CREME
de femmes, qui ne devrait avoir que 54 lits, mais dans laquelle on trouve quelquefois moyen d’entasser jusqu'à 45 malades.
D'où ce résultat facile à prévoir de 13 cas de contagion dont 2 mortels sur 178 typhiques.
M. Duguet ajoute aux chiffres de M. Gérin-Roze quelques cas de contagion indiscutables qu'il a observés depuis quatre ans à Lariboisière : en 1882, chez une jeune fille de service de la salle des hommes : en 1883 et en 1884 chez six malades entrés pour des affections diverses : enfin chez deux malades en 1885. Ils étaient tous dans les salles depuis plusieurs semaines quand s'est déclarée chez eux la fièvre typhoïde. M. Robin, sur 307 dothiénentéries qu'il a eu à soigner de 1881 à 1886 a observé { cas de contagion s'étant très nettement produits dans les salles. M. Desnos cite 2 cas.
M. Richard rapporte qu'à l'hôpital militaire de Munich où les typhoïdiques sont soignés dans un pavillon isolé admirablement installé au point de vue des règles de l'hygiène et de la prophylaxie, les infirmiers qui sont en rapport constant avec les malades, et couchent même dans les salles, sont {ous atteints de la maladie. Il admet que le fait pour la plupart de ces jeunes gens d'arriver de la campagne favorise la contagion. ù
Le D' Kelsch cite ce fait qui ne peut guère avoir d'autre origine que la contagion :
Ogservarion XXX VIIL. — C'était en 1876, à Batna. Un corps de troupe, de passage dans cette localité et venant de Constantine, où la fièvre typhoïde est endémique, laisse dans notre hôpital un militaire chez lequel ne tardent pas à apparaitre les symptômes caractéristiques de la dothiénentérie, confirmée d’ailleurs par l'autopsie. Vingt jours après l'admission de ce malade à l'hôpital, son voisin de lit, en traitement pour fièvre palustre simple, contracte la fièvre typhoïde et guérit. Or, ajoute l'auteur, cette maladie est rare à Batna ; ces deux cas furent, je crois, les seuls que j'y ai observés pendant près de deux ans que j'y ai résidé: l'hôpital, à l’époque où se passait cet épisode, n'était nullement encombré: les selles du premier malade étaient soigneusement désinfectées et écartées au fur et à mesure. Comment expliquer le deuxième cas autrement que par la contagion}
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Le D' Catrin a envoyé à la Société médicale des hôpitaux l'observation suivante qui est également des plus probantes :
Ousenvarron XXXIX. — Le nommé Il..., 22 ans, était entré à l'hôpital 4 de Joigny, le 14 janvier 1886, pour fracture de jambe ; il avait eu une bonne santé générale pendant la durée de.la consolidation de sa fracture ; il était même devenu un peu obèse.
Le 28 février, entre à l'hôpital le nommé B..., atteint d'embarras gastrique fébrile, qui ne tardait pas à prendre les caractères de la fièvre typhoïde. À son arrivée, B... occupait un lit en face de celui de H..., puis, après deux ou trois jours, était transféré dans une salle voisine, qui n'est .sépar ée de la p' écédente que par une porte vitr ée fr équemment ouverle.
Le 9 mars, une deuxième dothiénentérie entrait à l hôpital et était placée immédiatement dans la salle occupée par B.. #
Le 21 mars, je faisais évacuer la salle voisine de celle des ty phoïdiques et tous les malades étaient transportés dans une autre chambre un peu plus éloignée. |
pus 23 mars, FH... se plaint de céphalée, toux, constipation, puis peu à peu les symptômes s'affirmentiet le 30 mars (taches rosées). H... est tr ansféré dans la salle des typhiques où il meurt le 4 avril au soir. ï
L'autopsie a confirmé pleinement le diagnostic. Nous devons ajouter que dans cette salle même des typhiques, avait été placé un engagé conditionnel atteint de pneumonie à forme typhoïde ; ce malade a guéri de sa pneumonie et n’a pas ‘été atteint de dothiénentérie.
M. le D' Le Gendre dans sa thèse inaugurale rapporte 19 cas intérieurs observés en deux ans et demi dans le service de M. Bouchard à Lariboisière. Presque tous les malades atteints étaient des dilatés de l'estomac, et le D' Le Gendre incrimine la pauvreté du suc gastrique incapable de détruire au passage les germes pathogènes.
La même année (1886) E: Steger, à Würthourg, publie une étude sur infection typhique dans les hôpitaux. Il rapporte que Bärwind à consigné dans sa thèse 26 cas de fièvre typhoïde à l'hôpital du Saint-Esprit à Francfort, pour lesquels’ il admet une contagion directe. Von Gietl dit que dans les hôpitaux de Munich sur 50 typhiques, 1 aurait contracté sa maladie à al hôpilal. Dans une autre publication, Gietl admet une proportion
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de 6 pour 100 de faits de contagion : il pense que ce sont surtout les typhiques à forte diarrhée et avec des escarres qui | constituent les foyers de contagion pour leurs camarades ; il croit aussi que l'extension des fièvres typhoïdes dans un hôpital est inversement proporlionnelle au degré de propreté, et qu'on s'en protégerait par l'isolement. Bausen signale, de 1861 à 1865, une infirmière contagionnée à la clinique médicale de Berne et à Zurich, de 1863 à 1879, huit infirmières de l'isolement et huit laveuses. Bierner soutient que le germe est répandu soit par le malade lui-même, soit par son linge souillé. I s'appuie sur les cas d'infection observés par lui-même. Wernich cite aussi des cas analogues de contagion par les objets intimes des malades. IT admet la contagion par la peau. Enfin Steger, sur 37 observations de cas intérieurs survenus à Juliuspital à Würtzhourg, tout en incriminant l’eau, dit qu'il ne peut pas démontrer l'impossibilité de la contagion directe par les malades, dans quelques cas.
Le D' Anton Gat, dans un article intitulé : « Les fièvres typhoïdes à la clinique médicale de Kiel dans ces 15 dernières années » relate sur 597 fièvres typhoïdes 33 cas intérieurs, c’està-dire 5,5 pour 100, dont 18 malades entrés pour une autre affection, 9 infirnuers ou infirmières, 6 personnes ayant d’autres occupations dans l'hôpital. Le P' Herman Eichhorst dans une étude clinique très détaillée de l'épidémie de Zurich de 1884. rapporte 6 cas intérieurs qu'il a observés à l'hôpital, une blanchisseuse qui lavait le linge des typhiques, un garçon de salle qui battait les matelas, un infirmier et une infirmière et deux membres du corps médical dont un remplissant les fonctions de médecin en second. Le P' Wagner en quatre ans à réuni sur un total de 600 fièvres typhoïdes environ 20 cas intérieurs. Il ne donne aucun détail, dit seulement que ces 20 cas concernent le personnel médical, des malades et des convalescents. Le D° Freundlich de Fribourg rapporte en 5 ans g cas intérieurs sur 228 cas qui furent traités à la clinique (Hauser).
CONTES Le D' Finkler de Bonn rapporte que trois malades atteints de dothiénentérie furent apportés de Dollendorf dans son service de Bonn et y furent l’origine d’un foyer nosocomial qu'il
attribue à la contagion directe,
Onservarion XL (d’après Hauser).
Entrèrent à la clinique :
x cas le 18 nov. 1885. EF. Dreesen de Dollendortf.
Je cas le — Agnès Hôfer.
3° cas le 24 2 Marguerite Hôfer.
Furent successivement atteints :
h°-cas le 14 déc. 1885. Lucie Muller, blanchisseuse.
5° cas le 17 22 Kullmann, femme enceinte, qui aidait à la buanderie.
6° cas le 24 = Maria Volte, infirmière.
7° cas le 29 . Listermann était toujours avec Kullmann et.
la soignait.
8° cas le 29 2u: Élise Born, blanchisseuse.
9° cas le 8 janv. 1886. Elise Gossmann, malade en traitement dans ; la même salle que les sœurs Hôfer.
10° cas le 20 janv. 1886. Gertrude Jacob, blanchisseuse. 11° cas le 20 — Kraushan, infirmier.
12° cas le 22 E Maria Sinzig, blanchisseuse.
Aucun autre cas. Ainsi donc furent seules atteintes des personnes en contact immédiat, soit avec les typhiques, soit avec leur linge souillé. Étaient directement en contact avec les typhiques : linfirmière n° 6, la malade n° Q, l'infirmier n° 11. Les quatre blanchisseuses ne s’occupaient pas spécialement du linge des typhiques. Quand les trois premières tombèrent malades, quelques servantes refusèrent de laver le linge des typhiques, et la quatrième atteinte fut justement celle qui s'en était chargée. Des deux femmes enceintes, l'une aïdait au blanchissage, la seconde soigna la premijère quand elle s’alita. Toutes les deux moururent. Ces neuf malades habitaient loin les uns des autres, mangeaient séparément, buvaient l’eau de la conduite, comme tous les habitants de la clinique, dont aucun ne contracta la maladie. Mème les quatre blanchisseuses ne couchaient pas dans le même dortoir. On ne peut rien trouver qui fût exclusivement commun à ces neuf personnes seulement, ni comme nourriture ni comme boisson, et force: nous est d'incriminer la contagion directe et le linge souillé, L'épidémie resta exclusivement cantonnée à l'hôpital.
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Le D' Lavrand, professeur à la Faculté de médecine de Lille dans un travail sur la contagiosité de la fièvre typhoïde, rapporte sept observations qui viennent à l'appui de notre thèse, et qui ont d'autant plus de valeur que l’auteur avait loujours considéré la contagion par le malade comme très rare, sinon impossible. IL s’agit d’internés, c’est-à-dire de gens vivant à l'intérieur de l'hôpital sans en sortir, les uns comme malades depuis au moins deux mois, les autres infirmiers et infirmières qui soignaient des typhiques depuis plusieurs semaines. L'eau de boisson et l’eau d'usage proviennent de sources eaptées dans de bonnes conditions ; depuis que les canalisations sont établies dans la ville, on n'a constaté aucune épidémie typhoïde chez les habitants qui en font usage.
En 1891, à l'hôpital militaire de Maubeuge où étaient soignés des typhoïdiques venant d'Avesnes, 11 infirmiers sur 55 constituant le détachement contractèrent la fièvre typhoïde. Or l'hôpital boit la même eau que la caserne Joyeuse du 145° de ligne qui n'eut pas un cas dans cette période (J. Arnould).
En 1892, le D'G. Lemoine a vu, en l'espace de quinze jours, quatre cas de fièvre typhoïde se développer dans ses salles, alors que trois autres élaient en traitement pour la même affection. Nous rapporterons son observation, parce qu'elle montre bien que les objets à l'usage du malade sont susceptibles de transmettre la maladie.
Osservarion XLI. — Sur ces 4 cas, un est survenu chez un infirmier spécialement affecté au service des typhiques, les 3 autres hommes atteints étaient en traitement dans ces salles pour rhumatisme articulaire aigu ; Fun d'eux était couché près des malades atteints de fièvre typhoïde ; les 2 autrés, au contraire, étaient couchés dans des lits très éloignés de ceux-ci et n’ont pas été, très certainement, en raison de leur affection, en contact avec les typhiques. Tous deux cependant étaient très rapprochés l'un de l’autre et semblaient avoir été contagionnés par un même foyer, ou lun par l’autre. Ces 3 malades furent ensuite envoyés dans une partie isolée de la salle, en même temps qu'on procédait à une désinfection sérieuse.
Aucun nouveau malade ne fut atteint par la suite.