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pour autoriser et consacrer le mariage. Le Christ l'a élevé a la dignité de sacrement, eta déclaré qu'il est le symbole de l'union mystique qui existe entre Lui et son Église ; et après l'avoir ainsi élevé, il a laissé à son Église le soin d'en déterminer les règles et les circonstances, et d'en garantir l'unité et la perpétuité, en soustrayant ces lois au caprice inconstant des hommes et à l'instabilité des lois humaines, souvent aussi capricieuses que les hommes dont elles émanent. Qu'on nous dise maintenant si le maçonnisme et le catholicisme ne sont pas dans une opposition radicale relativement à leur appréciation respective du mariage; qu'on nous dise encore lequel des deux pourvoit mieux aux fins sublimes du mariage, à l'honneur de la femme, et aux prérogatives de la dignité humaine!
De l'opposition radicale qui existe entre le maçonnisme et le catholicisme dans leur manière de considérer les droits de la puissance paterne lie.
Le maçonnisme enseigne encore des monstruosités plus énormes relativement à la famille ; et il ne se contente pas de les enseigner, il les
met en pratique. C'est là une conséquence de sa façon d'organiser uniquement au civil cette institution fondamentale, et de l'absurde principe qui a prévalu et d'après lequel la famille est une création de la loi civile, de qui elle tient et son existence et sa force. Le maçonnisme fait un pas de plus : il affirme que tous les droits qui naissent du mariage ne sont, d'après lui, qu'une création de l'État et sont uniquement soumis à l'Etat. D'où il résulte que le premier et le principal de ces droits familiaux, celui qui est connu sous le nom de puissance paternelle, n'appartient aux parents qu'en vertu d'une concession supposée de la loi civile, et dans la forme et selon la mesure qu'il plaît à celle-ci d'accorder. De là naît également le droit que s'arroge l'État maçonnique sur l'éducation, qu'il décore pompeusement du nom d'éducation obligatoire, et qui est un des points essentiels du programme que la maçonnerie annonce et prépare pour l'avenir. Ainsi le père et la mère, d'après cet horrible système, en donnant le jour à des enfants, exercent non une fonction naturelle, mais une fonction sociale, et ils n'ont ces enfants que pour le compte de l'État, qui est en quelque sorte leur suzerain; et les enfants sont à l'État avant d'être à leurs parents, et l'État a juridiction sur eux avant leurs parents.
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C'est là un despotisme horrible, grossier, qui transforme les familles en simples centres d'élevage à l'usage de ce féroce tyran, maître de toute la jeunesse : despotisme brutal et inhumain, qui s'est donné cependant comme un nouveau dogme régénérateur de l'humanité à l'époque de la Révolution française, et qui depuis lors a été, d'une façon plus ou moins dissimulée, le fondement obligé de toutes les législations inspirées par la maçonnerie.
Et cependant ces principes sont faux, monstrueusement faux, contraires à tout droit positif et naturel. La famille n'est pas une création de l'État : au contraire, on pourrait dire avec beaucoup plus de raison que l'État est une création, une amplification de la famille, puisqu'on ne conçoit pas l'État sans des familles déjà existantes, groupées ou agrandies pour le constituer.
Les droits de la famille ne viennent donc pas d'une concession de l'État, et ce n'est pas l'État qui confère au père son autorité paternelle ; tout au plus la reconnaît- il et en règle-t-il l'exercice. C'est donc un mensonge, et un grossier mensonge, de dire que les enfants appartiennent à l'État avant d'appartenir aux parents, ou qu'ils leur donnent le jour pour l'État et que celui-ci peut en
disposer au gré de sa volonté et de son bon plaisir. En conséquence, le principe sur lequel se fonde l'éducation obligatoire est mensonger : l'État ne peut obliger le père à élever son fils de telle ou telle manière, ou l'empêcher de l'élever à son gré et selon les règles et conditions que lui impose sa conscience, d'accord avec une autre loi plus élevée. C'est donc une tyrannie contre nature, inhumaine, antisociale et antireligieuse, de prétendre imposer aux peuples, cette façon de considérer l'institution domestique dans son principe et dans ses droits essentiels.
Ce n'est pas ainsi que l'entend l'Église; au contraire, elle qu'on accuse d'opprimer toutes les libertés, est, en cela comme en tout le reste, la gardienne zélée des droits de la véritable liberté. Elle enseigne que les pères ont des fils qui leur viennent de Dieu, qui lésa faits pères uniquement dans le but très noble de lui procurer à lui-même de nouveaux serviteurs et de nouveaux héritiers à son ciel, et dans le but aussi de donner à la patrie de bons et honnêtes citoyens.
L'Église reconnaît dans le père et dans la mère le droit et le devoir d'élever leurs fils pour cette fin suprême ; mais elle est si jalouse des droits de la liberté naturelle, que si un père et une mère n'appartiennent pas par le baptême
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à sa juridiction, elle se regarde comme empêchée d'intervenir dans l'éducation de l'enfant, jusqu'à ce qu'il soit en âge d'agir et de se prononcer selon sa propre conscience. C'est ainsi qu'il est sévèrement défendu de baptiser les enfants des infidèles contre la volonté de leurs parents, excepté lorsque l'un de ceux-ci, au moins, est sujet de l'Église par le baptême. L'Église considère comme un attentat contre le droit naturel l'éducation d'un enfant mineur dans la religion chrétienne contre la volonté expresse de ses père et mère non baptisés. Et plus tard, lorsque le fils est parvenu à sa majorité, l'Église ne l'admet pas à la profession religieuse sans la permission de ses parents, pendant que ceux-ci ont besoin de leur fils pour subvenir à leurs besoins ; et ce n'est que dans le cas où le refus des parents serait absolument déraisonnable et sans fondement, parce que cette nécessité n'existe pas, que le fils majeur est admis par l'Église à embrasser l'état religieux sans la permission de ses parents. Avec quelle délicatesse l'Église respecte tous les droits naturels ! Elle les respecte infiniment plus que le naturalisme, qui n'est que la contrefaçon du vrai droit naturel, comme le libéralisme est la contrefaçon de la vraie liberté et le rationalisme la contrefiçon de tout ce qui est véritablement raisonnable.
Toutefois, ô aveuglement ! les législations qui se sont inspirées de ce principe chrétien, sont appelées tyranniques et oppressives de la dignité humaine ; on les accuse de violer les droits de la nature, de profaner le foyer domestique. Et celles, au contraire, que la secte maçonnique inspire de son grossier matérialisme, sont proclamées libres, nobles, patriotiques, propres à élever le citoyen. C'est ainsi que l'on aboutit directement à cette condition ignominieuse et abjecte de la famille, dans laquelle les fils ne sont que la chose de la nation, de la chair à canon à la disposition du chef suprême, si celui-ci s'engage dans des entreprises militaires qui rendront son nom odieux; une matière pour les officines, si ce n'est pas l'esprit militaire, mais l'esprit de bureaucratie, qui domine dans la nation. C'est là que nous conduit à pas de géant la maçonnerie, à mesure que son souffle infernal réussit à nous arracher à l'Église. Elle émancipe l'homme, c'est vrai, mais en l'arrachant du sein et des bras d'une mère très tendre ; et pour le soumettre, pieds et poings liés, au régime de la verge, unique sceptre qui puisse convenir pour gouverner une société tombée dans une si profonde abjection.
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Combien diffèrent essentiellement entre eux le maçonnisme et le catholicisme dans leurs principes sur la propriété.
La propriété est une des autres institutions fondamentales de la société qui ont subi Faction destructive du maçonnisme. Il devait logiquement en être ainsi : une fois la notion de la famille détruite ou considérablement altérée, celle de la propriété, qui a tant de ressemblance avec elle, devait avoir tôt ou tard un sort analogue. Ainsi le concept maçonnique de la propriété, conformément à ce que nous avons vu pour le mariage, n'est ni plus ni moins que la destruction de la propriété. Le maçonnisme considère la propriété, non comme un droit naturel de l'homme, droit antérieur à sa condition de citoyen, mais comme une création du droit civil, et partant subordonnée en tout aux dispositions arbitraires du Dieu-État. C'est ainsi que nous avons vu l'État, pour des motifs de pure convenance personnelle, déclarer nulle la propriété sacrée appartenant à une communauté, propriété qui repose cependant sur des droits égaux à ceux de la pro-
priété séculière et privée ; et de même qu'il fait des lois pour la propriété et répartit les charges, ainsi en règle -t-il la jouissance et la transmission, à tel point que le propriétaire a fini par n'être guère autre chose que l'administrateur de ses biens, ou une sorte de fermier privilégié. Tout cela découle de la fausse notion que l'on a de cette vérité, la plus délicate après le mariage. L'État maçonniquement constitué en vient, bien qu'il ne le dise pas clairement, à se considérer comme le maître absolu de tous les biens des citoyens, de la même façon qu'il se considère comme le maître de tous leurs fils. Avec ce principe, il annule le droit sacré de la propriété, selon son bon plaisir, comme il a détruit le droit de l'Église et des communautés au moyen de la désamortisation; il rend impossible le libre usage de cette propriété, usage qui est essentiel, au moyen des lois de désagrégation ; pour les motifs les plus futiles, il spolie le citoyen contre sa volonté, comme on le voit fréquemment aujourd'hui, au moyen de la faculté si largement concédée de l'expropriation forcée ; sans parler du sans-façon avec lequel elle traite, ainsi que nous l'avons remarqué, les questions d'héritages et de transmissions de propriétés.
Ainsi l'État maçonnique, sans professer ouvertement le socialisme, qu'il abandonne, non quant
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au fond, mais quant à la forme et au nom, aux démagogues de la rue et des clubs ; sans professer, dis-je, ouvertement le socialisme, l'État maçonnique est, dans son esprit,dans ses fins et dans plusieurs de ses procédés, parfaitement socialiste. C'est au point que si le socialisme pur et sans voiles réussissait un jour à prévaloirpratiquement, il n'aurait rien à inventer pour implanter ses horribles théories ; il lui suffirait de généraliser les principes que le critère maçonnique et libéral a précédemment établis, et d'en déduire toutes les conséquences logiques et toutes les applications.
La doctrine du catholicisme sur la propriété est en contradiction absolue avec tout cela. Le catholicisme reconnaît la propriété comme un droit naturel et inhérent à la personnalité humaine. D'après le catholicisme, l'homme est propriétaire comme il est sociable, comme il est homme, par nature, c'est-à-dire, par la volonté expresse de Dieu. Ainsi, antérieurement à toutes les législations civiles, l'homme était déjà propriétaire, personne ne pouvait, par exemple, le dépouiller du produit de sa chasse, ou du fruit de l'arbre qu'il avait planté, ou de l'ouvrage de ses mains. Les législations civiles ne peuvent donc dépouiller arbitrairement personne de sa propriété ; elles ne peuvent faire autre chose qu'en garantir et en régler l'exercice, pour que le citoyen jouisse de son bien
sans préjudice pour autrui. Mais elles ne peuvent déchirer ses titres sacrés et inviolables, comme on l'a fait en notre siècle, par tant de lois injustes, qui ne sont, à les considérer suivant les principes de la morale et du droit, que des actes de brigandage légal. Et à cette notion très élevée de la propriété, qui en fait, comme pour l'autorité et la famille, non une création de l'homme, mais une institution divine ; à cette notion de la propriété de droit divin, opposée à cette notion mensongère de la propriété de droit humain, le catholicisme a ajouté la sanction du septième précepte du Décalogue, qui est moins la prohibition du vol .qu'une nouvelle consécration du droit de propriété. Ce commandement défend le vol et la rapine, non seulement aux particuliers, mais aux États et aux gouvernements; et c'est en s'appuyant sur lui que l'Ancien Testament maudit la mémoire de cette reine Jézabel qui s'empara de la modeste vigne du pauvre Naboth, et que l'Église nous offre dans l'histoire de ses évêques la grande figure de saint Jean Chrysostome se présentant courageusement devant l'impératrice Eudoxie pour exiger la restitution de quelques pièces de monnaie à une veuve infortunée, à qui cette majesté impériale les avait dérobées. C'est ainsi que l'Église entend le droit de propriété et le septième commandement.
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La propriété de droit humain ou de pure institution civile, comme l'entend et la pratique le maçonnisme, il suffit de l'indiquer ici, est exposée, relativement à sa sécurité légale, aux mêmes risques et périls que nous avons mentionnés ailleurs en parlant du mariage. Si la propriété est une pure création du droit positif humain, elle est sujette, comme celui-ci, aux variations et aux vicissitudes qui peuvent provenir d'un changement de législation. Et comme la législation changera avec le pouvoir législatif, lorsque, par quelqu'un de ces coups de la Révolution assez probables aujourd'hui, le pays se sera laissé imposer une chambre législative composée d'éléments socialistes, formant une majorité parlementaire, cette chambre pourra voter simplement l'abolition de la propriété, ou sa réorganisation selon l'idéal du collectivisme, ou simplement sa répartition égale entre tous les citoyens, conformément au système communément admis par les partisans de la théorie socialiste. Une chambre légalement constituée peut émettre un vote de ce genre, et personne ne pourra légalement ni l'en empêcher ni l'en blâmer ; et il n'y a pas de jurisprudence au monde, étant donnés les principes maçonniques, qui puisse taxer ce vote d'absurdité; bien au contraire, elle doit le reconnaître comme parfaitement logique, surtout si une telle chambre socialiste rappelle, dans les
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considérants ou dans les préliminaires de sa future loi, qu'une telle abolition de la propriété n'est pas une chose nouvelle, mais qu'elle a déjà été mise en pratique, il y a quelques années, contre l'Église, sous le nom de désamortisation, et que, grâce à elle, on voit figurer comme propriétaires un grand nombre de ceux qui sont aujourd'hui détenteurs de ces biens. Je le demande au jurisconsulte le plus retors, que peut-on reprocher à une telle loi, en admettant les théories maçonniques? Les malheureux qu'elle a dépouillés, pourront la qualifier d'attentat odieux et criminel ; mais le peuple, la science et le bon sens seront forcés de l'appeler une légalité.
Telle est la conséquence de l'exclusion de l'idée de Dieu des institutions humaines. Il n'est aucune de ces institutions qui ne demeure comme suspendue en l'air, si on lui enlève son fondement divin, parce que l'ordre surnaturel est la condition indispensable de l'ordre naturel. Tout ce qui concerne l'homme peut, à première vue, subsister pendant quelque tempssansDieu, mais bientôt arrivent la langueur et la mort. C'est ainsi qu'un arbre dont on a coupé secrètement la principale racine, ne voit pas dès le premier jour ses rameaux se flétrir ; mais, infailliblement, il ne tardera pas à les voir se dessécher et mourir, faute du suc nécessaire. Il faut remarquer en outre que ce qui con-
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cerne ainsi l'homme, sans cesser d'être surnaturel et divin, peut être simplement humain, comme nous l'avons dit plus haut, à moins de devenir franchement satanique. L'homme ne peut vivre émancipé et sans avoir un maître, comme il le rêve dans son orgueil insensé : s'il détrône Dieu, ce trône laissé vacant sera immédiatement occupé par le démon. •
Doctrine du maçonnisme et du catholicisme sur i éducation publique.
En suivant le programme que nous nous sommes tracé pour mettre en relief les divergences essentielles de doctrine qui sépar ent le maçonnisme et le catholicisme, nous sommes amené à parler en ce moment de l'éducation, qui est un des points sur lesquels existe l'opposition la plus radicale entre les critères de chacun d'eux.
Le maçonnisme et le catholicis me se trouvent en même temps en présence d'un petit enfant, et ils conviennent que cet enfant, outre les aliments matériels qui nourrissent son corps, a besoin d'un aliment moral qui nourrisse son esprit ; ils
s'accordent aussi à admettre que l'éducation est nécessaire. Le catholicisme voit dans l'enfant un être que Dieu a créé à son image et à sa ressemblance, mais un être dégradé, corrompu par un vice originel, qui a fait naître en lui une multitude de germes qu'il convient de combattre, et de mauvaises inclinations qu'il faut réprimer. C'est un champ où l'o*. ne peut espérer de récolter de belles fleurs et de bons fruits, qu'autant qu'on y aura jeté une bonne semence, qu'on l'arrosera en temps convenable, qu'on en arrachera constamment les mauvaises herbes, en un mot, qu'on le cultivera avec soin. S'il n'en est pas ainsi, il ne demeurera pas stérile et sans végétation, mais il produira en abondance des fruits empoisonnés en toute sorte de perversion et de malice. Et ces soins, qui consistent à montrer tantôt de la tendresse et tantôt de la sévérité envers l'enfant, tantôt à l'encourager et tantôt à lui faire des réprimandes, constituent ce que le catholicisme appelle l'éducation. Pour que ces soins produisent de bons résultats, la première notion à inculquer à l'enfant est celle de la loi morale, qu'il doit respecter, et la sanction éternelle de cette loi, qu'il doit espérer ou craindre, selon qu'il l'observe fidèlement ou la viole. Et comme il ne peut pas y avoir de loi sans législateur, ni de sanction légale sans juge qui l'applique, il faut commencer par inculquer