SCÈNE IX
FERRŒRE,pwi5DUPERRIER,NATALlE,M°^«DÈMAR, JACQUES , portant un sac de nuit et un carton.
PERRIÈRE , encore seul.
Eh bien, mélez-vous donc de gue'rir les passions... surtout celles de vos araisl... Je n'en ai qu'un, et il est mon rival. . , ils sont tous comme cal
NATALIE
ENSEMBLE
Air : Par f amitié.
Ah ! quel plaisir !
Oui , qu'ici la gaîlé renaisse ;
Retour bannit la tristesse ,
Ne songeons qu'à nous réjouir.
Ah ! quel [)l;iisir !
NATALIE. (i) Bonjour , docteur. . . Eh bien, vous ne me dites rien. .. qu'avez-vous donc?
( I ) Diiperrier , Nalahe, Mad. Déniar , Perrière , Jacques au fond.
FERRIRRE, trouhlé.
Ail! pardon. Mademoiselle, pardon... je suis enchanté. . . certainement. . . Comment vous portez-vous?
NATALIE
Mais c'est à vous quil faut demander cela .. . cet air rêveur. . . pre'occupe'. . .
M™° DÉMAP.
Il est certain que la conduite de Monsieur est aujourd'liui bien singulière. . .
Allons , n'allez-vous pas recommencer la dispute ?
îtAtalie.
Ah î il y a une dispute ! . . . tant mieux ! ça me regarde . . . j'arrangerai ça. . . >Iais, pour Pinstaut , j'ai à m'occuper de choses bien plus sérieuses... mes robes, mes chiffons. .. Jacques serait capable de tout confondre.
JACQUES
Dam' Mam'zelle!. . . ma cataracte. . .
NATALIE ^ à sa sœur.
Mais je vais me dépêcher, et je reviens à ton secours à l'instant. . . Disputez-vous toujours en mon absence , niais songez que je veux être-lh pour le raccommodement. . . Venez , Jacques.
JACQUES. • Par ici, ^lademoiselle , par ici. . .
NATALIE
Pourquoi donc .''... N'est-ce pas-là ma chamhre ?
DUPERRIER
Ah ! au fait, j'ai oublié de te dire qu'elle était occupée.
NATALIE
Occupée ! . . . et par qui 7 ( i )
DUPERRIER
Un (''une homme qui est venu loger ici il y a (|uelqucs jours, et qui est tombé malade si subitement, que nous n'avons pu le placer ailleurs.
NATALIE
Une simple indisposition , sans doute?
Mais non. . . c'est assez grave.
(i) Natnlie, eu redescendant la scène, passe cuire Mudanic Démar et Ferrière.
NATALIE
Et je présume que c'est le docteur qui le soigne, n'est-ce pas, docteur?
PERRIÈRE , distrait.
Oui, oui, c'est possible.
NATALIE
iMlons,je vois que vous n'êtes pas disposé à vous défendre, et je n'abuserai pas d'un pareil avantage. . . mais à mon retour, je ne vous épargnerai pas, je vous en préviens.. . Je vous laisse le temps de vous préparer.
Air : On dit que je suis sans malice.
Fn dépit de votre air sévère , Oui , je vais d(5clarer la guerre Au plus grave des médecius.
FEftRiÈRE,
Pour répondre à vos traits ma bus , De Boileau , je dois vous Je dire , Je connais certaine satire.
NATALIE
C'est très-bien. Moi , mon cher docteur. Je sais tout iMolière par cœur.
( Elle entre dans la chambre à droite. )
SCEiVE X.
DUPERRIER , U^^ DEMAR , PERRIERE.
DUPERRIER
Prenez garde à vous, mon cher Ferrière... Mais en effet, je crois que ma fille a raison , vous paraissez ' ncore plus agité que ce matin.
FERRIÈRE
Eh ! Monsieur, qui est-ce qui ne le serait pas dans ma position? En vcriti», je ne sais comment vous apprendre la découverte que je viens de faire... La maladie de Firmin. . .
M"^ DÉMAR
Eh bien?
FERRIÈRE
Je la connais. . . Il n'a pu me dérober plus long-temps l'état de son ûme.
M™^ DÉMAR
Mais enfin, quelle est cette maladie? cpelle en est la cause?
FERRIÈRE
Cette maladie, c'est une passion, Madame; et la cause, c'est vous.
DUPERRIER
Ma fille !
Ce que je soupçonnais s'est vérifié, il vous aime , il vous adore; et ce n'est point une passion ordinaire, c'est un délire , une frénésie.
DUPERRIER
Ah! mon dieu I il ne manquait plus que çaî... Mais, étes-vous bien sûr?. . .
FERRIÈRE
Tont-à-rheore, il m'en a donné des preuves certaines.
Air de Psyc/iée.
A votre aspect il t>'est trahi lui-même ,
Oui , ses transports , hélas! m'ont tout appris!
Ali ! croyez-moi , c'est vous seule qu'il aime ;
Et mon cœur n'en est point surpris.
J'en juge ici par mon expérience , Auprès de vous , se trouvant chaque jour , Je douterais de son indifférence , Si je n'étais certain de son amour.