‹ Le malaise de la démocratieChapitre 32 sur 108 · CÉSAR · texte numérisé non relu

CÉSAR

être de vous demander où est le prétexte à l'enthousiasme (rires prolongés)] j'ajouterai que, profondément pénétrée du sentiment de ses devoirs et de sa dignité, l'armée ne désire pas plus que vous voir infliger à la France les misères et les hontes du gouvernement des Césars, alternativement imposé et renversé par les prétoriens en débauche. [Vives et nombreuses marques d'approbation.) La discipline est fondée dans l'armée française sur les bases les plus solides; le soldat entendra toujours la voix de ses chefs. Mais personne n'obligerait nos soldats à marcher contre la loi, et à marcher contre cette Assemblée. Dans cette voie fatale on n'entraînerait pas un bataillon, pas une compagnie, pas une escouade, et on trouverait devant soi des chefs que nos soldats sont accoutumés à suivre sur le chemin du devoir et de l'honneur {bravos). Mandataires de la France, délibérez en paix ! » {Applaudissements.)

Le journal Y Opinion publique déclara qu'après le « foudroyant discours » du général Changarnier, tout le monde pouvait dormir en paix *.

Quelques jours après, le 12 juin, M. Arnaud (de l'Ariège) vint à la rescousse, et soutint que l'armée ne devait, en aucun cas, exécuter des ordres contraires à la Constitution. Un député, M. Soubies, s'écria : « Si un chef ordonnait à la

Page 1