CLIC RUES
Quelles sont donc les circonstances qui ont présidé au développement de ces 4 cas intérieurs, lesquels relèvent d’une cause d'infection très loca-
lisée. Seules, les chaises servant à recevoir les déjections des malades nous.
ont paru devoir être incriminées. Nous ne sommes arrivé cependant à cette conviction que par élimination successive de tous les autres facteurs étologiques, auxquels nous avions pensé, puisque nous n'avons pu déceler directement dans les chaises l’agent spécifique de la maladie.
Un fait nous avait tout d'abord frappé, à savoir que 3 des hommes atteints © sur # avaient un rhumatisme articulaire aigu en pleine évolution, qui les retenait au lit d’une façon absolue et qui les forçait d'aller à la selle sur
une chaise à proximité de leur lit, tandis que tous les autres atteints de
rhumatisme articulaire aigu et subaigu, ou convalescents, se servaient d’autres chaises, ou inioue aux OA situées en dehors des salles. Le milieu dans lequel étaient nos malades était-il tout particulièrement infecté? Nous ne pensons pas qu’on doive ici faire intervenir l'encombrement, pas plus que l'influence d’un milieu typhogène bien intense ; en effet, il y avait dans la salle 47 malades sur 58 lits, comme d'habitude à cette époque, et, d'autre part, le milieu typhogène n'était pas intense, pique 3 hommes seulement venaient d'entrer pour fièvre typhoïde et
qu'il n’y en avait pas dans les autres services de notes Enfin, en ville,
comme dans la garnison, la maladie ne régnait pas à l’état épidémique. De plus, une enquête nous a appris que sur les 47 malades, pour la plupart jeunes soldats, 39 étaient indemnes de toute dothiénentérie antérieure. On s’expliquerait donc mal que sur 39 jeunes gens aptes à recevoir l'agent typhogène, { seulement aient été atteints, si l’on voulait faire intervenir l'atmosphère. Tous, en effet, étaient dans le même milieu, dans une même salle, dans les mêmes conditions d'aération d'hygiène. En outre, plusieurs d’entre eux, voisins immédiats des typhiques, n’ont point été conlagionnés bien que dormant près des chaises destinées à recevoir les déjections typhiques. Il est vrai que l’infirmier du service a été atteint, mais cela peut s'expliquer par l'accomplissement de ses devoirs professionnels ; les 3 autres semblent, pour ainsi dire, avoir été choisis parmi tous les malades, et leur atteinte ressemble à une véritable inoculation. Voici, en ellet, comment nous nous expliquons cette contamination.
Malgré les ordres exprès donnés à l’arrivée des premiers typhoïdiques auxquels devaient être affectées spécialement 2 chaises, l’une d'elles fut transportée au fond de la salle, près des 2 malades atteints de rhumatisme arliculaire aigu. Ces > malades seuls en firent usage. Quant au 3°, dont le Hit était adossé À une cloison le séparant des typhiques, il nous avoua s'être servi de la chaise de ces derniers. Il semble difficile, en face de ces faits,