‹ Le mal socialChapitre 12 sur 13 · EPILOGUE 5 -j · texte numérisé non relu

EPILOGUE 5 -j

le reste par rapport à Lui et uniquement comme un moyen d'arriver à Lui ; et cela même qui, de soi, est indifférent, sera bon en tant qu'il sera directement ordonné en vue de cette fin, et sera mauvaise autant qu'il ne se rapporte pas à cette fin, servir Dieu signifie donc, au sens le plus général et le plus absolu, nous servir de toutes choses uniquement pour la gloire de Dieu et selon la loi de Dieu.

Oh 1 quels vastes horizons s'ouvrent ici à la philosophie chrétienne ! Et quel vaste champ d'applications pratiques !

En philosophie, Dieu est la raison de tout, le tondement de tout devoir et de tout droit, le critère de toute vérité, la règle de toute morale. Cette division si triviale de devoirs de l'homme envers Dieu, envers lui-même et envers ses semblables, n'est pas, au fond, une division. Il n'y a rigoureusement de devoirs qu'envers Dieu: car si les devoirs de l'homme envers lui-même et envers ses semblables ne s'identifient avec le devoir suprême, qu'on nous dise quel est leur fondement.

Et si l'idée de servir Dieu et de se servir de toutes choses pour Lui et selon Lui, ne préside pas implicitement ou explicitement à la conduite de l'individu, la société ne sera plus qu'une réunion de sauvages plus ou moins civilisés, mus

dans leur conduite ou par le caprice, qui est un très mauvais conseiller, ou par l'intérêt égoïste, qui est un conseiller encore pire ; ou par la fluctuation des opinions dominantes, qui est toujours incertaine ; ou par la crainte servile de la loi humaine, qui est une considération humaine et très misérable.

Faisons en sorte, au contraire, que l'idée de servir Dieu et de nous servir de tout uniquement pour Dieu, préside à nos actes intérieurs et extérieurs; quelle harmonie dans l'organisme social! Quelle suavité dans ses mouvements ! Quelle auguste liberté d'esprit dans toutes ses aspirations ! Quelle noblesse dans l'acte même de l'obéissance, à la pensée que nul n'obéit qu'à Dieu! N'est-ce pas dans ce sens qu'il a été dit que servir Dieu c'est régner ?

Il ne dépend pas uniquement de vous qui lirez ces lignes d'établir dans le corps social cet heureux service de Dieu au moyen de tous les actes publics, uniquement et exclusivement en vue de la gloire de Dieu et en conformité parfaite avec ses saintes lois. Cependant vous devez tendre à ce but, y travailler de toutes vos forces, y diriger toutes vos prières, et user de toute votre influence. Le règne social de Dieu telle doit être la consigne de Dieu en ces temps où l'atmosphère de l'Europe est de haine, ou au moins d'indifférence

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