‹ Le malaise de la démocratieChapitre 102 sur 108 · L*ANTIQUE PROUESSE · texte numérisé non relu

L*ANTIQUE PROUESSE

le trouvère racontait, à sa façon, qui était bonne, l'histoire de France. Sans doute, un souffle divin animait sa chanson de cigale. Les esprits en étaient ennoblis.' Les cœurs en étaient réconfortés. Quand il avait fini de chainter, l'auditoire quittait avec peine les chaises armoriées, les baiics et les escabeaux. Tard dans la nuit, derrière les courtines des lits à baldaquin, les bacheliers et les pages rêvaient, tout éveillés, au souvenir dés prouesses qu'ils venaient d'entendre. La sagesse de Charles, « empereur à la barbe fleurie », là prudence de Naymes, la loyauté de Roland, la courtoisie d'Olivier, la fidélité de la belle Aude et le visage clair d'Aelis hantaient les insomnieà, prolongeaient les conversations, tenaient en haleine tous ces jeunes courages, malgré les gronderies des majordomes. Une tradition d'honneur et de bravoure — tradition vraiment nationale — s'imposait à tous. Ainsi, après l'éclosion des germes cachés, après la végétation obscure et lente de la tige et des rejets, s'épanouissait, aux rayons de la poésie, comme une fleur magnifique au soleil d'été, l'âme de la France.

Nulle part, les anciennes vertus de notre race n'apparaissent plus gaies, plus charmantes, plus allègrement invincibles que dans les aventures de ce vrai cadet de Gascogne, qui s'appelle Huoii de Bordeaux. •

Ce héros intrépide est un bon enfant. Il a des

inexpériences et des candeurs de jeune émerilion. A chaque instant son vieil écuyer le conjure d'être raisonnable. Il a une façon à lui de faire sa prière. « Mon Dieu! soupire-t-il, au pied des autels, mon Dieu, faites que je ne sois pas vaincu! »

Lorsque ses amis veulent le dissuader d'un dessein périlleux, ou quand ses ennemis entreprennent de Teffrayer par ses menaces, il dit, avec une simplicité superbe, sur un ton qu'avive une pointe d'accent :

« Vous savez! Moi, je suis de Bordeaux! »

L'émir de Babylone, étonné par cette déclaration, crut que c'était une formule magique et fut transi d'émoi.

Quel gentil garçon que ce petit Bordelais !

Orphelin, fils puîné d'une veuve, il a juré de ne revenir à Bordeaux qu'après avoir gagné au moins un fief à la pointe de son épée. Mais il aimerait mieux renoncer à la fortune que d'y arriver par un chemin tortueux. Malheureusement, à vouloir suivre les voies droites on s'expose à des obstacles mis en travers par les méchants. L'impétueux damoiseau, calomnié par des varlets jaloux, déplut à l'empereur Charlemagne, qui, pour l'éloigner de sa cour, lui confia une mission diplomatique en Orient. Huon fut chargé de voir l'émir de Babylone, de lui prendre sa moustache blanche et de lui enlever « quatre de ses dents mâche-

lières », afin de donner une leçon à ce Levantin qui, d'après les plus récents rapports, ne respectait pas suffisamment les Français.

Quand on est de Bordeaux, on n*hésite pas.

Huon partit sur-le-champ. Son voyage fut long et périlleux. Quand il rencontrait des romietix, des pèlerins qui revenaient de Rome, il leur demandait poliment : « S'il vous plaît, le chemin de Babylone? »

Enfin, grâce aux conseils de son ami, le nain vert Obéron, roi du royaume de Féerie, il put entrer dans la capitale du pays de païennie. Sa bonne humeur dérida tout TOrient. Et, en le voyant, la belle Esclarmonde, fille de Témir, dit tout haut : « Si je ne Fai pour mari, je n*en aurai point d'autre. » Quand un chevalier français a juré de vaincre, si Tamour par surcroît vient à la rescousse, rien ne peut lui résister. Huon de Bordeaux fut un grand vainqueur...

Il faut souhaiter que les savants, qui détiennent dans leurs chartriers un si riche trésor, suivent l'exemple de M. Gaston Paris et qu'ils éclairent leurs lanternes magiques pour notre divertissement et pour notre profit.

Ils peuvent nous rendre des services précieux s'ils nous engagent et nous obligent à retrouver, par manière de récréation, l'âme errante de notre race, — âme aventureuse qui nous rapprendra l'espérance, — âme de clarté qui dissipera nos

cauchemars, — âme de simplicité, de gaieté, de vaillance qui unit, dans la légende et dans l'histoire, les paladins imaginaires et les héros véritables, les petits et les glorieux, les forts et les doux, Huon de Bordeaux et le connétable du Guesclin, le comte Roland et Jeanne d'Arc, le sergent Fricasse et le général Marceau, toute cette divine floraison d'héroïsme français, honneur de l'humanité et parure éternelle de la patrie.

Il faut aimer la France, toute la France. Cet amour, qui ne connaît pas l'esprit d'exclusion ni de proscription, constitue, à mon avis, le bon nationalisme.

Je suis donc nationaliste, à ma façon.

Il me semble d'ailleurs difficile qu'un homme, né dans une nation civilisée, glorieuse, ancienne, puisse être privé des sentiments héréditaires que ce mot de nationalisme, nouvellement inventé par les politiciens, exprime gauchement.

J'avoue que je suis même un peu humilié d'être contraint, par le malheur des temps, à faire profession publique d'un « état d'âme » si instinctif et si naturel.

Mais la plupart des Français — du moins ceux qui crient fort — sont présentement occupés à s'excommunier les uns les autres. Rien ne sert d'être un patriote de la veille. Le patriotisme, comme en 1793, risque de devenir un monopole exclusif, à l'usage des citoyens qui tambourinent

leur réclame personnelle sur les tambours de nos régiments et déploient notre drapeau comme un prospectus.

Les plus honnêtes gens sont obligés de jurer par tous les saints du Paradis : « Non, nous ne sommes pas des traîtres! Non, nous ne sommes pas des vendus I Non, nous ne sommes pas des insulteurs de Tarmée ! »

C'est pourquoi on doit se prémunir contre les excommunications possibles. J'use donc de mon droit de citoyen français — et je remplis (sans me vanter) mon devoir de fantassin régulièrement inscrit sur les registres de l'armée française — en disant à haute et intelligible voix :

Je suis nationaliste, et voici comment :

Le nationalisme doit consister d'abord à aimer notre pays de France, notre terroir fertile et avenant, nos coteaux et nos prairies, nos lacs et nos rivières, l'herbe parfumée de nos montagnes, le blé de nos sillons et le sourire de notre ciel indulgent.

J'ai vu beaucoup de pays, et j'espère en voir quelques-uns encore. Je ne connais pas de contrée qui soit plus variée, mieux enluminée, plus délicieusement multicolore que notre France.

Elle résume, dans la diversité de ses aspects, toutes les beautés et toutes les grâces de l'univers. On y trouve, en un court espace, un merveilleux épanouissement de fleurs et une moisson de fruits

dont Tabondance dépasse presque toujours, au souffle embaumé de nos radieux automnes, l'espoir de nos semailles et la promesse de nos printemps.

Un voyage en France pourrait être une leçon de géographie universelle. On dirait qu'un artiste fantasque a voulu nous offrir, comme en un musée de « réductions » et de « répliques » , une collection des formes multiples que peut prendre, pour l'amusement de nos yeux, la vie mystérieuse de la nature éternelle... Les « causses », récemment explorés, où l'eau du Tarn creuse des crevasses, affouille des grottes et amenuise des colonnades de stalactites, ressemblent, en des proportions réduites, à ces Alpes du Tyrol, dont les terrasses calcaires, incessamment ravinées par le ruissellement des pluies et des torrents, sont le théâtre d'une sorte de drame quotidien où s'agite la querelle séculaire de la terre et des eaux... Le grès des Vosges dessine, en Lorraine et en Alsace, sous les hêtres, les sapins et les mélèzes, un décor dont la structure, noblement architecturale, dispense le voyageur de pousser son enquête jusqu'aux grès de la Suisse et de la Saxe... La Meuse, entre Mézières et Givet, attarde la langueur de son cours et déroule, en courbes molles, la flexible nonchalance de ses sinuosités, comme la Volga aux environs de Nijni-Novgorod... Le lac Pavin, dont les eaux sommeillent au fond

d'un cratère, dans les monts d'Auvergne, a Tair d'avoir été mis là spécialement afin d'apprendre aux Français — par une comparaison du petit au grand — comment se sont formés les lacs de l'Equateur et les lacs canadiens... Hâtez-vous d'aller au village de Saint- Véran (Hautes- Alpes), à 2 000 mètres au-dessus du niveau de la mer; il en est temps encore ; les avalanches y ont laissé quelques maisons et quelques habitants. C'est le gîte le plus haut perché de France. Allez-y. Après cela, vous pourrez renoncer à l'excursion de l'Himalaya. Vous comprendrez fort bien comment l'homme, animal sociable et naturellement ennemi du froid, peut, tout de même, se résigner à vivre, à aimer, à mourir sous la neige.

Notre « Côte d'Azur » , avec ses palmiers, sesaloès, ses agaves et ses cactus, est une petite Afrique, moins chaude, moins sablonneuse.. Notre Provence est une grande Grèce, parfumée d'aromates, vibrante de chansojis et bruissante de cigales.

Je voudrais que nos romanciers, psychologues ou descriptifs, si longtemps retenus par 1' « asphalte », hypnotisés par les « garçonnières » et perturbés par la délectation morose d'un monotone péché, eussent enfin le courage d'émigrer vers un horizon plus étendu. Pourquoi, las de rabâcher d'insipides « parisienneries », ne tourneraient-ils pas leur objectif vers la salubrité de nos provinces françaises?

J'ai reçu récemment, d'un brave homme qui habite un coin retiré du Midi, une lettre, dont l'accent généreux et irrité m'a beaucoup plu :

Non, mille fois non, votre bande de boulevardiers aveulis et noceurs n^est pas la France. Mais, hélas ! nous n'avons plus en province de voix pour le crier bien haut; ceux qui prétendent peindre nos mœurs ne nous connaissent pas mieux que les autres : la monstrueuse capitale nous prend tout, elle absorbe et annihile les meilleurs d'entre nous.

Cependant, si elle attire à elle tous les cerveaux qui pensent, elle nous laisse encore des cœurs pour sentir et pour pleurer de rage quand nous voyons traîner dans la boue ce que nous respectons le plus, et chacune des feuilles que nous lisons, couvrir d'injures notre pauvre France qui vaut mieux que la réputation qu'elles lui font.

Et mon correspondant s'indigne contre « les élégants adultères de quelques Parisiennes neurasthéniques », contre les fastidieuses fredaines d' « une poignée de cosmopolites fatigués », et refuse de croire à la perpétuité d'une littérature, d'ailleurs ennuyeuse, qui consiste à mettre en lumière des « faisandages » exceptionnels, pour mieux humilier notre prétendue perversité nationale devant les prétendues vertus de la race anglo-saxonne.

Je suis de cet avis. Récemment, un Anglais, M. Bodley, publiait un gros livre, qui est un hommage à la bonté, à la probité, au labeur héréditaires de notre nation. Nous avons laissé à un étranger le soin de discerner, à travers un chaos d'apparences contradictoires, les sources

cachées d'où s'épanche, dans Torganisme de notre société, rincessante recrue de la force et de la vie. M. Bodley dit expressément que la sarabande des politiciens, les pirouettes des dilettantes et les traflcs des pornographes ne constituent pas, actuellement, toute l'histoire de France. Il démontre très bien que, si notre pays est encore vivant, c'est qu'au-dessous de l'écorce moisie, le cœur est bon.

Je souhaite que nos écrivains s'appliquent, de toute leur âme, à réconforter ce cœur de la France meurtrie et vivace. Troublés par l'effroyable médiocrité des œuvres et des hommes qui se proposent bruyamment à notre admiration, nous cherchons quelque chose de nouveau, quelqu'un d'inédit. Nous avons soif de beauté, de vérité, de réconfort. Nous voulons, après un long intérim où les premiers emplois furent tenus presque toujours par des doublures, nous voulons retrouver la splendeur d'une littérature nationale.

Certes, il ne s'agit pas de rompre avec des traditions d'hospitalité intellectuelle, qui, glorieusement transmises dans la suite des générations et des siècles, ont fait, de l'esprit français, l'interprète acclamé de l'esprit humain.

Notre langue, nos coutumes, nos lois, nos arts ont été longtemps en possession d'un monopole d'universalité qui leur fut conféré par l'assentiment unanime des peuples civilisés.

Si nous désirons obtenir le renouvellement de ce privilège, nous devons, comme autrefois, regarder, écouter ce qui se fait, ce qui se dit, ce qui se pense au delà des frontières.

Il serait ridicule, sot et imprudent de nous blottir chez nous, portes closes, comme un lièvre en son gite ou comme une autruche dans le sable. Cette posture, peu nationale, nous exposerait à des surprises cruelles. Rien ne sert de détourner les yeux pour ne pas voir la frontière. Elle est ouverte, hélas! et la brèche n'est pas près d'être réparée.

Mais, de grâce, dans nos communications inévitables et obligatoires avec des idées étrangères dont nous ne devons avoir ni la superstition ni la peur, ne gardons plus cette attitude d'écolier terrorisé par des pédagogues. Relevons-nous de ces génuflexions exagérées. Cessons de prosterner notre « infériorité » devant la « supériorité » des Anglo-Saxons. Quittons le ton pleurard avec lequel nous prêtions un serment d'allégeance à la suzeraineté de r « âme russe » et du « génie Scandinave » . Trop longtemps les litanies dlbsen nous ont rendus fort injustes pour Corneille, pour Victor Hugo, pour Alexandre Dumas et même pour Emile Augier.

Il est inutile d'aller chercher une morale nouvelle au pied des fjords de la Norvège ou parmi les banquises et les phoques du pôle Nord. Nous

avons cru longtemps que le sable salé des steppes était plus fertile en vertus que le terreau généreux où mûrissent nos froments et nos vignes... Il faudrait voir... En tout cas, même si Ton admire Théroïsme des Samoyèdes, Félégance des Kalmouks, la grâce des Afghans, la loyauté des Apaches et Timpeccabilité proverbiale des Slaves, on peut, malgré cette fureur d'exotisme, garder un peu de considération pour l'antique prouesse de la nation française.

Pauvre et glorieuse nation, vertueuse, depuis dix siècles, et toujours calomniée, rabrouée, excommuniée par l'assemblée cosmopolite des tartufes internationaux, à qui d'ailleurs elle fournit des arguments terribles par son insistance à se confesser en public !

Donc, allons chercher au dehors les idées vagabondes qui appartiennent, par droit de conquête, à celui qui sait le mieux les assouplir à la sujétion de la phrase et du rythme. Mais si nous voulons trouver un principe de conduite et une règle de vie, restons dans la chère maison où la famille est réunie devant le feu clair, qui se perpétue d'âge en âge sur la pierre du foyer.

Nous sommes issus d'une haute lignée. Nous avons des titres de noblesse et des portraits d'ancêtres. Honorons nos morts. Demandons à nos grands hommes, à nos héros, à ceux qui furent couronnés par la renommée et à ceux que la vie-

toire a trahis, le secret des préceptes qui dictent le devoir et des exemples qui donnent la force de Taccoraplir. Ne nous lassons pas d'écouter, dans le silence des basiliques et dans la paix des cimetières, ce que proclament les sépulcres glorieux et ce que murmurent les tombes oubliées. Partout nous entendrons le même conseil de droiture, de justice, d'abnégation et de charité.

Les Français, dont nous avons recueilli le domaine, ont été chevaliers errants, champions armés du Droit, défenseurs des faibles, tuteurs des opprimés, adversaires des pouvoirs iniques, et, en toute rencontre, ennemis jurés de la fraude, du mensonge, de la ruse et du dol. La tradition de leurs vertus s'est établie sur notre sol, en dépit de la diversité des provinces, malgré la rivalité des races, et sous l'action différente d'un climat changeant. Michelet n'avait pas tort d'appeler ceci un miracle, si l'on entend par miracle ce qui n'est arrivé qu'une fois dans l'histoire de l'humanité. La bonne graine d'où est sortie notre nation a pu germer aussi bien dans le granit de la Bretagne que sur les côtes sèches du Languedoc. Une juxtaposition de patries locales a formé, par une longue communauté d'entreprises et de souffrances, de réussites et de revers, l'âme de la grande Patrie. Les Bretons, les Poitevins, les gens de la Saintonge et de la Guyenne, les montagnards de la Biscaye et les riverains de

la Garonne, les Latins de la Provence et les Celtes de l'Auvergne, les Bourguignons, les Flamands, les Francs-Comtois, les Champenois, les Normands, les Picards, les Lorrains, les Alsaciens, tous. Français de France^ se sont mis d^accord pour combattre, pour soufTrir, pour pleurer, pour chanter ensemble, et ils ont inscrit la liste, à peu près complète, des vertus humaines, au livre triomphal des épopées françaises.

Les Français, qui nous ont légué un si riche trésor de littérature et d'art, sont reconnus, par les plus illustres interprètes de l'opinion européenne, comme les représentants du bon sens, de la simplicité spirituelle et du goût. Leur raison était volontiers narquoise. Ils avaient coutume d'achever, par les atteintes aiguës de l'épigramme, ce qu'ils avaient commencé à la pointe de l'épée. Gabeurs et gausseurs, vifs à la riposte, prompts à la parade, ils avaient des coups de langue et des traits de plume qui valaient des coups d'estoc et des flèches d'arquebuse. Maint diseur de sornettes en fut balafré, meurtri et penaud. L'histoire de France ne se réduit pas à une longue bataille contre la puissance anglaise, contre la maison d'Autriche, contre l'empire allemand.

C'est aussi la lutte de la sottise et de l'esprit.

La sottise nous déplaît parce qu'elle est ouvrière de discorde. Les plus intelligents et les plus populaires de nos grands hommes — un Henri IV,

vainqueur de la guerre civile, un Hoche, victorieux des chouanneries — furent des pacificateurs.

Nos aïeux, s'ils revenaient au monde, riraient amèrement de cette singularité féroce qui, sous prétexte de décerner aux uns, et de refuser aux autres, je ne sais quel brevet de « Français de France », justifie les prétentions des pédants d'outre-Rhin, en reprenant la barbare doctrine des races, comme pour mieux exclure de la patrie française Kellermann et Kléber, Turenne et Fabert, Metz et Strasbourg.

Accepter, sans aucun reniement, l'héritage du passé, avec toutes les dettes qu'il impose et toutes les obligations qu'il prescrit; — reconnaître, dans la durée des temps, le bienfait de tous ceux qui ont construit, par le sacrifice de leur sang et de leurs larmes, l'unité nationale; — inviter à l'œuvre commune tous les Français, sans s'inquiéter de savoir s'ils sont Celtes ou Francs, Gallo-Romains ou Normands; — réserver notre fidélité particulière et la prédilection de notre souvenir à ceux d'entre nous qui, séparés violemment de la patrie, attendent obstinément le jour béni des réunions fraternelles; — rendre à ce pays son ancienne primauté intellectuelle, et, pour cela, éviter d'abord la déraison, le fanatisme, l'intolérance, qui ne sont pas des choses de chez nous, — tel doit être le proramme de

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