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une proportion moindre au 11° escadron du train. Évolution de l'épidémie en deux fois : première manifestation à marche lente ét progressive du 20 juillet au 20 août, sur les trois escadrons simultanément ; cessation de l'épidémie à la suite de l'évacuation du quartier. Nouvelle poussée à début brusque du 10 au 15 octobre, strictement limitée au 1°* escadron du h° chasseurs ; cessation définitive de l'épidémie après l'évacuation du quarlier par cet escadron. Dans le mème quartier, intégrité absolue du peloton hors rang du 4° chasseurs et des sous-officiers. Intégrité de la compagnie de remonte et de la section d'administration. Intégrité de la population civile de Tunis et des troupes casernées en ville. Contamination au contraire de la population avoisinant le quartier et la petite garnison du Bardo.
Quelle étiologie pouvait rendre compte de toutes les particularités présentées par l'épidémie?
L'origine hydrique, à laquelle en raison de son importance toute spéciale et de sa fréquence nous attribuions presque de parti pris au début le développement de l'épidémie, a dû être abandonnée définitivement et pour des raisons péremploires. La ville de Tunis buvait la même eau que le quartier Forgemol et n'avait pas d'épidémie ; dans le quartier même, certains COrps avaient eu une immunité complète. L'analyse bactériologique pratiquée au plus fort de l'épidémie, montrait que l'eau prélevée aux différents points du quartier était partout d'excellente qualité. Ce résultat était conforme à celui qui avait été fourni par des analyses précédentes et à celui que devaient donner les analyses ultérieures. L'ébullition de l’eau de boisson fut pratiquée dès le début et les hommes mis dans l'impossibilité de boire d'autre eau que de l'eau bouillie.
Les autres facteurs ordinairement incriminés dans l’éliologie des épidémies de fièvre typhoïde ont été soumis à un contrôle des plus minutieux. Les renseignements qu'ils ont fournis sont absolument négatifs.
L'épandage d'engrais humain, pratiqué dans une propriété voisine du quartier, parait être la cause première de l'épidémie propagée ensuite dans une certaine mesure par la contagion. À 300 mètres environ du quartier Forgemol, on pratique dans un terrain l'épandage des vidanges provenant des tinettes de l'hôpital du Belvédère et de la compagnie du génie logée à la Kasbah. Le plus souvent ces matières sont laissées telles quelles sur le sol; or du mois de mai au mois d'octobre 1897, il n’est peut-être pas tombé à Tunis une goutte de pluie. Par contre, des vents chauds et violents n'ont guère cessé pendant cette période de souffler sur le pays. Les conditions ont donc été très favorables pour que les matières fécales fussent desséchées, réduites en poussières et entraïnées au loin. Or, à une distance
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de moins de 500 mètres s'étend le vaste champ de manœuvres du train et des chasseurs, où ceux-ci évoluaient en soulevant d'énormes nuages de poussières. Le quartier Forgemol lui-même pouvait à la rigueur être accessible à ces poussières, aucun obstacle ne s’élevant entre le champ d’épandage et les bâtiments militaires. Remarquons, à ce pr opos, que les fenêtres de-la section d'administration étaient, de par leur orientation, tout à fait inaccessibles à ces poussières, qui pouvaient pénétrer facilement dans les chambrées des autres corps.
À l'intérieur du quartier, la vie sédentaire des hommes du peloton hors rang et de la section d'administration les exposait infiniment moins que les chasseurs et les, hommes du train à respirer des poussières nocives. L'immunité de la compagnie de remonte s'explique de la mème façon.
Le nombre de cas de dothiénentérie se trouva être, pour chaque corps, proportionnel à son degré de fréquentation du champ de manœuvres. La brusque récidive de l'épidémie, strictement limitée au commencement du mois d'octobre au 1°" escadron s'explique par ce fait que dans les quinze jours qui précédèrent, le premier escadron évolua seul sur le terrain, où il exécuta l’école d’escadron.
Enfin, parallèlement à l'épidémie du quartier Forgemol et alors qu'à Tunis la population était indemne, plusieurs cas se sont montrés clans les fermes voisines du champ d'épandage. La morbidité fut de 20 à 25 pour 100.
Les recherches bactériologiques entreprises pour déterminer la cause de l'épidémie ont montré que l’eau prélevée à plusieurs reprises aux différentes bornes-fontaines du quartier Forgemol était d'excellente qualité. Les matières fécales prélevées dans le dépotoir n’ont révélé que des coli types, sans bacille d’Éberth. L'analyse de la terre, prélevée à la surface du terrain d'épandage a montré des bacilles d'Éberth; c'est aussi l'opinion du P' Vaillard qui les à étudiés en son laboratoire. L'analyse des poussières recueillies soit au quartier, soit sur les feuilles des végétaux entre le terrain d'épandage et le champ de manœuvres n ‘ont révélé que des coli-bacilles.
Le fait néannfoins que le bacille d'Éberth a été rencontré dans la terre du champ d'épandage est de nature à faire supposer qu'il pouvait être véhiculé au loin par le vent.
Nous avons tenu à citer cette belle observation qui est une preuve à la fois de la contagion par l'air et par la souillure du sol. Elle est très intéressante en ce que, pour la premièr e fois, elle contient le résultat d'examens bactériologiques conscien-
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cieusement faits et dont l'importance est capitale dans ce genre de recherches. | LS Les couches profondes du sol ne sont pas moins dangereuses à l'occasion que celles de la surface. Les germes pathogènes peuvent en effet, être entraînés par la pluie ou les eaux dans la profondeur. A la vérité, le bacille typhique n'y a guère été démontré
directement jusqu'à présent ; nous ne connaissons que les ten-
tatives infructueuses de Galfky à Wittenberg et de Fraenkel à Berlin, auxquelles il faut cependant joindre les recherches cette fois couronnées de succès faites par Tryde sur la terre recueilhe dans la cour de la caserne de la marine à Copenhague. Les D’: Rembnger et Schneider ont aussi trouvé la bacille d’'Eberth dans les matériaux de déblais d’une cour de caserne (Vitré) où s'étaient produits quelques cas de dothiénentérie. Ils l'ont trouvé encore dans quatre échantillons de terre, soit superficielle, soit profonde (un mètre), recueillie dans les cours et les jardins du Val-de-Grâce.
Ces germes pathogènes peuvent être ramenés à la surface du sol par les tranchées et les fouilles nécessitées par les travaux publics. Maintes fois, les bouleversements du terrain urbain ont fait naître la fièvre typhoïde au milieu des groupes fixés dans le voisinage des travaux, comme ils suscitent parfois la malaria et l'ictère.
Ainsi, l'épidémie de Bordeaux,en 1887-88, a été causée par des fouilles faites dans un quartier de la ville pour l'installation des tuyaux du gaz : c'est dans ce quarüer que la maladie a sévi le plus fort. L'analyse des eaux, faite par le D' Blarez, professeur à la Faculté, n'a rien démontré, sinon que les caux bues par la population bordelaise étaient excellentes. (Lassime.)
-.Le D" Kelsch rapporte plusieurs exemples analogues. En 1888, des travaux de terrassement effectués devant la caserne de Neufchâtel, à Reims, en vue de l'établissement d’un égout, furentimarqués par une épidémie sévère de fièvre typhoïde, qui vint frapper le 132° de ligne. De l'enquête faite à ce suJel
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