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tracte la fièvre typhoïde pour son propre compte ; mais n'est-1l pas possible qu'un sujet non récepüf, les ayant pris tout aussi bien, les transporte quelquefois et devienne le véhicule, l'intermédiaire inconscient de la contamination d’autres personnes, réceplives, celles-là, au contact desquelles 11 pourra se trouver ensuite ?
On‘trouve, chez les auteurs, quelques exemples d'individus sains qui, ayant séjourné dans un milieu typhoïdique, ont rapporté la maladie dans un groupe -sain sans en être atteints euxmêmes. Malheureusement cette constatation n'est pas facile à faire, pour diverses raisons, mais surtout parce que l’on cherche d'abord dans une autre direction la cause des cas actuels.
Schüler, dans la relation d’une petite épidémie qui éclata dans le canton de Glaris, à Mollis, signale le fait d'un’ enfant qui, venant d'une maison où sa mère était malade, semble avoir transmis la fièvre sans en être atteint lui-même.
Budd rapporte deux exemples de cette contamination par une tieree personne ; il a soigné pour une fièvre typhoïde grave, le femme d’un boucher de North-Tawton, à une époque où aucun autre cas n'existait dans la ville. La mère de cette femme, quelques jours avant l'invasion de cette maladie, était revenue d'une maison située à 7 milles de à, où elle avait passé plusieurs
semaines remplissant les fonctions de garde auprès d'une malade
affectée de dothiénentérie.
OgservarioN LV. — Au mois de décembre 1867, deux jeunes filles vivant à la campagne, à deux milles de distance, furent affectées de fièvre typhoïde. Il n'en existait pas dans leur voisinage, mais elles étaient restées le même jour, longtemps enfermées avec une couturière qu'elles ‘avaient fait venir el qui, à cette époque, soignait un de ses enfants atteints de cette maladie. Elles tombèrent toutes deux malades dans les quinze Jours qui suivirent leurs rapports avec celte ouvrière.
Le D'J. Arnould a relevé le cas d’un médecin, le D' Baelde,
qui se demande s'il n’a pas apporté lui-même la fièvre typhoïde à une femme restée sans relation avec le premier foyer de l'épi-
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démie de Marcq-en-Barœul (188) ct qui tomba malade quinze Jours après avoir été soignée d’une fausse couche par ce médecin, occupé à la même date à visiter les prenmers typhoïdiques. On a clairement retrouvé le transport par des tiers indemnes, dit encore Arnould, dans l'extension de l'épidémie d’Avesnes aux localités voisines en 1891. M. le D' Gardin a bien voulu me communiquer sept observations de ce genre, parmi lesquelles je citerai la façon dont la maladie se répandit à Bas-Lieu : le premier malade de cette localité fut (le 28 juin) un enfant de 10 ans, qui habitait avec sa mère une maison isolée et buvait une eau sans soupçon. La mère, porteuse de pain, exerçait sa profession dans Avesnes, et chez des typhiques. De plus, une jeune repasseuse, huit jours après la mort de son propre frère atteint de dothiénentérie, avait travaillé 24 heures chez la boulangère. Ni l'une ni l’autre de ces deux femmes ne fut malade, mais, le 30 juin, le fils de Finstituteur, camarade intime du premuer atteint, se couchait à son tour, puis sa mère et enfin l'insttuteur lui-même.
M. Gardin qui soignait des typhiques jour et nuit, et resta indemne, est convaincu qu'il a apporté la maladie à sa bonne qui ne sortait jamais, n avait Jamais bu d’eau d’Avesnes, et fut néanmoins atteinte en août.
M. Siredey a rapporté à la Société médicale des hôpitaux ce fait qu'une femme de ménage ayant son enfant atteint de fièvre typhoïde se rendait tous les jours chez une dame vivant avec son fils, à laquelle elle servait de domestique. Le jeune homme prit la maladie et bientôt après la mère fut également atteinte. Qu'on explique ce cas de la façon que l'on voudra, soit par le transport par les mains non lavées et portées sur la vaisselle ou les aliments, soit par le transport de poussières spécifiques dans les vêtements, le fait n'en reste pas moins acquis.
Nous trouvons dans la thèse du D' Berthier le fait suivant:
Ogsprvarion LVI. — Un nommé G..., de Rosières, près de Troyes, sa
Rocer, 4
femme et ses deux enfants sont atteints de fièvre typhoïde. La grand'mère ‘de la femme G... reste seule valide dans la maison. Or, une femme de Viélaines, hameau distant de Rosières d'environ deux kilomètres, M®° B... qui fait des fromages et ne boit jamais de lait, demande au D Viardin si elle peut recevoir chez elle tous les matins la grand'mère de la femme G... qui lui propose de lui vendre son lait. Sur une réponse affirmative, elle accepte. La femme B... prend la fièvre typhoïde et en meurt, seule dans
le village de Viélaines.
Comment expliquer cette coïncidence extraordinaire, si l'on ne veut pas admettre le transport du contage ? Pour notre part nous nous refusons absolument à chercher une autre cause.
Le D' Hauser, dans sa thèse inaugurale, rapporte aussi que deux sœurs de l'hôpital de Künigswinter, qui avaient soigné des typhiques à Dollendorf, soignèrent à leur retour chez elles la femme de l'horloger Stang qui souffrait d’une maladie chronique. Il n'y avait alors aucune épidémie à Künigswinter ; cependant les trois enfants de l'horloger Stang ne tardèrent pas à éprouver les symptômes de la dothiénentérie, et furent la source d’une épidémie nosocomiale.
Il cite encore le cas d’un enfant de 10 ans qui fut vraisemblablement contaminé par sa mère qui passait ses journées dans une maison voisine de la leur, à soigner huit dothiénentériques d'une même famille.
Que conclure de tous ces faits ? Ils ne sont pas encore assez nombreux pour qu'on puisse se faire une opinion nette. Nous avons cependant cru devoir les mettre en relief pour atürer l'attention sur une question grosse de conséquences pratiques.
VI. — Le malade, source de contagion par l’intermédiaire des latrines, cloaques et égouts.
S1 le malade peut constituer un centre de contagion, il en est de même de ses produits pathologiques et particulièrement de ses déjections qui créent un nouveau centre dans les latrines,
cloaques etégouts où ils ont été jetés sans désinfection préalable. Dans ce cas, c'est par l'intermédiaire de Fair qui transporte l'agent spécifique, que se fait la contagion.
De même, en effet, qu'une lierce personne peut transporter le contage pris au chevet du typhoïsant, de même l'air est suscephble de propager le microbe pathogène hors du foyer secondaire créé par les déjections du malade.
De quelle manière se fait cette transmission du bacille ?
Nous ne ferons que rappeler l'énorme influence qu'on a altribuée pendant longtemps aux émanations fécales où excrémentitielles de toute nature dans la genèse de la fièvre typhoïde : est-il besoin de parler des discussions ardentes suscitées par cette question au sein de l'Académie de médecine à propos des épidémes de 1877 et de 1882. Murchison, Budd, Griesinger et beaucoup de médecins français ont attribué les épidémies aux émanations de toutes sortes, aux exhalaisons des latrines mal tenues. En Angleterre, on a mis en cause les égouts et Guéneau de Mussy crut devoir traduire chez nous les accusations dont se remplissent alors la presse et les échos anglais. Ces explications ne nous satisfont plus aujourd'hui : tout au plus admet-on que ces émanations sont une cause adjuvante dans le développement de la maladie.
Mais alors, comment l'air estl le véhicule du germe?
Les déjections ou produits pathologiques du malade sont jetés dans des fosses, dans des cloaques ou bien sur des fumiers, le plus souvent sans avoir été désinfectés, soit par ignorance, SOIL par négligence. Il peut se faire que ces matières excrémentitielles parviennent jusqu'à la nappe souterraine et nous aurons alors une épidémie d'origine hydrique, mais point n’est besoin qu'elles arrivent jusque-là pour être redoutables. Il est une autre façon, heureusement rare, pour elles, d’être dangereuses: En effet, ces matières renfermées dans les latrines, fosses ou cloaques peuvent se déposer, par suite de l'évaporation, sur les parois de leur contenant; elles peuvent s’y dessécher et se transformer en
poussières. La colonne de gaz plus ou moins humide, qui monte à l'air libre enchaînant avec elle les particules organiques auxquelles sont fixés les bacilles, ceux-ci se trouvent emportés et disséminés aux alentours de leur foyer d'origine et s’il se trouve des organismes en élat de récepuvité, les infectent soit par la bouche, soit plutôt par les voies respiratoires.
Nous allons passer en revue toute une série d'observations : qui prouvent que ce moyen de contagion n’est pas dénué d'importance et qu'il peut servir à expliquer bien des cas d'origine douteuse. Nous verrons quel appui la bactériologie donne à cette opinion.
Nous emprunterons d'abord quelques exemples à Murchison. Remarquons que les observations de cet auteur ont été faites avec le plus grand soin en ce qui touche la contamination possible des eaux de boisson : pour lui, en effet, la fièvre typhoïde était due à l'air ou plus souvent à l’eau potable corrompue par des matières fécales ou organiques en putréfachion. S'il attribue un rôle à l'air dans ces cas, c’est que réellement l'eau ne pouvait
être mise en cause.
OsservarioN LVIL. — Vers Pâques 1848, une formidable épidémie de fièvre typhoïde éclate dans Westminster School et dans les cloîtres de l’abbaye. Pendant quelques jours ce fut une panique dans le voisinage à cause de la fièvre de Westminster. Aucun cas de fièvre ne s'était manifesté depuis trois ans dans ces cloitres et rien ne prouvait qu'elle eût été im portée. En onze jours, elle atteignit 36 personnes. Peu de temps avant l'apparition de cette maladie, il y avait eu deux ou trois journées excessivement chaudes et on se plaignit dans les maisons en question d’une odeur désagréable au point de donner des nausées. On découvrit que la maladie suivait très exactement dans sa marche la ligne d'un égout particulier, sale et négligé, immense cloaque dans lequel des matières fécales avaient été accumulées depuis des années sans aucune issue, et dans lequel 1e contenu de quelques autres petites fosses avait été déversé avant l’apparition de la fièvre. Ge cloaque communiquait par des ouvertures directes avec les égouts de toutes les maisons dans lesquelles la fièvre éclata, à l’exception d'une seule située à une petite distance. La commission sanitaire