SCÈNE XI
LES MÊMES, JACQUES, dans le fond.
Pauvre jeune homme !
FERRIÈRE
Pourquoi le plaindre, Madame? son sort n'est-il pas Le Malade. 4
entre vos mains? et je suis convaincn d'avance que vou$ vous chargerez de l'adoucir.
Certainement, Monsieur, si cela est en mon pouvoir.
DUPERRIER
Ah! ça, docteur, qu'entendez-vous par-là?.. . Je ne vois pas trop comment ma fille. . .
FERRIÈRE
Vous devez sentir combien ma position est délicate. . r L'honneur , la reconnaissance , ma réputation , tout me fait une loi de gue'rir mon ami , de le sauver; et ce n'est qu'en renonçant à Madame que je puis y parvenir.
DUPERRIER
Qu'est-ce que j'entends?
JACQUES , à part.
11 paraît qu'il y a du nouveau. . . Ecoutons sans en avoir Tair,
DUPERRIER. Il passe au milieu.
Il y aurait bien un moyen d'arranger tout cela... un moyen excellent, et auquel je songe dans la minute. . . Car enfin vous ne vous convenez pas tous les deux. . . Vos caractères ne sont pas faits Pun pour l'autre.
M"^ DÉMAR
Oh ! pour cela , vous avez parfaitement raison.
DUPERRIER
Vous seriez peut-être malheureux ensemble. . . Réfle'cbis bien à cela, ma chère amie. M. Firmin Lefèvre est un jeune homme charmant qui aura une jolie fortune, et qui est malad-e d'amour pour toi, ce qui est toujours extrêmement flatteur. Quant au docteur, je le re'compenserai de sa noble conduite : il sera toujours mon gendre.
Que voulez-vous dire?
PERRIERE. .
Mais, en effet, je ne vous comprends plus.
JACQUES, à part.
Je comprends bien , moi ! ( // sort sans qu'on le voie. )
DUPERRIER
Oui, mon cher Perrière, puisque ma fille aînée ne peut être à vous. . .
x\iR de l'Ecole de village.
Pour embellir votre destin , Je, vous donne ma Natalie.
( A Madame Démar. )
Toi, ma chère, au jeune Firrain
Accorde ta main , je t'en prie.
Toutes deux , dans ces nœuds si doux ,
Vous serez heureuses, j'es^jère i
Enfin, par de tendres époux
Je me vois séparé de vous.
Ah ! qu'on est heureux d'être père î
PERRIÈRE
Certainement. . . je suis très-flattée. . . mais je ne crois pas que Mademoiselle Natalie consente. . , { A part. ) Cet horame-là a la passion des mariages !
Je suis au supplice!
DUPERRIER
Je ne me trompe pas ... je l'entends . . . c'est elle l . . » Si nous lui parlions sur-le-champ de notre projet?
FERRiÊRE , vivement.
Un moment , ne pre'cipitoas rien.
M'"^ DÉMAR, à part.
Sortons , je ne pourrais cacher mon trouble.
( Comme elle va pour sortir , Nalalie entre et la relient. )