‹ Le malaise de la démocratieChapitre 33 sur 108 · juin · texte numérisé non relu

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troupe de marcher contre l'Assemblée, faudrait-il obéir? » Le président Dupin interrompit vive- , ment : « Ne cherchez pas d'exemples contre les règles ! Elles seront les plus fortes ! »

Quand le pays est engagé dans des passes difficiles, les esprits modérés essayent de l'en faire sortir par des voies légales. C'est pourquoi, trois ou quatre mois avant le coup d'État du 2 décembre, les bureaux de l'Assemblée nationale nommèrent une commission chargée d'examiner la question de savoir s'il n'y avait pas lieu de reviser la Constitution.

Les quinze membres de cette commission étaient MM. de Broglie, de Montalembert, de Tocqueville, Berryer, Odilon Barrot, de Corcelles, de Melun, Dufour, Moulin, Cavaignac, Charras, Jules Favre, Chamaraule. Les neuf premiers étaient favorables au principe de la revision. Les six autres y étaient opposés.

M. de Tocqueville, nommé rapporteur, exprimait à souhait les transes de sps collègues, lorsqu'il disait : « La majorité ne nie pas que la revision ne soit dangereuse, mais elle la croit nécessaire. On a tort sans doute de céder trop aisément au courant de l'opinion publique, mais il n'est pas toujours sage de lui résister... »

Tout ce rapport était, pour ainsi dire, ému d'appréhensions et d'angoisses. Tocqueville apercevait, en tremblant, l'espèce de vertige qui

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