LA PHILOSOPHIE UNIVERSITAIRE
des députés, le 19 juillet 1879, pendant la discussion de la loi sur le conseil supérieur, rendre hommage aux vertus laïques de l'Université de France. « Cette corporation, disait-il, n'a pas sans doute fait vœu de pauvreté, mais elle la pratique...; elle la pratique avec simplicité ; elle fait son devoir patiemment, obscurément; et vous voyez encore, après le travail du jour, beaucoup de ses membres s'imposer, en prenant sur leurs veilles, dans les cours du soir, un travail supplémentaire et verser à des milliers de Français la science... Vous les voyez se sacrifier à cette tâche pénible, car il n'y a pas au monde de métier plus fatigant, qui use plus vite le corps et l'esprit, que le métier de l'enseignement, et surtout de l'enseignement secondaire... En présence de ce spectacle, nous avons le droit de dire — tout en nous inclinant profondément devant les vertus religieuses... — qu'il y a aussi des vertus laïques qui méritent nos respects. La société moderne, quand elle n'aurait à invoquer d'autre exemple que celui de l'Université française, peut opposer à bien des calomnies un glorieux démenti : après avoir sécularisé bien des institutions, on peut dire qu'elle a sécularisé la vertu 1 . »
Si l'on veut connaître exactement les efforts qui furent tentés pour substituer aux méfaits de la