui, au milieu de ces ruines qu'il a amoncelées, il ne reste debout que le Catholicisme. Le Maçonnisme et le Catholicisme sont les véritables éléments essentiellement opposés, dans la terrible lutte actuelle : c'est pourquoi nous avons synthétisé, résumé en deux mots tout le plan de notre présent travail. Nous allons donc voir, en prenant pour guide le Pape, ce qu'est le Maçonnisme, quelles sont les applications pratiques dans lesquelles se reflète son inspiration satanique au sujet de la société actuelle, et quels sont les points principaux sur lesquels il est en désaccord avec la doctrine catholique.
Concept intrinsèque de la Maçonnerie soui le rapport doctrinal, ou concept essentiel de toute la doctrine
maçonnique.
La Maçonnerie n'est pas seulement une société qui a des adeptes ; elle est encore un symbole de
doctrines, que ses adeptes s'efforcent de faire prévaloir à tout prix dans la sphère sociale. C'est à ces doctrines maçonniques, aux mille influences qui tentent de les faire prévaloir, à l'application variée que l'on fait de ces doctrines à la vie publique, et, de nos jours, jusqu'à la vie privée, que nous donnons le nom de Maçonnisme.
Quel est donc, nous le demanderons maintenant, le concept, l'idée fondamentale du Maçonnisme ?
Le Pape répond, dans sa magistrale encyclique Humanutn genus , en ces termes, qui précisent et définissent clairement toute la question : « Les Francs-Maçons se proposent, et tous leurs efforts tendent à ce but, de détruire entièrement toute discipline religieuse et sociale née des institutions chrétiennes, et de lui en substituer une autre adaptée à ses idées, et dont les principes et les lois fondamentales soient tirés du naturalisme ».
Aux termes de cette définition, le Maçonnisme n'est donc que le naturalisme.
Qu'est-ce que le naturalisme ?
Ce mot porte en lui-même sa signification, et son étymologie fournit sa plus claire définition. Le naturalisme est la négation, ou, au moins, l'exclusion de l'ordre surnaturel chrétien.
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Le naturalisme est donc un antichristianisme complet et parfait.
Entrons ici dans quelques explications.
Tout l'ordre chrétien est fondé sur le dogme de la chute originelle de l'homme et sur celui de sa réhabilitation par l'Incarnation du Fils unique de Dieu. L'homme naturel est donc 1 homme de péché, qui n'a aucun moyen, ni pour être convenablement bon sur la terre, ni pour arriver à sa fin dernière au sortir de cette vie. Pour être convenablement bon et obtenir sa fin dernière, l'homme doit être, non l'homme naturel qui est tombé, mais l'homme surnaturalisé que Jésus-Christ a relevé et soutient par sa grâce. Pour parler plus clairement, il ne suffit pas aujourd'hui à l'homme d'être l'homme de la création, il doit être en outre l'homme de la rédemption. L'existence de l'homme ne lui donne pas son entière perfection, il faut encore qu'il soit chrétien. C'est sur les principes de la vérité éternelle, pressentis un jour par la philosophie humaine elle-même, mais mis en lumière seulement par la révélation divine, qu'est fondé le catholicisme, et c'est de ces mêmes principes qu'il tire logiquement toutes ses conséquences.
Le naturalisme part de principes radicalement opposés. D'après lui, l'homme n'est pas tombé, et, par conséquent, n'a pas besoin de réhabilita-
tion. S'il y a eu un Dieu créateur, le naturalisme n'en est pas bien certain; mais, en échange, il sait pertinemment qu'il n'y a pas eu de Rédempteur. Jésus-Christ a donc été un pur homme, et l'Église est une pure duperie. L'être raisonnable est parfait, et, pour arriver à toutes ses fins, même à sa fin dernière, il n'a besoin d'aucun secours qui soit hors de la connaissance et de la portée du naturalisme. L'homme a donc en lui-même tous les moyens propres à obtenir ces fins, et ils lui suffisent absolument ; il sait tout ce qu'il lui est nécessaire de savoir, parce que sa raison est dans toute son intégrité ; il observe tout ce qui lui convient, parce que sa volonté n'a pas été affaiblie ; il surmonte toutes les résistances que l'appétit ou la passion opposent à la loi morale, parce que son libre arbitre n'a subi aucune atteinte. Et comme l'homme se suffit en tout à lui-même, ainsi la société se suffit-elle également, puisque, dans sa raison, elle est parfaitement éclairée et possède l'omniscience; dans sa volonté, elle est parfaitement saine et n'a aucun penchant au mal; dans son libre arbitre, elle n'a nullement à résister aux mauvaises inclinations et aux instincts pervers. Fi donc de tout cet ordre surnaturel que le christianisme proclame comme un auxiliaire indispensable de la nature infirme et déchue ! Qu'il ne soit plus question de Jésus-Chist considéré
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comme Fauteur, le conservateur et le consommateur de cet ordre surnaturel ; de l'organisation spéciale du surnaturalisme qui se nomme l'Église catholique; et enfin, de cet être suprême, mystérieux, qui s'appelle Dieu, et qui est la dernière négation logique du naturalisme.
Voilà, légèrement esquissé, dans ses traits principaux, ce système antichrétien, dont il est facile maintenant de distinguer à première vue les fondements absurdes. Même en faisant abstraction de ce qu'enseigne la révélation de Jésus-Christ, appuyée sur tous ses puissants motifs de crédibilité, l'idée que se fait le naturalisme de l'homme et de la société, est une idée évidemment fausse. D'après lui, l'homme est parfait, la société est parfaite; ils trouvent en eux-mêmes tout ce qui leur est nécessaire, et n'ont besoin de rien qui leur soit supérieur. C'est là une erreur grossière, contre laquelle protestent l'expérience et le bon sens de tous les siècles. L'homme est faible, aveugle, misérable; de lui-même, il est enclin au mal, son libre arbitre est continuellement en lutte avec les instincts pervers, auxquels il ne résisterait pas sans la grâce de Dieu. Il a donc besoin d'une lumière supérieure pour connaître, d'une force supérieure pour agir, d'un secours supérieur pour n'être pas continuellement vaincu. Il n'est pas un être parfait, il est une misérable ruine de quelque chose qui a eu un jour
sa perfection, et qui, depuis, a eu besoin d'être restaurée à grands frais. Il naît en pleurant, et il ne peut être bon qu'en luttant et en triomphant de lui-même; bien plus, même pour bien mourir, il lui faut quelqu'un qui lui vienne en aide. Et la société ? La société., réunion d'hommes, est, comme toute collection, de même nature que ses parties : elle est imparfaite, déchue, portée au mal, ne réussit à vivre que grâce à la répression et au frein qu'elle s'impose; ce qui est, de soi, le signe d'une bien mince perfection.
Voilà donc comment, fondé sur ces bases menteuses, le naturalisme tout entier est un pur mensonge. Et cependant le naturalisme ou le Maçonnisme est le grand système théorique et pratique du monde actuel !
Le concept intrinsèque et fondamental du Maçonnisme et son opposition essentielle au catholicisme sont mis dans une plus grande lumière.
Le Maçonnisme ne diffère pas du naturalisme ; et le naturalisme, comme nous l'avons vu dans le paragraphe précédent, est la négation de la chute
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originelle de l'homme, de sa réhabilitation par Jésus-Christ, et conséquemment des droits individuels et sociaux de celui-ci sur la créature qu'il a rachetée. Le Maçonnisme n'est donc pas, ainsi que le pensent quelques-uns, l'athéisme pur, bien que, par une conséquence logique, il conduise jusque-là; il n'est pareillement ni la démagogie ni le socialisme, bien que, par sa pente naturelle, il conduise infailliblement la société à ces extrêmes. Iln'est rien de tout cela. Le Maçonnisme s'efforce de se maintenir dans la sphère habitée par les conservateurs honnêtes et sages à leur manière : il veut que la société repose sur ses fondements ; il est partisan de Tordre, de l'équité, du respect mutuel des classes et des intérêts; seulement, il veut tout cela sans Jésus- Christ, sans le christianisme, complètement en dehors de l'atmosphère chrétienne. C'est là un problème difficile, bien plus, insoluble, parce que, depuis que la révélation chrétienne s'est accomplie, il est impossible de s'y soustraire sans tomber dans l'abîme de la plus horrible anarchie individuelle et sociale. Les choses ne sont plus aujourd'hui ce qu'elles étaient avant la venue de Jésus-Christ. La société, ou les individus qui n'ont pas été chrétiens, peuvent fort bien se maintenir dans un certain état d'honnêteté naturelle dont l'histoire nous offre quelques rares exemples ;
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mais la société ou les individus qui ont connu le Christ et Font ensuite renié, ne peuvent, par un juste châtiment du Ciel et en vertu des lois inflexibles de la logique, éviter de tomber dans les abîmes profonds de la plus abjecte impiété, du plus répugnant satanisme. C'est ce qu'enseigne l'histoire et ce que démontre l'expérience de chaque jour. Et la raison en est facile à comprendre. Celui qui n'a pas connu Jésus-Christ et qui n'a aucune idée de sa révélation, peut ne pas être chrétien ; ce qui est un mal considérable, mais non le pire de tous les maux. Mais avoir connu le Christ et sa révélation, et apostasier ensuite, ce n'est rien moins que l'antichristianisme délibéré et volontaire. 11 y a entre ces deux états la même différence qu'entre la simple ignorance d'une vérité et la guerre ouverte et déclarée contre cette même vérité.
Telle est aujourd'hui la situation de la Maçonnerie, ou mieux, du Maçonnisme. Son objectif est l'organisation d'un ordre social sans le Christ; mais, par la force des circonstances, il se voit dans l'obligation d'organiser un ordre social contre le Christ. Il voudrait simplement une société non chrétienne, à la façon de certains peuples de l'antiquité ; mais il aboutit par là même à une société antichrétienne ou satanique. Pour parler plus clairement, le naturalisme a pu, un jour,
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n'être autre chose que l'absence plus ou moins coupable du surnaturalisme; aujourd'hui, par la force des choses, le naturalisme ne peut être que l'antichristianisme.
Le Pape, dans sa célèbre encyclique Humamtm genus, parcourt les diverses sphères de l'ordre social où le Maçonnisme, aujourd'hui dominant, laisse voir plus clairement son influence naturaliste ou antichrétienne. A sa suite et à la lumière de ses doctes enseignements, nous espérons mettre ces vérités à la portée de ceux qui n'ont jamais discouru sur ces matières, en les réduisant aux points suivants :
La religion,
L'État,
La famille,
La propriété,
L'éducation,
L'enseignement scientifique,
La bienfaisance,
Les lettres et les arts,
Les plaisirs,
Ce sont là autant de problèmes où se manifeste franchement aujourd'hui l'opposition qui existe entre le critère maçonnique et le critère chrétien, et dont la simple indication suppose un programme d'études qui comporteraient, non pas seulement quelques courts chapitres d'une revue popu-
laire, mais des volumes et des volumes. Quoi qu'il en soit, nous pensons toutefois qu'en faisant remarquer comment, sur chacun de ces points, le oui Maçonnique y est toujours le non chrétien, et réciproquement, nous éclaircirons pour un grand nombre de nos lecteurs les doutes qu'ils pourraient avoir relativement à l'universalité et à la prépondérance du Maçonnisme à notre époque ; et ils verront combien est vrai ce que nous disions récemment, à savoir, qu'un très grand nombre de personnes qui croient peut-être de bonne foi abhorrer cordialement le Maçonnisme et la Maçonnerie, pensent, parlent, décident et agissent maçonniquement. C'est là une observation que nous ne nous lasserons jamais de répéter, et que l'extrême patience et bonté de nos bienveillants lec teurs nous permettra de rappeler encore quelquefois : car, qu'ils n'en doutent pas, c'est là que se trouve le secret de nos maux présents et de la formidable oppression qu'exerce sur nous la tyrannique Maçonnerie.