‹ Le Malade Source de Contagion dans la Fièvre TyphoïdeChapitre 13 sur 30 · PENSE · texte numérisé non relu

PENSE

Le Dr Dumas relate dans ces termes une épidémie de famille “à qu'il a observée en 1882, à Cette :

Osservarion XVIL -— Je viens d’être témoin de trois cas de fièvre typhoïde survenus dans une famille, qui démontrent la contagiosité de cette fièvre. J'ai eu à soigner le père, la mère et la fille.

ro Père âgé. de 45 ans ; il travaille aux fumiers de la ville, où il passe ses journées. Il est tombé malade dans la première quinzaine du mois de . juillet dernier, et, après une période prodromique de quelques jours, il a dù garder le lit. Les symptômes de la dothiénentérie ont été très mar qués

et la guérison n’est pas encore complète.

2° Le malade était au 18° ou 20° jour de sa maladie, lorsque sa femme âgée de 39 ans qui, aidée de sa fille, l'avait constamment soigné, est at- 4 teinte à son tour. Inutile de décrire les symptômes de sa maladie, à laquelle |

elle succomba.

39 Ta pauvre mère était couchée depuis 10 jours environ, quand la fille : âgée de 20 ans, fut prise. Elle offrit bientôt tous les symptômes classiques |

de la typhoïde, qui fut assez grave. 3 Cette famille compte un quatrième membre, un fils vivant sous le même ‘a toit et qui n'a pas été atteint. Mais je dois dire que ce jeune homme, com- ; mis dans un bureau, restait peu à la maison-et couchait seul dans une

chambre petite mais aérée et isolée de celle des malades ; il ne prenait pas

toujours ses repas chez lui. L'appartement occupé au 3° étage par cette fa mille est très sain, très aéré, et chaque malade occupait une chambre petite, mais isolée. Les lieux étaient bien tenus. Me méfiant de la conta- 530 gion j'avais, dès le début de la maladie du père, donné quelques conseils #4 aux deux femmes afin de les y soustraire. J’ajouterai que cette maison est

habitée par plusieurs locataires, deux à chaque étage et qu'il n'y à pas eu d’autres cas parmi eux.

Comment s'est développée cette petite épidémie de famille,

ajoute l'auteur? Il ne me semble pas douteux que le père ail contracté sa maladie en travaillant aux fumiers de la ville qu

contenaent des matières fécales sans doute typhoïdiques. A Celle, en effet, beaucoup de maisons étant dépourvues de lieux de d'aisances, les déjections sont recueillies par des tombereaux «d hoc. Quant aux deux femmes, elles ne quiliaient pas le malade, lui: donnaient les soins les plus intimes et de tous les instants : elles ont en outre maintes fois lavé les linges salis par lui. Pour

peu qu'elles fassent prédisposées par leurs fatigues physiques et morales, il est évident qu'elles se trouvaient dans les conditions les plus favorables pour la contagion. Si le mode intime de celle-ci reste obscur, le fait n’en est pas moins évident et ne saurait être contesté. Comment interpréter autrement que ne l'a fait l'auteur, celle épidémie? L'eau, bien qu'il n'en parle pas, ne doit pas être mise en cause ; en effet le fils qui le plus sôuvent prend ses repas avec sa famille, les gens qui habitent la . maison n'ontpas eu à souflrir de la maladie. Combien simple est cet enchainement de cas si l'on admet le malade comme source directe de la contagion.

= Le D: Lardier raconte également une épidémie qui sévit dans sa propre famille : |

OsservarroN XVIII (Résumée). — Au commencement de -septembre 1885, la belle-mère de l’auteur, M%° G..., 55 ans, fut prise de fièvre typhoïde. L' état de la ville (Rambervillier s) était excellent ; il n’y avait, à cette époque, qu'un seul cas de la même maladie ayant frappé un jeune homme de 15 ans, soigné également par le D" Lardier.

L: origine de cette bte infectieuse échappait aux recherches du médecin. Toutefois, la fenêtre de la cuisine de la damé G... donnait sur un tas d’immondices qui répañdaient aux alentours des émañations parfois très nauséabondes. Le propriétaire de ce’ dépotoir y déversait régulièrement les détritus et les matières fécales de tous les habitants du voisinage. Je m'étais fait au sujet de cette affection, dit l’auteur, une opinion bien arrêtée, et je croyais, avec bon nombre d’observateurs, que la fièvre typhoïde se propageait par les voies digestives plutôt que par les voies respiratoires. Ne pouvant incriminer l'eau, J'avais bien été obligé d'admettre - que le voisinage de ce tas d’ordures était la cause de la maladie.

Quelques jours plus tard, la bonne de Mo G.... fut atteinte à son tour d’une façon bénigne.

Les deux malades n'étaient pas encore entrées en convalescence quand l'une des filles de M°G..., Mme X..., vint passer quelques semaines auprès dé sa mère ; cette dame allaitait un enfant ; elle fut malade ainsi que la bonne qui l’accompagnait. Et cependant cette jeune dame venait de quitter son pays, dans la Haute-Saône, absolument indenine, dans lequel, j'ai reçu des renseignements précis à cet égard, aucun cas de fièvre Lyphoïde

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n'avait été signalé depuis fort longtemps. C’est environ 15 jours après leur arrivée à Rambervilliers que ces deux personnes tombèrent malades. Pres-. que au même moment, un des enfants du D' Lardier, âgé de 7 ans, qui,

dès le début de la maladie de sa grand'mère, M®* G..., avait passé plusieurs jours chez elle, y avait mangé et couché, fut pr is des mêmes accidents. Cet enfant avait bien manifestement contracté son mal chez sa

grand'mère, dans cette maison qui, véritable foyer épidémique, comptait

\ das quatre victimes. Cela renversait un peu l'opinion qæ je m étais faite au sujet de la contagion de la fièvre (a) phoïde, dit le D' Lardier, mais les faits étant de toute évidence, mon opinion se brisait devant eux.

Le 16 octobre, le jeune fils dont nous parlons tombait malade ; 0 la mère |

soigna son fils et la maladie ne lé épargna pas. Il serait bien difficile de nier la contagion dans ce cas nouveau. En effet, je dirig oeais moi-même la dé-

AE des appartements, des garde-robes, des Roue souillés par l'en-.

fant, Les soins les plus attentifs ont été pris au sujet de. l'alimentation et, par surcroît de précautions, l’eau de boisson fut exclusivement minérale. re que ces mesures suffiraient à préserver les autres habitants, inais il n'en devait pas être ainsi ; et le 1°* janvier la fièvre typhoïde éclatait ‘chez le fils aîné, et se ter minait par la guérison. Il n'y eut pas d'autre cas dans toute la ville.

Que peut-on reprocher à à cette observation ? auteur, partisan bien arrêté de l'étiologie par l’eau de boisson, n'a pu trouver l'origine de lé ue et malgré l'emploi d'eau minérale a vu lé mal se progager dans sa propre maison. Quels détours faudra-t1l prendre pour prouver quel eau doit être rendue responsable de ce cas? Combien plus rationnel d'admettre que le malade a transmis la dothiénentérie par l'un des modes que nous

étudicrons plus loin.

L'observation suivante, qui nous est fournie par le D' Gauthier (de Charolles), est un remarquable exemple d'épidémie de famille dans lequel le malade a été Ja source indubitable et directe. de la contagion.

Onsenvarion MIX. — La famille Tissier, composée du père, de la mère, de sept garçons âgés de douze à vingt-huit ans, d'une fille âgée de seize ans, habite une ferme isolée de près d’un kilomètre de toute autre habitation. Le père, âgé de soixante-cinq ans, est né dans la ferme, n’y a jamais vu

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