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à l'esprit de l'enfant l'idée de Dieu, qui est le législateur invisible dont l'autorité donne sa force à la loi, et le juge qui, au moyen des châtiments ou des récompenses, procure l'observation de la loi. Ainsi, avec les conseils, les maximes, les exemples et les secours de son organisme divin, qui est l'Église, le catholicisme croit posséder le système d'éducation le meilleur, le plus parfait et le plus raisonnable, le seul qui permette de diriger l'enfant dès le bas âge, et de dominer jusqu'à ses affections et à ses sentiments les plus intimes.
Telle est l'éducation catholique, basée entièrement sur l'ordre surnaturel.
Le Maçonnisme procède d'une façon différente, selon son critère grossièrement naturaliste. Il prend l'enfant, et commence par se tromper dans l'idée fondamentale qu'il s'en fait : il le considère non comme un être vicié par le péché originel, mais comme un être parfait, en pleine possession de lui-même, et dans toute l'intégrité de sa perfection morale. On va demander ici : si l'enfant est parfait, et qu'il n'y ait en lui rien de vicieux ou de déréglé, à quoi peut bien lui être utile l'éducation? A rien, absolument : là où il n'y a pas à combattre des germes mauvais et des tendances coupables, ce que l'on doit désirer, c'est que l'arbre croisse selon toute son exubérance naturelle, sans que le fer du jardinier vienne couper
aucune de ses branches vigoureuses. Il conviendra donc de l'instruire, mais non de l'élever : qu'il apprenne les lettres, les logarithmes, la géographie, la physique, la chimie, l'histoire, la musique et la gymnastique, parce que le maître ne s'occupe pas de la formation du cœur. Il y a là tout ce dont il a besoin pour son parfait développement. En suivant ce procédé, très logique dès que l'on part de la négation du péché originel, il est inutile de parler à l'enfant de Dieu ou de la religion, et de tout ce qui s'y rapporte : voilà, logiquement justifié, ce qu'on appelle renseignement laïque, nouveauté que la Maçonnerie s'efforce, depuis quelques années, d'introduire dans notre pays.
Nos lecteurs voient-ils clairement maintenant en quoi consiste la différence essentielle qui existe entre le Maçonnisme et le catholicisme, dans la façon de concevoir les principes relatifs à l'éducation ?
Le simple bon sens suffit pour porter sur ce point un jugement impartial. L'homme ne naît pas parfait, comme la Maçonnerie veut le supposer ; l'homme naît et croît, non par un développement pacifique, mais au milieu d'un combat pénible et continuel contre lui-même et presque avec tout ce qui l'entoure : l'œuvre de l'éducation consiste donc à lui enseigner à combattre,
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pour lui faciliter la victoire. Et quelles armes lui donne pour ces combats, quelles leçons lui offre pour ces luttes l'éducation laïque ou sans Dieu ? Aucune, absolument. Au contraire, elle commence par développer en lui tous les mauvais instincts, qui sont les principaux ennemis à combattre, en les caressant avec l'idée d'une indépendance totale, qui ne s'accommode avec aucune pensée de sujétion ou de répression. Toutes les issues par lesquelles la passion peut se produire avec fougue et impétuosité, elle les laisse ouvertes avec une lamentable insouciance ; les puissants ressorts que la religion seule établit pour les comprimer et en régler l'exercice, elle les qualifie de superstitions insensées. L'enfant étant imbu de ces idées, il en résultera nécessairement, s'il a le sang vif, qu'il deviendra une bête féroce ; s'il a un tempérament indolent, qu'il sera un pourceau d'Épicure, et jamais un homme capable de porter sur son front, nous ne disons pas la noblesse du chrétien, mais même la dignité de l'être raisonnable.
Que pensent le maçonnisme et le catholicisme sur l'enseignement ojjicicl ''
Si le catholicisme et le maçonnisme diffèrent
essentiellement, lorsqu'il s'agit de préciser et de fixer ce qu'on entend ordinairement par éducation, qu'on juge de l'abîme qui les séparera dans la question de l'enseignement. Ici toutefois il y a un avantage : l'opposition mutuelle des deux systèmes est plus franche et plus évidente; ici, le voile ne sert de rien, et n'empêche point de connaître dès le premier moment quels sont les ennemis contre lesquels le catholique sincère de notre temps doit se tenir en garde.
Le catholicisme nous apprend que tout enseignement doit être subordonné au dogme, en ce qu'il a avec lui une relation plus ou moins directe. La raison en est claire : ce qu'on nomme la science, même dans son concept le plus digne et le plus élevé, n'est pas ordinairement la vérité certaine, mais la vérité présumée, ou la vérité que Ton tient pour telle, nonobstant les exemples très fréquents des théories les plus autorisées et universellement acceptées qui, peu de temps après, ont été rangées parmi les paradoxes les plus célèbres. Etant donné l'esprit humain essentiellement faillible, on ne peut avoir une autre idée de la vérité philosophique ou scientifique. Il n'en est pas ainsi de la vérité religieuse, dans sa partie formellement dogmatique et définie : elle est la vérité certaine, fixe, objective, indépendante des découvertes de demain ou du siècle suivant; la
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vérité une, immuable, indéfectible, éternelle comme Dieu. C'est donc une règle rigoureusement scientifique que la vérité purement présumée et hypothétique soit subordonnée à la vérité fixe et absolue ; que celle-ci soit la pierre de touche pour vérifier la vérité de celle-là; que ce qui est connu comme certain a priori, soit la base et le guide dont on se servira pour vérifier, accepter ou rejeter les connaissances acquises postérieurement.
Voilà pourquoi le catholicisme exige que tout l'ordre des connaissances humaines parte de ce principe que tous ses enseignements dogmatiques sont indiscutables,et qu'ilfaut leur demeurer fidèlement et scrupuleusement attaché, sans se permettre le moindre écart, sous prétexte de liberté. C'est ainsi seulement que l'on enseigne et que Ton apprend d'une façon catholique.
Et ce système,, grâces en soient rendues à Dieu \ n'arrête aucunement ni ne gène le légitime essor de l'intelligence humaine ; il le favorise, au contraire, en lui donnant des principes certains, comme le prouve une expérience cent fois répétée, qui montre dans tous les temps les génies les plus sublimes, embrassant du regard de vastes horizons et étendant le champ de leurs investigations, bien que le catholicisme exigeât d'eux cette subordination expresse à ses dogmes
infaillibles. Bien au contraire, pour la largeur des vues, l'élévation des idées, la fécondité des découvertes, la profondeur du raisonnement, l'étendue de l'observation, les fils de la foi ont pu dans tous les siècles accepter d'être mis en parallèle avec les partisans de la libre pensée ; et ils le peuvent encore aujourd'hui, assurés que ces derniers resteront bien loin derrière eux.
L'enseignement organisé maçonniquement se déclare, en tout et pour tout, libre penseur. Tel est malheureusement celui qui se donne aujourd'hui dans presque tous les centres officiels, même dans notre Espagne. D'après des déclarations très graves, que nous avons recueillies avec un saisissement d'épouvante de la bouche de fonctionnaires qui, malgré tout, veulent encore passer pour catholiques, le professeur est tenu de se renfermer dans les limites d'une certaine prudence, en ne blessant pas ce qui est légalement réputé comme inviolable; mais, à l'heure présente, nous ne savons presque plus ce qu'il faut entendre par là, tant sont devenues vagues et incertaines les limites de cette inviolabilité. La science, ou ce qui s'affuble de ce nom, est donc libre, au point de se permettre toute espèce de hardiesses et de licences, y compris celle d'enseigner que l'homme n'est qu'un orang-outang perfectionné, ou que Dieu est un pur fantôme de la superstition populaire. Ma-
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çonniquement parlant, tels sont les droits de la science, tels les privilèges de l'enseignement. Et si quelqu'un forme ainsi la jeunesse, et joint à son enseignement les principes de morale calqués sur la théorie de l'amour libre ou sur les funestes programmes de la liquidation sociale, on ne peut logiquement ni le lui reprocher ni l'en empêcher.
Il est vrai que le Maçonnisme doctrinaire et doucereux ne tolère pas de telles applications du critère libre-penseur ; mais cela prouve seulement que le Maçonnisme, outre qu'il est faux, est de plus inconséquent dans sa fausseté, ce qui le rend doublement inique et odieux. En effet, si l'on n'admet pas pour la science le frein du dogme catholique, pourquoi admettre celui du gouvernement? si l'Église n'a pas le droit d'exiger, au nom de Dieu, le respect pour certaines de ses vérités, de quel droit le ministre peut-il exiger que l'on respecte comme inviolables certains principes ou institutions sociales ? Ou l'intelligence humaine est libre, dans sa marche et ses développements, d'aller où il lui plaira, ou elle ne l'est pas : si elle est libre, elle Test entièrement; et alors qu'on la laisse aller librement et sans aucune entrave.
Rendons cette vérité plus claire. Étant donnée une certaine loyauté, s'il peut y en avoir dans le principe maçonnique, l'unique conséquence serait la proclamation franche de la liberté confession-
nelle, sans l'estampille de l'Université. Mais cela ne convient pas à la secte, qui sait d'une façon certaine que, sur ce terrain de la libre concurrence, elle serait vaincue par l'enseignement catholique. A la secte convient le monopole officiel, l'enseignement avec l'estampille rationaliste de l'État, qui se constitue par là son unique dépositaire et dispensateur légal. C'est ainsi qu'on a créé ce qu'aucun autre siècle n'avait connu, l'idole de l'État enseignant, à l'instar de ce que nous avons vu en parlant de la propriété, du mariage et de la puissance paternelle. On a, comme résultat, l'odieuse sujétion du citoyen sous la domination d'une tyrannie cent et mille fois plus ignominieuse que celle qui, comme on l'a prétendu faussement, opprimait autrefois l'enseignement, soumis au noble magistère de l'Église de Dieu.
Que pensent le maçonnisme cl le catholicisme sur renseignement officiel (suite).
La tyrannie maçonnique de l'État enseignant, dont nous parlions précédemment, irrite d'autant plus qu'elle est moins justifiée, lorsqu'elle s'exerce
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dans une nation exclusivement ou presque exclusivement catholique, ainsi qu'il en est, par bonheur, de notre Espagne, en dépit des ravages de la Révolution. Il arrive alors qu'à la violation brutale des droits de la vérité religieuse s'ajoute la violation non moins impie des droits du citoyen, malgré les protestations continuelles par lesquelles l'État maçonnique ou libéral se déclare le zélé protecteur et le gardien de ces mêmes droits.
En effet, qui peut nier que les pères de famille catholiques, même ceux qui pratiquement laissent à désirer sous le rapport du catholicisme, désirent tous pour leurs enfants l'enseignement catholique ? qui peut méconnaître que ces pères de famille constituent encore aujourd'hui la majorité, la presque totalité des contribuables ? Cependant, que nos lecteurs s'arrêtent pour contempler avec horreur ce qui se passe ; qu'ils s'arrêtent pour contempler cette infamie, qui n'a peut-être pas encore fixé leur attention : ils payent l'enseignement officiel, ils donnent leur argent aux maîtres, ils soutiennent les universités, les Institutions, les écoles normales et primaires ; ils soutiennent tout cela avec leurs contributions d'abord, et ensuite avec leur adhésion et leurs noms inscrits sur les registres matricules, quand ils confient leurs enfants à ces établissements. Il semblerait donc que, payant l'instruction qui assurément leur est
vendue à chers deniers, ils devraient au moins obtenir qu'elle fût conforme à leur désir et à leur volonté. Mais il n'en est point ainsi : l'État vend son enseignement, le vend cher, le vend avec privilège exclusif, en ne permettant pas qu'on regarde comme valable celui qui se donne dans un autre établissement; et cependant il s'arroge le droit de donner un enseignement qui n'est au goût ni de celui qui le paye ni de celui qui le reçoit, condition que l'on regarde comme obligatoire dans tout contrat de vente ; mais, au contraire, il donne cet enseignement contre la volonté et les intérêts de l'un et de l'autre, violant ainsi à la fois, avec son despotisme professoral, les droits de la bourse, de la dignité et de la conscience. L'État enseignant, converti en marchand de programmes, les donne en échange de bons et beaux deniers, après les avoir falsifiés et empoisonnés; et le Dieu-Etat ne rougit pas de pratiquer ce qu'il punit chaque jour chez tout individu qui altère un comestible ou une boisson. Et le père, le pauvre père doit payer avec son or l'empoisonnement moral de son fils, et consentir à cet empoisonnement, au moins dans le cas où il veut lui faire embrasser une carrière : car l'État maçonnique a coupé tous les canaux de l'eau de la science., en obligeant tous les citoyens à ne pouvoir boire ailleurs qu'à sa source méphitique et empoison-
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née, pour obtenir un diplôme qui mette leurs fils en état d'entrer dans une faculté ou d'exercer une profession.
Cette tyrannie est semblable à celle dont usaient, dans les derniers temps de la persécution contre le christianisme, les empereurs romains, lorsqu'ils plaçaient des idoles dans les endroits où l'on .vendait les objets de première nécessité, sur le marché public, et qu'ils exigeaient de chaque citoyen, l'adoration de l'idole avant de lui céder la viande, le vin ou le pain dont il avait journellement besoin. C'est là ponctuellement ce qui est prédit des temps de l'antéchrist, dans l'apocalypse de saint Jean, lorsqu'il dit qu' « il viendra un temps où nul ne pourra ni. « acheter ni vendre, s'il n'est marqué du carac- « tère de la bête », ce qui peut fort bien signifier la Révolution.
Ainsi en est-il déjà avec l'enseignement officiel, dispensé uniquement par l'organe et sous l'estampille de la Maçonnerie : nul ne pourra être avocat, médecin, ingénieur, etc., s'il n'a passé au laminoir de cette machine, qui en fait ou bien un maçon complet, ou pour le moins affaiblit la vigueur et la force de ses convictions chrétiennes. L'Etat maçonnique veut les consciences, qu'il proclame libres, comme la monnaie qui ne circule pas. sans la marque de son coin ou de son poinçon.
Que 1 Église ait les mêmes exigences pour les siens, qui, après tout, sont siens et veulent l'être, on appelle cela une oppression despotique, la servitude de la pensée ; que l'Etat maçonnique agisse de la même façon vis-à-vis des intelligences, ce sera noble, généreux, libéral, avec cette particularité nouvelle qu'ici celui qui se sent opprimé par un procédé si inique, se voit obligé, pour sa suprême humiliation, de payer et de se mettre lui-même la chaîne ignominieuse qu'il doit porter.
Ainsi en va-t-il aujourd'hui dans le monde ; ainsi en va-t-il en Europe; ainsi en va-t-il, ô pères catholiques, pour les fils de cette catholique nation. L'Episcopat et la bonne presse poussent chaque jour des cris d'alarme, en dénonçant les discours et les livres que le catholique paye de son argent, afin que la Maçonnerie les fasse servir à ravir la foi aux âmes. Qu'on ne dise pas que nous exagérons, puisque nous ne disons pas sur ce sujet le quart de ce qu'il y aurait à dire. Le réseau maçonnique est une trame aussi habilement qu'universellement ourdie dans toute la nation. A l'école primaire, ou au collège, ou à l'Université, à peine y a-t-il une âme qui ne voie sa foi exposée à tomber dans quelqu'un de ces filets. Et cela en ne parlant que de l'enseignement officiel ; si nous examinions celui qui se donne
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dans cette multitude d'athénées, de cercles, d'académies et de bibliothèques populaires, qui presque toutes, à l'exception de celles qui sont franchementcatholiques, sont de vraies succursales du Maçonnisme, nos amis verraient combien nous pourrions généraliser notre proposition.
En résumé, Satan, sous le manteau du professeur, règne aujourd'hui dans le monde et est la cause des principaux désastres. Cela ne prouvet-il pas d'une façon assez éloquente que c'est sur ce terrain que tous les bons catholiques doivent immédiatement lui livrer la principale bataille ?
Combien différent la doctrine du maçonnisme et celle du catholicisme louchant la bienfaisance.
Sur ce point, comme en tout le reste, le critère franchement maçonnique est en opposition directe avec le critère franchement chrétien ; avec cette seule différence, qu'ici l'ennemi travaille d'une façon beaucoup plus habile, et introduit dans la société une confusion beaucoup plus grande. Ici, le démon de la maçonnerie porte son
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masque jusque sur les yeux, pour ainsi dire ; ce qui fait qu'il est pris naïvement pour Fange de la charité, même par des personnes qui, sur d'autres sujets, sont assez habiles pour comprendre dès le début sa ruse infernale. Ici, on prend fréquemment pour les doux reflets de la lumière céleste, ce qui n'est autre chose que la sinistre lueur des flammes de l'abîme. Ici, l'art de tromper est aussi ingénieux que possible; c'est au point que l'oripeau et Tétain circulent parfois sur le marché de la vie sociale et sont acceptés comme monnaie courante, au même titre que l'or et l'argent les mieux épurés.
La raison de cela, à la bien considérer, se trouve dans la délicatesse de la matière à laquelle on fait subir cette altération. Dans d'autres branches, l'ennemi a besoin de substituer un vice à une vertu, et pour cela de donner à ce vice les couleurs et l'apparence de cette vertu, ce qui, comme on le voit, est chose difficile. Ici, il y a plus de facilité. Le sentiment naturel de compassion que nous inspirent les afflictions et les besoins de nos semblables, devient de la sympathie et finit par séduire ceux qui seraient imprévoyants, même après avoir dépouillé l'auréole du surnaturel. Ici, le naturalisme présente quelque chose de noble et d'élevé qui lui permet de prendre certains faux aspects de
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divin, même quand il fait les plus grands efforts pour se séparer de Dieu et lui faire la guerre. C'est donc un champ d'opérations, le plus favorable pour la séduction, et la maçonnerie exerce cette séduction de trois manières :
i° Elle détourne l'attention de l'homme des besoins principaux de son frère, tels que ceux de son âme, pour la fixer seulement sur les besoins de son corps, qui paraissent plus pressants, parce qu'ils sont plus visibles et plus sensibles ;
2° A l'instar de cet objectif falsifié ou pour le moins mutilé, elle lui propose également une série de stimulants purement humains, tels que la pure satisfaction d'un sentimentalisme féminin, ou la satisfaction plus grossière encore de l'amour propre, de la vanité et du respect humain;
3° Conformément au caractère purement humain de ces stimulants, elle suggère les moyens d'exercer la charité, moyens simplement terrestres, subordonnés à une moralité purement terrestre, et partant exempte de tout scrupule.
Voilà les trois aspects, qui, à notre humble vis, caractérisent la bienfaisance maçonnique, vulgairement appelée philanthropie, et la constituent dans une opposition directe avec la bienfaisance chrétienne, la seule qui puisse se glorifier du beau et saint nom de charité.
La charité, à Tencontre de ce que nous avons
vu pour la philanthropie qui se couvre de son masque, se distingue aux caractères suivants :
i° Elle a pour objectif l'homme complet, l'homme tout entier, c'est-à-dire avec son corps et son âme ; mais la fin suprême de l'âme est son but principal.
2° L'amour de Dieu et le sentiment du devoir, voilà son principal stimulant : et par conséquent, dans tous ses actes, elle a un motif surnaturel.
3° Ses procédés sont en tout conformes à la loi divine, et par là même ils ne sont en rien, pas même dans les moindres détails, en opposition avec les règles de la morale la plus stricte.
Ces trois points de vue, du maçonnisme et du catholicisme relativement à la bienfaisance, vont être exposés, confrontés, et examinés dans les paragraphes suivants qui, nos lecteurs ont pu déjà l'entrevoir, ont un caractère pratiquement incontestable et ont à l'heure présente une souveraine opportunité.
On examine le premier des trois points de vue signalés plus haut.
En traitant de la manière de subvenir aux besoins du prochain, nous devons montrer la diffé-