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l'acropole de PARIS 123
puisque la République a encore des censeurs, autant vaut s'en servir que de les appointer pour ne rien faire '. Et puis, encore une fois, on ne comprendrait pas pourquoi les gérants des spectacles de Montmartre seraient dispensés dune sujétion qui régit nos théâtres même subventionnés. Et, tout compte fait, notre censure est si discrète que, même après ses sages avertissements, la clientèle des bouis-bouis trouvera encore, sur la Butte, une quantité suffisante de gros mots à entendre et de chair humaine à regarder.
Le mieux, assurément, serait que nous fussions à nous-mêmes nos propres censeurs , et qu'un restant de bon goût nous préservât des calembredaines sales dont la contagion se répand de proche en proche et menace de tout atteindre, de tout gâter... Certes, il ne faut pas exagérer l'influence des bouis-bouis, ni redouter outre mesure le rayonnement de Montmartre sur la France. Pourtant nous assistons depuis quelques années, sous prétexte de manifestations littéraires et artistiques, à des mystifications très calculées, qui n'ont aucun rapport ni avec la littérature ni avec l'art. Nous avons vu naître, à la surface de
4. D'après la dernière édition de YAlmanach national, le service de la censure est confié à sept inspecteurs et inspecteurs adjoints des théâtres. Vraisemblablement, ces messieurs ne travaillent pas beaucoup.
noire société, celle lare nouvelle, que Jeux écrivains très différente, M. Maurice Talmeyr et M. Franri*que Sarcey, uni appelée d'un commun accord le « snobisme de l'obscène ». On voit de grande* dames, de très grandes dames, peut-être honnêtes, donner à leurs rochers l'adresse de certains coins de la lîuttc, afin de prouver qu'on est « à la hauteur >, qu'on ne ■ retarde pas >, qu'on est < dans le train » et qu'une < femme intelligente • doit aller partout. Le meilleur monde, ou du moins celui qui croit l'être, s'en est allé dans les bonis-bonis, el môme ailleurs, afin d'apprendre l'argot Un aoateneure et des soutenues. M. Talmeyr a vu , dans un de ses cabarets chantants, un général, en uniforme, applaudir, béat, à des mimiques significatives et se pâmer à des monologues encore plus expressifs, tandis que plusieurs rangées île dames « très bien », les yeux arrondis et la lèvre vcule, recevaient en plein corsage des poignées d'ordures sans sourciller 1 . Ce n'est rien, diront les dilettantes. C'est à peine un détail infinitésimal dans la vie multiple d'uni! milioii... Suit. Mais c'est toujours le krach île i[iitdi{ne. chose. Le déclin des sociétés est fait d'une série de menus déclanchements. Il estimpos- HÎliln de croire (et ecci est une remarque de simple bon sens) que celte atmosphère de vice puisse