‹ Le mal social (volume 2)Chapitre 18 sur 29 · MAÇ0NN1SME ET CATHOLICISME · texte numérisé non relu

MAÇ0NN1SME ET CATHOLICISME

lement. Expliquons notre pensée. Le vote d'un parlement a statué aujourd'hui que l'homme et la femme sont légitimement mariés avec la seule formalité de leur déclaration devant l'alcade ou le juge : de telle sorte que tel est aujoud'hui le mariage, parce qu'un vote du parlement l'a ainsi décidé. En conséquence, il n'en sera plus de même demain, si demain un nouveau vote du parlement en décide autrement. Ainsi la formalité auguste du lien conjugal, base de la famille, dépendra toujours d'une majorité de députés qui auront statué que le mariage doit être considéré comme établi de telle ou telle façon. Cette majorité pourra décréter que le lien qui unit l'homme et la femme n'est pas individuel, mais que la polygamie ou la polyandrie sont permises, et telle sera la loi, si elle le décide de la sorte; elle pourra voter que le contrat matrimonial est temporaire et non plus perpétuel, et cette loi dépend de leur vote ; elle pourra statuer que les époux pourront divorcer à la demande des deux conjoints ou de l'un d'eux, comme viennent de le faire les révolutionnaires français, et telle sera la loi, par le fait de leur vote. Et, en vertu du critère rationaliste ou maçonnique, la jurisprudence la plus scrupuleuse ne pourra rien leur opposer. Que Ton constate donc si, oui ou non, il est certain que la prétendue institution du mariage

civil entraîne radicalement avec elle la destruction de tout vrai mariage, et n'est autre chose qu'un masque sous lequel elle se cache momentanément, pour empêcher le peuple inexpérimenté de voir où l'on veut le conduire.

Est-il nécessaire de mettre ici en opposition avec le honteux enseignement de la Maçonnerie sur le mariage la doctrine de l'Église catholique sur le même sujet? Nullement : tous nos lecteurs la connaissent suffisamment. L'Église catholique enseigne l'institution divine du mariage, considéré soit dans le christianisme, soit en dehors de lui. En dehors du christianisme, avant son apparition et dans les pays où n'a pas encore brillé sa divine lumière, l'homme et la femme s'unissent, non en vertu d'un droit que leur confère l'État ou des formalités prescrites par la loi civile, mais en vertu d'un principe d'ordre supérieur établi par Dieu au commencement du monde, quand il a dit : « L'homme quittera son père et sa mère et s'attachera, à son épouse, et ils seront deux dans une seule chair ». Ainsi, de par la loi naturelle, c'est la volonté seule des contractants qui constitue devant Dieu le mariage ; tout au plus l'autorité du père de famille intervient-elle pour bénir et sanctionner cette union. Dans les religions positives, au milieu même des plus grandes extravagances, c'est toujours la religion qui se présente

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